Archives par mot-clé : vanessa paradis

« Photo de famille » : un cliché d’émotions

Les mercredis du cinéma – Alexandre Wälti

Qu’est-ce qu’une photo de famille ? Une question simple pour une réalité qui ne l’est pas toujours : famille monoparentale, recomposée, éclatée, etc. Les schémas divergent de plus en plus. Voilà pourquoi l’idée banale de la réalisatrice Cécilia Rouaud pouvait soit tomber à l’eau soit éblouir le spectateur. Pas le droit à l’erreur ni à l’effet de déjà-vu.

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« Le Collier rouge », l’erreur d’adaptation

Les mercredis du cinéma – Alexandre Wälti

Jean Becker, c’est l’art de filmer le tête-à-tête. C’est l’amitié entre un analphabète quasiment orphelin et une passionnée de littérature dans le tendre La Tête en friche, c’est le plaisir de faire renaître à l’écran la complicité entre deux amis d’enfance dans Dialogue avec mon jardinier, mais c’est aussi un homme seul qui se met à dos toute sa famille en un week-end dans Deux jours à tuer.

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« Chien » : la passivité de la compréhension

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

« On a un personnage qui est dénué de cynisme et qui n’a pas d’ambition. Mais qui va essayer de vivre quand même. » Samuel Benchetrit

Jacques (Vincent Macaigne) est un chien. En tant que tel, il observe les gens. Les aide, de temps en temps. Jacques aime la douceur. C’est un chien. Quand il se fait quitter par sa femme (Vanessa Paradis), Jacques ne dit rien. Il ne pleurniche même pas car il comprend. Mais il revient, trouve les tennis rouge de taille 47 à l’entrée de la porte de la chambre du couple qu’il formait avec elle. Son fils, Victor (Tom Canivet), le surprend dans sa chambre et le regarde depuis son lit alors que Jacques lui sourit dans la pénombre. Il ne dit rien. Ne sourit pas en retour.
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Rencontre avec Guillaume Gallienne, pour son nouveau film « Maryline »

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Guillaume Gallienne est un comédien et cinéaste qui s’est forgé une place de premier choix dans le paysage cinématographique français. Sociétaire de la Comédie-Française, il a été récompensé de deux Molières en 2010 et en 2011 ainsi que de quatre Césars en 2014 pour son premier film, aussi touchant qu’hilarant, Les Garçons et Guillaume, à table !. Cette année, Guillaume Gallienne livre un second long métrage puisant dans la veine dramatique, avec toujours en arrière-fond la thématique du jeu d’acteur. Rencontre à Lausanne quelques jours avant la sortie de Maryline.

Jonas Follonier : Maryline est un film sur le cinéma, sur le mutisme et sur l’alcoolisme notamment. Vous êtes-vous inspiré d’éléments réels, que vous avez vus ou vécus, pour la conception de ce film ?

Guillaume Gallienne : Ce film m’a été inspiré par une femme que j’ai rencontrée il y a quinze ans. Il s’agit d’une personne d’une grande humilité, qui m’a beaucoup touché. Elle m’a raconté sa vie. Son histoire m’a bouleversé, je la porte en moi depuis quinze ans. C’est avant tout l’histoire d’une femme qui n’a pas les mots pour se défendre et qui, malgré les humiliations et grâce à la bienveillance, va trouver son envol. J’ai choisi le cinéma et le théâtre comme un contexte, qui m’a permis d’exacerber mon propos. C’est en effet l’un des rares métiers où l’on vous dit : « Il faut tourner ici et maintenant, action ! »

Qu’est-ce qui vous a fait choisir Adeline d’Hermy, elle aussi sociétaire de la Comédie-Française, pour le rôle principal ?

J’ai rencontré Adeline lorsqu’elle est entrée à la Comédie-Française il y a six ans. Ce qui m’a d’abord impressionné chez elle, c’est l’humilité du personnage. Je pense que c’est quelque chose qui ne se compose pas. Ensuite, le film est construit comme une chronique, mais je visais le drame. Je savais qu’Adeline porterait ce drame de part en part et qu’elle tirerait le fil dramatique jusqu’au bout. Aussi, Adeline vient de la danse ; elle peut donc exprimer sans parler, et elle a l’art de s’exprimer dans le minuscule : dans un cou qui se tend, dans un mouvement d’épaule, dans une position du corps. Enfin, on sent que c’est une personne qui vient de sa campagne. Continuer la lecture de Rencontre avec Guillaume Gallienne, pour son nouveau film « Maryline »

Une soirée sucre d’orge au Montreux Jazz Festival

Le Regard Libre N° 30 – Jonas Follonier

Le Montreux Jazz Festival, réputé pour son acoustique exceptionnelle, repose sur une longue tradition mettant en valeur la qualité musicale et les liens subtils entre les différents genres. Le 10 juillet dernier, deux révélations de la chanson française actuelle se sont succédées dans l’atmosphère intimiste et privilégiée du Montreux Palace.

Pour sa cinquante-et-unième édition, le Montreux Jazz Festival a inauguré les « Out of the box », permettant à quelques artistes coups de cœur de se produire dans des lieux historiques de la région. Au Fairmont Le Montreux Palace, le festival a eu l’excellente idée de réunir sous une même soirée deux auteurs-compositeurs-interprètes français. Deux très bons musiciens. Elle, une amoureuse de la musique du langage ; lui, un amoureux du langage de la musique.

Juliette Armanet, un ange tombé du ciel

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