Archives du mot-clé science

« La Particule Humaine », métaphore du chemin intérieur

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

« Souffle ou blé ?
Blé. »

Dans les yeux de Semih Kaplanoğlu, la population future est enfermée dans l’enceinte de villes protégées de portails électromagnétiques calcinant ceux qui tenteraient d’en sortir – ou d’y entrer sans avoir été sélectionnés. L’agriculture est aux mains de laboratoires privés ne parvenant pas à comprendre pourquoi, ni comment, les cultures OGM – seules dont ils disposent – finissent par se détériorer et s’autodétruire. Erin Erol (Jean-Marc Barr), ingénieur en génétique et spécialiste des graines au service de la ville, peine à créer une semence qui permettrait de pérenniser les récoltes dans le temps. Lire la suite « La Particule Humaine », métaphore du chemin intérieur

Les Journées photographiques de Bienne

Article inédit – Marina De Toro

Du 4 mai au 27 mai 2018, ce sera l’occasion de découvrir la 22e édition des Journées photographiques de Bienne dont la direction a été reprise par Sarah Girard depuis février de cette année. Ces Journées consistent en des expositions réparties dans six endroits différents de la ville de Bienne : le Photoforum Pasquart, le Nouveau Musée, la Gewölbe Galerie, la Farelhaus, Le Grenier ou encore la Schule für Gestaltung.

Cette année, c’est le bonheur, ou plutôt la représentation qu’on s’en fait, qui est questionné par les nombreux photographes professionnels. Ils viennent des quatre coins du monde, mais on retrouve aussi des photographes suisses comme Thomas Brasey, Calypso Mahieu et bien d’autres encore. En plus des expositions, divers événements vont animer ces quatre semaines photographiques avec des conférences, ateliers, projections, concours et visites. A l’occasion d’une rencontre avec Sarah Girard, nous avons pu discuter plus amplement de l’événement, mais aussi des usages contemporains de l’image dans notre société.

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Sarah Girard, directrice des Journées photographiques de Bienne depuis février 2018

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« Frankenstein » revisité dans « La Fabrique des monstres »

Le Regard Libre N° 36 – Jonas Follonier

Jean-François Peyret, metteur en scène important dans le théâtre français des dernières décennies, tient depuis longtemps à proposer un théâtre sur le thème du destin technique de l’homme. Après avoir notamment monté les spectacles Le Traité des formes ou Ex vivo/In vitro avec le biologiste Alain Prochiantz, c’est une réadaptation du roman Frankenstein de Mary Shelley qu’il a montée en février dernier au Théâtre de Vidy à Lausanne. Rencontre.

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L’écologie du grand remplacement

Le Regard Libre N° spécial « Ecologie – Pour un revirement intégral » – Clément Guntern

Contrairement aux apparences, la très controversée théorie du grand remplacement de Renaud Camus peut être abordée sous l’angle d’une écologie dite intégrale. Voici un article sans préjugé.

Il ne sera nullement ici question de débattre de la pertinence démographique de la théorie du grand remplacement. De nombreux démographes y ont d’ores et déjà consacré travaux et articles ; essentiellement pour critiquer et dénoncer cette thèse et ses chiffres qui, selon la quasi-totalité des experts, sont totalement exagérés et douteux. Notre but consistera à explorer la dimension écologique de cette théorie. Lire la suite L’écologie du grand remplacement

« Life – Origine inconnue »

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 1er mai 2017, 20h30 – 21h00

« Bonsoir Lune. Bonsoir Terre. Bonsoir Etoiles. »

Mission Mars, vaisseau Pèlerin I. L’équipage à bord joue ses dernières cartes pour intercepter un satellite qui contient du sable de Mars. C’est fait ! Petit pas pour l’homme et grand pas pour l’humanité. Gloire si l’on décèle la première forme de vie extraterrestre dans la substance martienne. Un être apparaît bel et bien, sous forme unicellulaire. L’exploit est suivi depuis Times Square. En connexion avec les astronautes, les élèves d’une classe new-yorkaise annoncent sur un plateau télévisé le nom qu’ils ont choisi pour la petite bête déjà attachante : Calvin.

Le Britannique Hugh (Ariyon Bakare), responsable du laboratoire d’analyses, stimule la créature en quarantaine sous le regard émerveillé de ses collègues. Elle lui caresse tendrement le doigt à travers le gant plastique traversant la vitrine. Mais la caresse se transforme en poignée violente, qui serre toujours plus, sans sembler vouloir se détacher. La main est broyée, Calvin s’échappe furtivement de son vivarium. L’ingénieur Rory (Ryan Reynolds) plonge dans la salle, sauve son confrère et verrouille de l’intérieur la porte vitrée pour ne pas mettre en danger les autres. Rory ne sortira jamais de ce laboratoire. Il est dévoré intérieurement par le nouvel ennemi qui lui a sauté dans la bouche. Gouttes de sang en apesanteur, bras étendus comme le crucifié. Calvin comporte désormais un haut danger pour les scientifiques du vaisseau. Pas question de rentrer sur Terre avec cette chose. Il faut l’éliminer.

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Des chiffres et des lettres (Rencontre avec Olivier Rey)

Le Regard Libre N° spécial langue française – Loris S. Musumeci

Olivier Rey est mathématicien et philosophe. Diplômé du polytechnique où il a enseigné par la suite, il a été chercheur au CNRS pour la section des mathématiques. Egalement homme de lettres, il s’est forgé une place dans l’univers des humanités. L’intellectuel occupe d’ailleurs toujours un poste au CNRS, mais dans la section de philosophie. Il est, de plus, professeur de cette même discipline à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne. Olivier Rey est aussi l’auteur de nombreux ouvrages dont le roman Le Bleu du sang ou l’essai Une question de taille, récompensé du prix Bristol des Lumières. En 2015, la Fondation Prince Louis de Polignac lui décerne le grand prix pour l’ensemble de son œuvre. Que voici un homme de taille !

Loris S. Musumeci : Quel fut l’apport de la langue française dans l’évolution des sciences ?

Olivier Rey : La langue scientifique, en Europe, a commencé par être le latin. Au milieu du XVIIe siècle, Pascal, dans une correspondance avec Fermat sur des questions mathématiques, éprouve encore le besoin de changer de langue au moment d’entrer dans le vif du raisonnement : « Je vous le dirai en latin, car le français n’y vaut rien. » Le passage aux langues vernaculaires a été progressif. Le point important, c’est que les scientifiques pensent et pratiquent leur science dans une langue la plus riche possible, et qu’ils maîtrisent le mieux possible. Certes, la science cherche à dégager des notions exemptes des ambiguïtés des langues communes. Mais l’ambiguïté des mots dans le vocabulaire courant, comme la richesse de leurs connotations, jouent un rôle heuristique considérable, et sont aussi ce qui préserve un lien entre la science constituée d’une part, le monde de l’expérience quotidienne d’autre part. L’œuvre scientifique considérable qui a été accomplie en français au cours des trois derniers siècles prouve les ressources qu’offre cette langue pour la pensée scientifique. Quant à son apport spécifique, il est difficile à cerner. Ce que je pense, c’est que la diversité des langues n’est pas un obstacle à l’évolution des sciences, mais au contraire un facteur de fécondité. Lire la suite Des chiffres et des lettres (Rencontre avec Olivier Rey)