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Politique

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Activisme climatique illégal: vaincre sans convaincre

par Max Frei
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Activisme climatique illégal

Depuis quelques années, les activistes climatiques prennent régulièrement l’espace public en otage. Que ce mode d’action peine à séduire au sein de la population ne semble pas un problème pour eux: de leur propre aveu, ils ne veulent pas rassembler.

Golfs ravagés, routes bloquées, interruption sur un plateau de télévision, blocage d’un aéroport international… Les mobilisations illégales de la part de différents groupuscules alarmistes concernant le changement climatique se sont enchaînées ces derniers mois. Alors que ces mouvements continuent de défrayer la chronique, de plus en plus de voix critiques s’élèvent.

En Allemagne, une récente enquête démontre que 76% de la population s’oppose aux méthodes empruntées. Même son de cloche en France, où 72% des personnes estiment que ce genre d’actions est inutile. Globalement, les personnes sondées dans ces pays considèrent que les mesures prises par les gouvernements sont insuffisantes, mais que ces opérations chocs ne favorisent pas le changement.

Ras-le-bol général

«Je ne supporte plus ces activistes du climat», a lancé la conseillère nationale Jacqueline de Quattro (PLR/VD) dans les colonnes de Blick à la mi-avril. Pour elle, le blocage de l’autoroute du Gothard par le collectif Renovate Switzerland durant le weekend de Pâques était de trop. La députée juge en effet ce procédé contre-productif. Le président de son parti au niveau suisse, Thierry Burkart, considère d’ailleurs que la justice n’est pas assez sévère à l’encontre des activistes adeptes de la désobéissance civile illégale, qui «agissent de manière criminelle».

Même au sein des Verts, la controverse est apparente. Bernhard Pulver, cofondateur du parti, prenait récemment ses distances avec ces groupes sur les antennes de la Radio Télévision Suisse (RTS): «Moi je n’ai pas le même style d’action. Je trouve que les actions illégales sont difficiles pour nous. Ces activistes défendent peut-être le même thème, mais je ne suis pas convaincu que ça aide la cause écologiste. (…) Puisque nous sommes dans une démocratie, nous devons convaincre des majorités. C’est le seul chemin pour trouver des solutions pour le climat».

«Mon rôle n’est pas de me faire aimer»

Voilà bien le cœur de la question. Or, il s’avère justement que si les activistes climatiques extrémistes rencontrent peu d’adhésion, cela ne semble pas leur poser problème. Un exemple local a valeur d’exemple. Vincent Zeder, porte-parole d’Extinction Rebellion Genève, a interrompu le plateau en plein air de Léman Bleu lors des élections cantonales, fin avril dernier, afin d’alerter sur l’urgence climatique. L’extrait vidéo a rapidement fait le tour du monde, mais le principal intéressé n’en démord pas: «Mon rôle n’est pas de me faire aimer», a-t-il lâché au rédacteur en chef de la chaîne, Jérémy Seydoux, qui l’a invité à dialoguer plus sereinement trois jours après l’incident.

En Allemagne, le même discours est mobilisé par le collectif Letzte Generation. Simon, membre actif du groupe, s’est exprimé la semaine dernière dans Le Temps: «Nous ne sommes pas là pour être aimés mais pour atteindre nos objectifs.»

Diktat écolo

La question se pose alors: pourquoi agissent-ils si ce n’est pas pour convaincre? S’il est trop tard pour faire face à la crise climatique, alors à quoi bon manifester, sauf à vouloir jouer aux malheureux prophètes? Surtout, pourquoi parler d’urgence? Et si, au contraire, la situation peut encore être améliorée, ne serait-il pas plus pertinent de chercher à convaincre la population afin de générer un changement de comportement efficace et consenti?

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La clef de ce mystère est sans doute ailleurs. Peut-être le refus de l’argumentation traduit-il simplement un souhait de type totalitaire, celui de dicter les nouvelles valeurs que la majorité devrait suivre au nom de la légitimité de la cause. C’est, après tout, ce qui pourrait expliquer le manque de popularité de ces mouvements auprès de la population, qui dans le même temps considère le dérèglement climatique comme une problématique réelle. Et c’est très bien comme ça.

Ecrire à l’auteur: max.frei@leregardlibre.com

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Sur le même sujet: notre rédacteur en chef Jonas Follonier a récemment participé à un débat de l’émission «Forum» sur la RTS en qualité de correspondant au Palais fédéral pour L’Agefi:

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