Archives par mot-clé : roberto benigni

«Le Traître»: la tragi-comédie de la mafia et de l’Italie

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Dans tragi-comédie, il y a tragédie et comédie. En réalité, si la mafia est génératrice de tragédies, elle ne semble rien comporter de bien comique. En cinéma, et dans le domaine de l’art en général, on sait pourtant arranger la réalité à la guise d’un scénario. On sait transformer une vie banale en un spectacle. Pour le cas du Traître, le réalisateur Marco Bellocchio n’arrange pas la réalité et ne s’attaque pas à une figure banale.

Lire la critique
Publicités

«Dogman»: une vie de chien dans toute sa splendeur cinématographique

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Casse-toi, espèce de lâche!»

A coups de «Bravo, amore», Marcello, dit Marcè, lave, masse, soigne, nourrit et promène les chiens qui lui sont confiés. Son modeste cabinet, le Dogman, marche plutôt bien, même si la banlieue du Latium où il se situe laisse plutôt penser qu’on devrait davantage songer à s’occuper des êtres humains que des chiens. Marcello a aussi une fille, qu’il adore. En somme, les deux amours de sa vie sont les chiens et sa fille. Et puis, il a encore quelques bons amis dans le quartier, avec lesquels il discute de tout et de rien, et partage de généreuses spaghettate sur la terrasse du seul restaurant du coin.

Dans ses fréquentations, rôde aussi un certain Simone. Une brute pur-sang. Un colosse de violence au nez bossu par l’habitude des coups. Il tape sur tout ce qui bouge quand ses nerfs sont à bout; et ses nerfs sont toujours à bout. Pourtant, il semble y avoir une certaine affection entre lui et Marcello. Ce qui les lie: la cocaïne. Les deux s’en procurent et se la partagent. De temps en temps, il sortent voir des filles. Et si le cœur leur en dit – surtout à Simone – ils s’organisent un petit cambriolage vite fait bien fait. Mais ce cercle vicieux ne peut plus durer, surtout quand Simone commence à devenir violent également avec celui qu’il appelle son ami, et qu’il le pousse à commettre l’irréparable.

Continuer la lecture de «Dogman»: une vie de chien dans toute sa splendeur cinématographique

« La vita è bella »

Le Regard Libre N° 8 – Loris S. Musumeci

« Ouverture. Brouillard. Bruit du vent.

VOIX OFF : Cette histoire est simple, et pourtant elle n’est pas facile à raconter. Comme un conte, elle est douloureuse et comme un conte elle est pleine de merveilleux et de bonheur. »

La vie est belle. Roberto Benigni n’aurait pu trouver meilleur titre à son chef-d’œuvre cinématographique réalisé en 1997. En effet, il est vrai que la vie, comme cette histoire, comporte bien des douleurs, mais elle est aussi pleine de merveilleux et de bonheur, c’est pourquoi l’on peut dire que La vie est belle. Cependant, ce titre ambitieux pourrait sembler paradoxal avec le contexte tragique dans lequel le film est ambiancé. Comment peut-on chanter cet hymne à la vie au cœur de la période si dramatique pour l’humanité qu’est la Shoah ? Benigni y parvient d’une manière à la fois exceptionnelle et simple, il s’adresse aux cœurs en traitant ce drame avec une douce et poétique tragicomédie, entre larmes et sourires.

Continuer la lecture de « La vita è bella »