Archives par mot-clé : sicile

Calogero, la nouvelle référence de la pop française

Le Regard Libre N° 32 – Jonas Follonier

Dans la génération des baby-boomers, c’est lui qui mène la danse de la chanson française actuelle. Son nouvel album, très pop, continue sur la lancée du précédent et dévoile un artiste totalement maître de son art. Calogero, l’un de nos coups de cœur musicaux.

Né en Isère en 1971, Calogero Joseph Salvatore Maurici s’est imposé dans le monde de la variété française avec son deuxième album solo, Calogero, sorti en 2002. Cet opus contenant le célèbre En apesanteur annonçait le style de l’artiste, qui n’hésite pas à utiliser sa voix de tête dans les refrains. Guitariste, bassiste et pianiste, Calogero s’inscrit dans la pop rock française qui privilégie les mélodies.

« Liberté chérie » et amour chéri

Avec Liberté chérie sorti le 25 août dernier, Calogero livre un album extrêmement abouti, poursuivant la parfaite identité artistique de son dernier en date, Les Feux d’artifice. Des refrains aériens, des arrangements fournis, une basse créatrice, on reconnaît Calogero et son génie dès le premier morceau, Voler de nuit. Cette chanson a d’ailleurs une tonalité très polnarévienne, autant dans la manière dont le refrain est chanté que dans la mélodie et même les paroles. « Derrière chaque maison, des gens rêvent, des gens s’aiment. C’est beau comme vu d’avion, on a l’air tous les mêmes. » On se croirait dans Holidays. Continuer la lecture de Calogero, la nouvelle référence de la pop française

L’ingéniosité française en Sicile fera-t-elle fléchir Donald Trump ?

Regard sur l’actualité – Jonas Follonier

Ce vendredi 26 mai, le Groupe des sept s’est réuni dans la cité de Taormine, en Sicile. Le G7, ce sont les dirigeants des Etats-Unis, du Japon, de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, de l’Italie et du Canada. Leur point commun ? Ces pays font partie des plus grandes puissances économiques mondiales. La plus grande d’entre eux, comme tout le monde le sait, ce sont les Etats-Unis.

Le mot d’ordre du président américain actuel, tout le monde le connaît également : l’Amérique d’abord. Ce principe s’est vérifié lors de la réunion des sept puissances. Sur les deux grands sujets de cette rencontre, les accords sur le climat et les accords commerciaux, l’administration Trump s’est trouvée en nette opposition avec ses six partenaires. Continuer la lecture de L’ingéniosité française en Sicile fera-t-elle fléchir Donald Trump ?

Fromage, ou la recette de vie

Le Regard Libre N° 25 – Loris S. Musumeci

Après que les doigts eurent caressé les onctueuses mamelles dans une traite intime, le seau fut généreusement rempli de lait blanc, pur et gras. La vache, toute épanouie de son don, meugle un chant nouveau. Le matin se lève : appelant, par la tendresse de ses premiers rayons, un petit-déjeuner qui fournit force et courage pour affronter un jour entier, dans la sueur lancinante des champs et des étables.

Le café est prêt, le lait encore chaud et le pain juste dur de la veille. Les nouvelles à la radiodiffusion, mauvaises et habituelles, tiennent compagnie durant le repas frugal.

Une fois les manches retroussées, le feu crépit déjà sous la casserole abondant du précieux liquide, pour une quantité de trente-cinq litres en exemple. Porté à l’approximative température de trente-sept petits degrés, trois cuillères à café de présure, tirée de la caillette des ruminants, se joignent à la douce boisson. Le mélange doit, à ce point, reposer une heure ; le feu le suit dans un sommeil de la même durée. Continuer la lecture de Fromage, ou la recette de vie

« Pour que tout reste comme avant, il faut que tout change »

Le Regard Libre N° 13 – Sébastien Oreiller

Inspiré du roman de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, Le Guépard est sûrement l’une des créations iconiques du cinéaste italien Luchino Visconti, un film de 1963 comme on n’en fait plus, 205 minutes de chef d’œuvre. Une bande son de Nino Rota et un casting de rêve : Burt Lancaster dans le rôle du prince de Salina, Alain Delon dans celui de Tancredi, Claudia Cardinale pour Angelica, et la Sicile, immortelle, en 1860 comme aujourd’hui. Car c’est bien dans la tourmente de l’unification italienne que s’ouvre le film.

Don Fabrizio Corbera, prince de Salina, c’est lui, le Guépard, dur et serein face à la révo-lution, mais c’est aussi l’auteur, Tomasi, et, dans une certaine mesure, Visconti lui-même. Comme dans tous ses films, comme dans Les Damnés, Ludwig ou le Crépuscule des Dieux et tant d’autres, le thème de la décadence d’une aristocratie obsède le cinéaste-prince milanais, devenu militant rouge. C’est tout un monde qui s’effondre avec la chute du royaume des Bourbons, quand le trouble Don Calogero, un paysan enrichi, parvient à fiancer sa fille Angelica au neveu du prince, Tancredi Falconeri. Continuer la lecture de « Pour que tout reste comme avant, il faut que tout change »