Les «gilets jaunes»: quelques réflexions

Le Regard Libre N° 46 – Jonas Follonier

Les médias en ont évidemment beaucoup parlé, peut-être trop. Sans eux et les réseaux sociaux, les «gilets jaunes» n’auraient sans doute même pas existé en tant que mouvement. Mais celui-ci fait désormais partie de l’Histoire. Pour le meilleur et pour le pire.

Les «gilets jaunes» ont le mérite de poser une question essentielle: celle de la place des régions périphériques dans les préoccupations du gouvernement français. Mais aussi, plus largement, du sort des perdants de la mondialisation, en France comme ailleurs.

Le grand défaut de ce mouvement, c’est justement qu’ils ne pratiquent pas la forme de la question.  Leur arme, c’est la violence. Ou, du moins, les manifestations, car il faut distinguer des «gilets jaunes» les casseurs qui se font passer pour des «gilets jaunes» .

Ces derniers sont responsables d’actes inadmissibles. Les dégâts occasionnés sur l’Arc de Triomphe, notamment, en disent long sur l’inculture crasse de la génération qui descend dans la rue en 2018. Ce ne sont plus les étudiants de mai 68: ce sont des ploucs.

Mais les beaufs, le pouvoir les avait oubliés. Et c’est tout à l’honneur de cette France de Johnny de montrer à leurs responsables politiques qu’elle existe, elle aussi. Il n’y a pas que, d’un côté, les bobos aisés et, de l’autre, les pauvres immigrés de banlieue.

Espérons toutefois que la rébellion à la française fera place au dialogue constructif. Gueuler est une chose, faire de la politique en est une autre.

Une chose est sûre, la réaction des politiciens est indécente. La France insoumise ou le RN, qui profitent des événements pour affirmer être les porte-paroles de ces manifestants, n’ont pas compris que leur cri le plus profond et le plus légitime se dirige contre ce monde-là.

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

© Dessin de Nicolas Lotatelli pour Le Regard Libre

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