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Société

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Faut-il bannir les open spaces?2 minutes de lecture

par Le Regard Libre
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Economie des coûts, collaboration, distraction, les open spaces divisent jusque dans notre rédaction.

Faut-il bannir les open spaces?

Jonas Follonier

OUI. Comme l’écriture inclusive, les open spaces sont des inventions contre-productives par rapport aux causes qu’ils sont officiellement censés porter: l’écoute, la collaboration, l’esprit d’équipe… Comme l’écriture inclusive, les open spaces font intervenir beaucoup trop de monde pour que la discussion soit possible, pour que l’air soit respirable. Une différence cependant: là où l’écriture inclusive, à coup de points médians et autres traits d’union entre les marques du masculin et du féminin, allonge inutilement les mots, l’espace partagé de travail, lui, serait économique. Les employeurs qui optent pour cette solution espèrent réduire leurs coûts. Mais que dire des pertes induites par la distraction que provoque bien souvent la présence d’autrui dans la même pièce? L’abolition des murs entre collègues favorise-t-elle vraiment la coopération productive? Après tout, ce sont généralement les grandes entreprises qui réaménagent leurs espaces en open spaces, les petites et moyennes entreprises existantes n’ayant pas les moyens suffisants pour réorganiser leurs bureaux. Or, les problèmes de collaboration et le désinvestissement des employés existent davantage dans les grandes boîtes que dans les petites. Les statistiques le montrent. Pour autant, je ne souhaite pas que l’Etat interdise les open spaces (ou l’écriture inclusive). Je milite en revanche pour que chaque individu qui en a le pouvoir abolisse ces structures à la mode de son plein gré.

Yann Costa

NON. Ne soyons pas dupes: présentés comme catalyseurs d’agilité et de collaboration, les open spaces découlent avant tout d’une stratégie ingénieuse pour réduire les coûts des espaces de travail, popularisée par la culture start-up. L’anglicisme n’est pas un hasard. Faut-il les abolir pour autant? Certainement pas. En réduisant la barrière à l’entrée pour l’installation de petites entreprises, notamment avec l’avènement des espaces de travail partagés (ou coworking spaces), les open spaces contribuent à la liberté d’entreprendre. Ils peuvent également renforcer la cohésion d’équipe, en particulier dans les professions qui nécessitent un flux constant d’échanges d’informations. Mais avec cette simplification drastique de l’espace de travail, c’est toute une structure qui tombe à l’eau. Il faut donc veiller à en sauvegarder les éléments essentiels. Par exemple, en créant des espaces «silencieux» à distance des espaces «collaboratifs». Autre point crucial: former les employés à la collaboration. Comprendre quand et comment solliciter un collègue et préparer les interactions pour qu’elles soient productives sont des compétences clés dans un environnement ouvert. Cette approche permet de stimuler la collaboration, sans pour autant sacrifier la concentration. En résumé: à défaut de se payer des murs et des portes, faisons au moins preuve d’un peu d’imagination, saupoudrée de quelques workshops. Après tout, c’est bien ça, l’esprit start-up.

Nous écrire: redaction@leregardlibre.com

Vous venez de lire un débat tiré de notre dossier «TRAVAIL», paru dans notre édition papier (Le Regard Libre N°104).

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