Archives par mot-clé : sens

La traduction, un acte de lecture

Le Regard Libre N° 47 – Hélène Lavoyer

«La langue de l’Europe, c’est la traduction», écrivait Umberto Eco dans son ouvrage Dire presque la même chose. Qu’entendait-il par là? Que l’Europe s’est construite dans la découverte de l’autre par le biais de sa propre langue en rapport à celle de l’autre, certes, mais pas seulement: que la traduction, sujet qui nous intéressera au fil des prochains paragraphes, a été jusqu’ici la manière d’être même de l’Europe. Et ce, dès les textes fondateurs de notre continent. De la Bible à la philosophie, du Cantique des Cantiques à la Métaphysique d’Aristote, les soubassements de la pensée occidentale – aussi diversifiée et hétéroclite qu’elle puisse être – reposent sur des textes traduits.

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« The Seen and Unseen » de Kamila Andini

Festival International de Films de Fribourg – Jonas Follonier

Une salle d’hôpital, à Bali. L’écran montre un rideau flou, qui s’ouvre tout à coup sur l’antre du patient. C’est l’histoire d’un enfant malade. « Tantra a une tumeur dans le cerveau […] Ses sens sont touchés. » Des mots que la mère ne comprend pas. Ne peut pas comprendre. Que le père tente d’expliquer, se faisant l’intermédiaire du médecin. Tantra, le garçon malade, a une sœur jumelle, Tantri.

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Tous à table !

Le Regard Libre N° 15 – Jonas Follonier

Cela fait des millénaires que certains philosophes, religieux, intellectuels et autres gourous nous invitent à mépriser le corps, à nous détourner du sensible, du sensuel, du sentiment, à nous diriger vers le monde supérieur de l’intellect, du spirituel, du divin. Cela fait plus précisément depuis Platon, « le grand calomniateur de la vie » comme l’écrit Nietzsche, qu’une telle conception hante la pensée occidentale.

Et si nous arrêtions d’écouter leur baratin ? Et si nous nous disions que ce qu’il y a de plus haut, de plus beau (et non de plus faux et de plus sot) en l’homme consiste à user avec mesure de toutes ses facultés – spirituelles et sensibles – et de s’extasier de leur interaction ? Et si nous envisagions que si la vie est absurde, ce n’est pas parce qu’une meilleure vie nous attend dans l’au-delà mais parce que c’est justement le propre de toute chose d’être absurde (pourquoi y a-t-il quelque chose au lieu de rien…) et que cela nous invite à la meilleure transcendance d’ici-bas, j’ai nommé l’art ? Continuer la lecture de Tous à table !