Archives par mot-clé : sara forestier

«Roubaix, une lumière», ou la parfaite illustration de l’oxymore

Les mercredis du cinéma – Kelly Lambiel

Lorsque l’on a pour habitude de présenter ses réalisations au festival de Cannes, il ne faut pas s’étonner qu’elles finissent par être rangées dans la catégorie «films d’auteur». Une étiquette qui colle plutôt bien à l’œuvre d’Arnaud Desplechin, même si elle se trouve être quelque peu réductrice. Avec des longs-métrages tels que Comment je me suis disputé… (ma vie sexuelle), Ester Kahn, Un conte de Noël ou La Sentinelle,le réalisateur a prouvé, à plusieurs reprises, être capable d’explorer différents styles et registres. Avec Roubaix, une lumière, bien que fidèle à certaines thématiques, c’est au genre du réalisme poétique qu’il s’essaie, non sans une certaine virtuosité.

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« M », ou l’amour sans paroles

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Tu sais comme les maisons incendiées se penchent l’une contre l’autre. »

Lila est sévèrement bègue. Mal à l’aise, moquée et orpheline de sa mère, la jeune fille mène une vie que personne n’envierait. Son visage semble à tout moment épris de tristesse : peu s’en faut pour qu’elle éclate en sanglots. Elle vit dans un petit appartement, avec un père qui passe son temps devant la télévision en robe de chambre et une petite sœur espiègle n’ayant manifestement reçu aucune éducation. Néanmoins, Lila est dotée d’une véritable âme de poète.

De son côté, Mo est un homme de trente ans secrètement analphabète. Son gagne-pain ? Des courses automobiles clandestines avec des gitans. Lui, orphelin de père, a toujours sa mère, mais il a coupé tout lien avec elle depuis qu’elle l’a abandonné. Deux existences incendiées se rencontrent au hasard d’un arrêt de bus. Si le coup de foudre est évident au premier regard, la communication comporte quelques difficultés entre la bègue et l’illettré. Cet amour mouvementé révélera toutefois une fécondité qui assumera la tragédie respective des amants, au prix de déceptions et larmes.

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