Archives du mot-clé mondialisation

« Ploukitudes » : rencontre avec Jean Romain et Stéphane Berney

Le Regard Libre N° 33 – Loris S. Musumeci et Jonas Follonier

Ploukitudes donne matière à penser. L’ouvrage est bouleversant tant il touche un point intime de l’homme, à savoir son côté plouc. Il a fallu qu’un philosophe (Jean Romain) et un journaliste (Stéphane Berney) travaillent ensemble pour peindre la société dans ses revers les plus absurdes et tragiques, à travers leur analyse sociologique. Rencontre dans un café plouc de la gare de Genève.

L. M. et J. F. : Qu’est-ce qui vous a poussés à écrire ensemble le livre Ploukitudes ?

Jean Romain : Je publiais des billets sur Facebook, pour constituer une sorte de manuel pratique de ploukitudes par petits épisodes. Stéphane Berney m’a alors contacté pour m’exposer son idée de transformer cette succession de billets assez disparates en un ouvrage plus structuré.

Stéphane Berney : Il y avait quelque chose de très puissant dans ses billets. Je trouvais que c’était dommage de ne les laisser qu’à Facebook, car ce sont des idées qui résument beaucoup de choses sur la société actuelle, et on voit d’ailleurs que le livre est en train de prendre son envol.

L’idée de base, c’est le plouc. Qui est-il ?

J. R. : Le plouc n’est ni le beauf, ni le con. C’est une personne qui essaie de se mettre à la mode parce qu’elle se sent larguée. Lire la suite « Ploukitudes » : rencontre avec Jean Romain et Stéphane Berney

Les élites en Suisse, du XXe siècle jusqu’à nos jours

Le Regard Libre N° 33 – Nicolas Jutzet

Longtemps terre d’émigration, la Suisse, dans sa forme moderne, a su devenir un modèle qui fait recette. Et qui attire, depuis la fin du XIXe siècle, de nombreux ressortissants d’autres pays. Les raisons de ce succès sont connues, ses acteurs, eux, beaucoup moins. Qui furent les puissants du pays ? Et qu’en-est-il aujourd’hui ?

Jusque dans les années quatre-vingt, le profil sociologique type du membre de l’élite économique pouvait se résumer de la façon suivante : un homme, blanc, avec un grade à l’armée, ayant effectué des études de droit ou d’ingénierie, actif en politique et issu d’une famille bien établie.

Les femmes laissées de côté

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Adieu Europe, adieu libre échange – Le nouveau monde a gagné

Regard sur l’actualité – Nicolas Jutzet

Ce qui semblait poindre avec le Brexit est désormais confirmé. L’Europe qu’on soupçonnait d’être divisible est divisée. La polémique autour du traité économique et commercial global CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement) qui devait lier l’Union Européenne et le Canada vient appuyer cette thèse. L’UE est une vieille dame qui ne sait plus à quel saint se vouer. D’habitude très centralisatrice – ce qui explique une partie du désamour qu’elle rencontre – elle s’essaie parfois au fédéralisme. Et bien évidemment, c’est un échec. Comment croire qu’une machine qui d’habitude se suffit à elle-même, puisse – le jour venu – compter sur les différents parlements nationaux et pire, sur la population ?

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« Expliquons les bienfaits de la globalisation » (Rencontre avec Stéphane Garelli)

Le Regard Libre N° 21 – Nicolas Jutzet et Jonas Follonier

Chaque domaine a ses stars : Johnny Hallyday dans le rock français, Michel Cymes dans la médecine, Jamy dans la vulgarisation scientifique… En économie, tous vous diront que la star suisse est Stéphane Garelli. L’homme impose le respect : professeur à l’Université de Lausanne ainsi qu’à l’IMD, président du conseil d’administration du journal Le Temps, ancien directeur général du Forum économique mondial et du Symposium de Davos, on ne compte plus les hautes responsabilités de Stéphane Garelli. Mais surtout, l’économiste est connu pour son talent de pédagogue. Rencontre à Sion le 5 septembre dernier.

N. J. et J. F. : Dans une interview récente, Jean Tirole, prix Nobel de l’économie, dit la chose suivante : « J’ai pris conscience de ma responsabilité de communiquer sur ce que ma discipline a à dire sur nos choix de société. » L’économiste que vous êtes a-t-il un devoir pédagogique, une mission ? Celle de simplifier le message pour que la foule comprenne les enjeux au mieux ?

Stéphane Garelli : Je pense qu’il s’agit d’une des responsabilités non seulement de l’économiste, mais aussi du professeur que je suis. Je crois que, souvent, les économistes ont été des gens trop incompréhensibles, alors que l’économie doit toucher le quotidien de chaque personne, elle doit leur parler. Les économistes ont utilisé excessivement des termes que personne ne comprenait, y compris eux-mêmes. Les écoles d’économie étaient aussi trop orientées vers les mathématiques, ce qui rendait la discipline encore plus incompréhensible. Lire la suite « Expliquons les bienfaits de la globalisation » (Rencontre avec Stéphane Garelli)