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L’immigration au cœur de la présidentielle française: le point par candidat3 minutes de lecture

par Antoine-Frédéric Bernhard
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Le Regard Libre N° 82 Antoine Bernhard et Jonas Follonier

Dossier «Immigration»

A quelques semaines de l’élection présidentielle française, l’immigration figure parmi les thèmes principaux qui structurent la campagne. La droite en a fait son sujet de prédilection, sommant la gauche de réagir avec plus ou moins d’habileté. Bilan.

Eric Zemmour est le plus radical sur la question.

Selon lui, l’immigration «aggrave tous les problèmes de la France». Elle est le moteur d’un «conflit de civilisations», qui passe notamment par un «grand remplacement» de population. Un nombre trop important d’arrivants, rendant impossible toute assimilation à la culture et aux mœurs françaises, causerait ce phénomène. Le néo-politicien veut donc «mettre l’immigration à zéro» en faisant voter dès son élection un référendum sur le sujet, qui inclura toutes ses propositions comme la suppression du regroupement familial et du droit du sol, la limitation drastique du droit d’asile ou encore le renvoi de tous les clandestins et criminels étrangers.

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Marine Le Pen en ressortirait presque mollassonne.

Elle qui, précisément, avait fait de la «dédiabolisation» de son parti la priorité n’est soudain plus la prétendante située la plus à droite de ce scrutin. Bien qu’elle puisse se targuer de défendre depuis longtemps –et le FN avant elle– la majeure partie des propositions de Zemmour sur l’immigration, et que ses chiffrages en la matière soient fouillés, elle ne tient pas le discours combattif de son concurrent sur l’islam, typiquement. Avec elle, il est moins question de civilisation que de pouvoir d’achat; mais peut-être aussi plus des Français que de la France.

Pour la candidate Les Républicains Valérie Pécresse, «la maîtrise des flux migratoire est un défi de société majeur»

Sa vision politique sur la question s’arrête là. En revanche, elle propose un ensemble de mesures très concrètes, incluses pour certaines dans un «Projet de loi constitutionnelle pour mettre fin à l’immigration incontrôlée», déjà rédigé. Refusant l’idée d’une «immigration zéro», Pécresse est favorable à une politique de quotas annuels et souhaite renégocier les accords avec les pays étrangers qui refusent leurs ressortissants expulsés de France.

Macron, lui, devrait rester sur sa ligne centriste, dont la boussole est le pragmatisme.

Son programme n’est néanmoins pas encore connu. Lors de sa précédente campagne, l’actuel président formait le vœu de mieux «définir les besoins pour l’immigration économique». C’est et cela reste le prisme principal sous lequel est abordée la question chez lui. Mais il y a sans doute chez Macron un attachement tout aussi sincère à la lutte contre le communautarisme; ses discours et décisions en témoignent. Le point décisif consistera en ses propositions au terme d’un mandat plutôt en demi-teinte, notamment sur le sujet de l’immigration, du moins du point de vue des Français.

Du côté de la socialiste Anne Hidalgo, aucune proposition concrète pour le moment.

Elle se dit favorable à une gestion européenne de l’immigration au nom des «principes démocratiques» et de la «tradition d’accueil de la France». Elle se contente de lieux communs: «On peut aimer la France et être fier de ses origines», «Sans ces femmes et ces hommes issus de l’immigration, la France ne serait pas ce qu’elle est», etc. Ne se prononçant pas sur le nombre d’immigrés, elle affirme qu’ils doivent être mieux accueillis.

Chez les Verts, Yannick Jadot est favorable à une large politique d’accueil des réfugiés qui relève, comme le regroupement familial, du «devoir humanitaire» de la France.

Il milite pour une «politique migratoire européenne» et affirme ne voir «aucun problème avec l’immigration en France aujourd’hui». Il s’était montré révolté par le choix de la Pologne de ne pas accueillir les réfugiés massés à la frontière avec la Biélorussie.

Enfin, selon Jean-Luc Mélenchon, de la France Insoumise, «l’immigration n’est pas un problème en soi»

La question pour lui est d’abord sociale; le problème avec l’immigration, c’est l’incapacité française d’offrir aux immigrés une vie digne. Le leader de la gauche radicale s’inscrit contre la notion d’assimilation, qui «n’a pas de sens»; il défend la «créolisation», une synthèse des différentes identités qui arrivent en France et qui en créent donc une nouvelle.

Ecrire aux auteurs: jonas.follonier@leregardlibre.com antoine.bernhard@leregardlibre.com

Crédit photo: © Wikimedia CC 4.0 Eric Zemmour lors de son premier meeting de campagne en vue de l’élection présidentielle de 2022, au parc des expositions de Villepinte.

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