Aimer «tel quel», c’est mépriser
Photo: Arleen Wiese (Unsplash)
Une des injonctions les plus insistantes de l’espace public consiste à nous enjoindre à nous «aimer tels que nous sommes», phrase qui se poursuit généralement avec un appel à la «déculpabilisation».
Cette idée s’étend désormais à l’éducation des enfants, c’est-à-dire à des créatures qui ont justement la fâcheuse habitude de ne jamais rester longtemps «tels qu’ils sont». Cette mutation perpétuelle de leur être est d’ailleurs l’une des choses qui les distingue le plus des animaux de compagnie, plus «statiques», constants et prévisibles dans leur comportement quotidien.
Pour se développer, l’enfant requiert simultanément deux messages : «je t’aimerai quoi que tu fasses», mais aussi «je te sais capable de faire mieux». Le premier est porteur d’un réconfort rassurant, le second d’une espérance stimulante. On associ
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