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Quand l’argent public profite à des collectifs d’extrême gauche4 minutes de lecture

par Max Frei
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©Unsplash

L’événement «Fair lesen», en Suisse allemande, se donne pour objectif de mettre en lumière la place des femmes dans le milieu littéraire. Ce symposium, bénéficiant d’une aide conséquente des pouvoirs publics, réclame notamment l’instauration de quotas.

La grève des femmes de 2019 a accouché, entre autres démarches, d’un symposium littéraire. Organisée par l’association Autrices et Auteurs de Suisse (A*dS) et RAUF, un collectif zurichois d’écrivaines, cette initiative porte pour nom «Fair lesen», soit «lire de façon équitable». Elle a pour objectif de «montrer l’importance de la diversité des acteur.x.ices et l’inquiétude face aux dynamiques néolibérales (concentrations de maisons d’édition, raccourcissement des délais, exigences normatives, automatisation, etc.)».

Annulée en 2020 puis en 2021 en raison du contexte sanitaire, la première édition de cette manifestation a vu le jour en juin 2022 au Centre Paul Klee, à Berne. Plus de 120 auteurs, organisateurs et experts des milieux des médias, de l’édition et du théâtre y ont pris part. L’événement a pu compter sur le financement de diverses fondations, mais aussi de l’Office fédéral de la culture (OFC), de la Ville de Berne et du Canton de Berne. Le budget s’est élevé à quelque 70 000 francs suisses.

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Le premier jour du symposium a consisté en un état des lieux du milieu littéraire. Le lendemain, les participants ont «développé des outils concrets et une liste de revendications pour combler le manque de reconnaissance pour la création littéraire des femmes*», comme on peut le lire sur le site internet de Fair lesen. Cette longue liste de revendications est très claire. Le symposium «exige» notamment des quotas de minimum 50% de femmes et de LGBTQIA+ dans les comités, commissions et jurys littéraires en Suisse. Figure également comme demande l’institutionnalisation du travail de sensibilisation pour tous dans les écoles et universités sur les rapports et abus de pouvoir.

Incertitude sur les financements publics

La prochaine édition, programmée en juin 2024, doit normalement se dérouler à Bâle. Sa description sur le Net est explicite: «nous chercherons ensembles (sic) à cartographier les rapports de force oppressifs qui structurent encore le champ littéraire en Suisse, afin de faire bouger les lignes, ouvrir davantage l’espace littéraire, et faire de la littérature un espace de liberté».

En vue de ces échanges, les programmateurs ont lancé un appel à projets. Clôturé le 30 juin dernier, celui-ci a eu du succès, assure Philine Erni, employée comme directrice du projet. «Nous avons reçu de nombreuses esquisses de projets intéressantes – bien plus que ce qui peut être réalisé», précise-t-elle. Deux questions centrales occuperont le symposium: «comment le sexisme et la cishétéronormativité continuent-ils de peser sur le milieu littéraire suisse? Qui sont les invisibilisé.e.x.s et les indésirables de la littérature?»

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Le budget pour cette cuvée 2024 n’est pas encore complètement établi et les demandes de financement sont en cours. Les six prochains mois doivent justement servir à la collecte de fonds, ainsi qu’à la programmation plus précise de l’événement. «Nous cherchons à nouveau des fonds au niveau fédéral, mais aussi au niveau local, des pouvoirs publics ainsi que des fondations, etc., qui se consacrent au travail en réseau et à la promotion de la littérature», détaille la directrice.

Le symposium ne pourra cependant plus recevoir de fonds de la part de l’OFC. «La promotion de la littérature a en effet été réorganisée en 2020», explique Philine Erni. On notera que le soutien public à des démarches politiques est dans tous les cas interdit. A moins, bien sûr, que le cahier des charges financé par l’Etat ne soit d’intérêt public. A voir si les administrations publiques cantonales et locales seront à nouveau de la partie.

Ecrire à l’auteur: max.frei@leregardlibre.com

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