Ce n’est pas un adieu – ni même un au revoir
Dessin réalisé par Nathanaël Schmid pour Le Regard Libre
Après plus de douze ans à faire grandir Le Regard Libre, je quitte mes fonctions exécutives avec émotion, heureux de savoir cette aventure collective assez forte pour poursuivre son chemin sous la rédaction en chef de Pablo Sánchez. Rendez-vous en septembre!
Si vous lisez ces lignes avant la parution du prochain numéro, c’est que je suis encore rédacteur en chef du Regard Libre. Mais lorsque sera parue notre édition de septembre, ce ne sera plus le cas.
Ecrire un éditorial d’adieu ou même d’au revoir ne correspondrait néanmoins pas vraiment à la situation. Car je ne quitte pas Le Regard Libre. Un parent n’abandonne pas son bébé!
Certes, je cesserai bientôt d’en assurer la direction opérationnelle après douze années passées à construire, avec des dizaines de rédacteurs, de photographes, de chroniqueurs, de partenaires et bien sûr de lecteurs, une aventure qui nous a souvent dépassés nous-mêmes et qui a représenté une grande partie de ma vie jusqu’à ce jour. Mais je demeure président de l’association qui édite cette revue et continuerai d’y proposer un texte chaque mois. Surtout, je reste membre de cette communauté intellectuelle qui s’est formée au fil du temps et qui ne cesse de se consolider.
Transmission à Pablo Sánchez
Lorsque j’ai fondé Le Regard Libre en janvier 2014, je ne savais pas exactement ce qu’il deviendrait. Toutefois, mes collègues et moi savions déjà ce qu’il ne devait pas être: un média prisonnier des conformismes. Nous voulions créer un espace où les idées puissent être discutées librement, où la culture et le débat d’idées soient pris au sérieux. Douze ans plus tard, cette ambition demeure intacte.
Les personnes s’en vont ou s’en viennent. Elles changent de fonctions. Les institutions qui durent sont précisément celles qui acceptent ces évolutions sans renoncer à leur identité. A vrai dire, le plus beau compliment que l’on puisse faire au fondateur d’une œuvre collective est peut-être de constater qu’elle ne dépend plus de lui.
C’est pourquoi, non sans une grande émotion, je suis particulièrement heureux de transmettre la rédaction en chef de cette publication à mon collègue Pablo Sánchez – actuellement en charge des débats – au 1er septembre, trois jours avant mes trente ans. Les lecteurs le connaissent déjà. Durant ces dernières années, j’ai pu apprécier ses compétences humaines et journalistiques, son engagement et son attachement aux valeurs qui ont toujours guidé notre démarche. Le Regard Libre continuera de se développer sous son impulsion, comme il s’est développé sous celle de nombreuses personnes avant lui.
De mon côté, une nouvelle aventure commence à L’Agefi, dont j’ai repris la rédaction en chef le 15 juin dernier. Il existe cependant une continuité profonde entre ces deux engagements. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit de défendre la liberté et la responsabilité individuelles, le pluralisme médiatique, l’indépendance et bien sûr la recherche rigoureuse – et donc ouverte – de la vérité.
Alors non, ce n’est pas un adieu. Ni même un au revoir. Il s’agit simplement d’une nouvelle page qui s’ouvre, d’une histoire que nous continuerons d’écrire ensemble.
Merci pour la confiance et la curiosité que vous avez témoignées durant toutes ces années au Regard Libre – et que vous m’avez témoignées. Je ne doute pas de votre fidélité renouvelée à la rentrée d’automne. Hâte de vous y retrouver! D’ici là, bel été.
Rédacteur en chef de L’Agefi, Jonas Follonier est le fondateur et président du Regard Libre.
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