Archives par mot-clé : vérité

Elsa est le Christ dans «La Reine des Neiges 2»

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Anna et Elsa reviennent. Après l’immense succès de 2013, les deux jeunes filles mignonnes deviennent deux femmes ravissantes. Libérée, délivrée n’a encore pas fini de retentir dans les oreilles des enfants, que déjà La Reine des Neiges 2 s’impose dans les salles de cinéma du monde entier, avec les mêmes amis toujours aussi drôles et attachants, comme Olaf le bonhomme de neige.

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La douleur est le terreau de l’artiste dans l’«Orléans» d’Yann Moix

Les bouquins du mardi – Loris S. Musumeci

«Il faudrait désormais vivre clandestinement chez mes parents, orphelin quoiqu’en leur compagnie. Je leur déniai au demeurant, à compter de ce jour, la qualité de parents – ils ne représentaient à mes yeux que ce qu’ils pensaient d’ailleurs qu’ils étaient: de simples géniteurs. Seule la biologie me liait à eux, , et la biologie ce n’est pas grand-chose. Elle comporte toutefois une malédiction: cette ressemblance physique, cette gestuelle héritée qui, lorsque l’heure est tardive et qu’on se retrouve face au miroir d’un appartement vide, d’une chambre d’hôtel tel dimanche d’août, donne envie de se tirer une balle dans la tête. La mort me débarrasserait tôt ou tard de moi-même, c’est-à-dire d’eux.»

Le ton est donné. Ce ton qu’on connaît bien chez Yann Moix, à savoir celui de la radicalité, celui de l’intégrité. Orléans marque un tournant dans la carrière de l’écrivain: définitivement, il pose les fondements de son art. Il a grandi dans la souffrance, dans la violence infligée par des parents relégués au rang de géniteurs. Dalida disait que «la douleur est le terreau de l’artiste.» Elle avait raison.

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«Une intime conviction»: le mensonge peut-il être au service de la vérité?

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Madame, il y a des moments de vérité dans la vie.» 

Suzanne Viguier a disparu le 27 février 2000. Premier soupçon: Jacques Viguier, son mari. Le couple était en phase de séparation. Ce qui pousse l’amant de Suzanne, Olivier Durandet, à accuser Jacques. Après un premier emprisonnement de neuf mois, le mari soupçonné est relâché. Neuf ans plus tard, l’heure est au procès. C’est sur cette période-là que le film se concentre. Loin d’être un simple procès-verbal de l’affaire, Une intime conviction met en scène une star du barreau, Eric Dupont-Moretti, qui avait repris le cas, une femme obstinée, une famille déchirée, des témoignages douteux. Un procès kafkaïen, dans les affres de la justice. 

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La musique, du silence à la mystique

Le Regard Libre N° 39 – Giovanni F. Ryffel Parmi les expériences musicales, il en est une particulièrement intense: celle du sublime. Une expérience qui s’apparente à celle de la vision mystique, sans pour autant prétendre au même degré de perfection ni de participation à la divinité. Cependant, l’expérience de ce sublime est possible à travers … Continuer la lecture de La musique, du silence à la mystique

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« Action ou vérité », telle est la question

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Le jeu nous a suivis. »

Ola le Mexique ! Une bande de potes arrive pour des vacances de folie ! Selfies à gogo, beuveries, rires, interminables soirées, coucheries sans lendemains : le rêve pour des étudiants en dernière année à l’université. Au dernier soir du séjour au Mexique, l’intelligente et sérieuse Olivia (Lucy Hale) rencontre un charmant jeune homme. Il dit s’appeler Carter (Landon Liboiron). Assurément, il est beau gosse ; et il lui en faut peu pour séduire la vacancière. Le bar festif ferme, mais hors de question de s’arrêter là pour une dernière nuit qui doit demeurer inoubliable.

Carter propose donc à Olivia et ses amis de continuer à s’amuser dans un lieu « génial », dit-il. Légèrement éméchés, les jeunes se rendent dans un ancien monastère sur une colline au bord de l’eau, malgré la stricte interdiction de pénétrer le domaine. Tout est vieux. Tout est cassé. Tout est sombre. Mais il y a des chaises et des bouteilles. Pourquoi ne pas jouer à action ou vérité sous la proposition de Carter ? Et le paranormal commence…  discrètement. La soirée se conclut dans la dispute, sans rien de trop choquant. De retour à l’université, tout prend cependant une autre tournure. Le jeu a suivi les étudiants. Il s’impose à eux. Il est démoniaque. Et n’a en fait plus rien d’un jeu.

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«Tout le monde debout» pour Franck Dubosc!

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Dans cette nouvelle comédie française, le célèbre Franck Dubosc incarne Jocelyn, un riche homme d’affaires menant une vie de Don Juan, et surtout de menteur. «Baiser en étant moi-même, ça ne me tente pas.» Voilà bien la philosophie de vie d’un homme plutôt ridicule et méprisable. Son meilleur ami Max (Gérard Darmon, excellent) ne manque d’ailleurs pas de le lui faire remarquer. «Tu es vraiment fou», dit-il, las, en écoutant les nouvelles histoires de ce manipulateur. La nouvelle idée de Jocelyn? Se faire passer pour un paraplégique, afin de susciter la pitié et donc l’amour d’une autre handicapée. Celle-ci est incarnée par l’excellente Alexandra Lamy, qui dévoile ici tout son potentiel dramatique.

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« Le Procès du siècle » et l’exigence de vérité

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 5 juin 2017, 20h30 – 21h00

« La voix de la souffrance sera entendue. »

Le professeur Deborah Lipstadt (Rachel Weisz) enseigne l’histoire et la littérature juives à l’Université Emory d’Atlanta. La mémoire de l’Holocauste n’est, pour elle, pas seulement une tâche de son métier. C’est un devoir moral. Une vérité à reconnaître comme telle. L’historien anglais à succès, David Irving (Timothy Spall), n’a pas choisi la même direction. Il préfère « remettre en cause les affirmations de la bien-pensance », selon ses dires. Cette témérité le mène progressivement jusqu’au négationnisme pur et dur. Il est prêt à tout pour proclamer sa construction idéologique au sein des plus hautes sphères intellectuelles. Résultat : il colle un procès à sa rivale sémite, qui a impunément critiqué ses ouvrages. Sans concession.

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Hercule Poirot, entre criminologie et philosophie

Le Regard Libre N° 20 – Jonas Follonier

Pourquoi avoir besoin de philosophes ? Oui, dans le fond, à quoi nous servent ces intellectuels autoproclamés qui, sentant le tabac à pipe, nous parlent du sens de l’existence ? Ces questions sont si sottes. Rien que le verbe « servir » mériterait un meurtre. Or je n’en commettrai pas, sachant déjà qu’on trouverait l’assassin, aussi subtile soit ma façon de procéder. C’est bien la leçon que nous enseignent les enquêtes d’Hercule Poirot.

Pourquoi, donc, devrions-nous avoir des philosophes ? Pour répondre à cette question, utilisons un moyen didactique très présent en philosophie : l’analogie. Et cette analogie, que nous pourrions ici appeler également comparaison, constituera l’objet de cet article. Il s’agit de comparer la méthode qu’utilise Hercule Poirot pour résoudre ses énigmes avec la démarche qu’un philosophe doit adopter pour répondre à ses questions. Continuer la lecture de Hercule Poirot, entre criminologie et philosophie

Le vote rationnel

Le Regard Libre N° 18 – Jonas Follonier

Le 5 juin dernier, le peuple suisse s’est notamment prononcé contre l’instauration d’un revenu de base inconditionnel et pour la réforme de la loi sur l’asile. Osons le dire : ce vote est rationnel. Quoi ? Serait-il rationnel parce qu’il correspond à mes opinions ? J’aurais envie de dire que oui, mais on m’a reproché un ton un peu trop provocateur dans mes précédents éditoriaux. Expliquons donc la rationalité de ce vote autrement.

Ce vote est rationnel, tout d’abord, car il suit l’avis des spécialistes, que ce soit les économistes concernant le revenu de base universel ou les juristes concernant l’asile. Se fier plutôt aux professionnels et aux savants qu’à ses émotions ou à ses convictions abitraires, telle devrait être l’attitude de tout un chacun. Continuer la lecture de Le vote rationnel