Archives du mot-clé féminisme

Le Chant des Scorpions, ou les abîmes du désert du Rajasthan

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

« Piqûre de scorpion, morsure de serpent, elle écoute le poison. Et elle chante. Le mantra des scorpions. » Aadam

Des creux souples des dunes de l’immense espace désertique du Rajasthan s’élève un chant, lent. « Ô mon maître, entends ma prière », entonne Nooran (Golshifteh Farahani), accroupie au chevet d’un mourant piqué par un scorpion. Le village entier écoute, comme ensorcelé par la voix portée dans la nuit grâce au vent, part remuer les grains de sable beige et fin.

Un peu à l’écart, Aadam (Irrfan Khan) se lève, comme saisi par la beauté du chant et des traits fins de la guérisseuse. Lentement, il reprend place alors qu’à ses yeux monte une marée de larmes. Son compagnon de route, apparemment lassé de suivre la farouche Nooran, se montre insensible aux chants ancestraux qu’elle entonne sans crainte ni voile afin de guérir les hommes.

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« L’ordre divin», quand le courage d’une femme vire à la caricature féministe

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 3 juillet 2017, 20h30 – 21h00

« Je ne veux pas finir dans un trou comme une femme au foyer ! »

Nora (Marie Leuenberger) mène une existence plate et soumise dans un petit village isolé de Suisse orientale. Interpellée par la révolte adolescente de sa nièce ainsi que par des vagues de protestations féministes venues de la ville, la mère de famille se pose toujours davantage de questions quant à sa place dans la société. « Dis, qu’est-ce que tu dirais si je recommençais à travailler ? », lance-t-elle à son mari, éveillée par une annonce de l’agence Kuoni pour une secrétaire. Le refus de son mari à entrer en matière sur la question s’accompagne d’un « Et tu ne peux rien faire sans ma permission. C’est la loi. »

Il faut changer cette loi. Que la lutte commence ! Une petite association de femmes demandant du respect se forme au village, sous la coordination de Nora. Rejointe par sa belle-sœur Teresa, au mariage malheureux, l’excentrique Madame Vroni et Graziella, immigrée italienne. Si leur démarche est déterminée, elle ne va pas sans de graves difficultés. Les hommes ne semblent pas prêts à bouleverser cet « ordre divin » qui les érige en maîtres.

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« La Belle et la Bête », ou l’innocent militantisme

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Trouve-t-on jamais le bonheur sans liberté ? »

Il était une fois, dans une noble contrée de France, un jeune prince qui vivait d’excès et de fêtes. Un soir, se présenta au seuil de sa porte une vieille femme qui cherchait un abri pour la nuit. Elle lui offrit une rose contre l’accueil, mais le prince, égoïste et acariâtre, le lui refusa dans la moquerie. La pauvre dame avertit le beau garçon de ne point se fier aux apparences, mais se vit derechef repoussée. De laide, elle se métamorphosa alors en une fée nimbée de lumière. Le prince, à genoux, tacha de trouver son pardon. En vain. Il était trop tard. Le château sombra sous un sort effroyable laissant ses domestiques en objets animés et le prince, dans un aspect de créature monstrueuse.

Seul pourrait rompre le charme, avant que la rose magique ne flétrît, l’amour mutuel d’une femme et de la bête. Sans quoi les victimes du sort seraient condamnées à tout jamais. Le temps passait, et le prince maudit désespérait toujours davantage, car « qui pourrait un jour apprendre à aimer une bête ? »

Quel enfant de la génération Disney n’a pas été épris de crainte et de passion face à ce délicieux prologue ? La Belle et la Bête. Le conte est resté le même que celui du dessin animé homonyme de 1991. Le père de Belle est tombé incongrûment entre les griffes de la Bête lors d’un voyage d’affaires. La demoiselle, par amour de son aîné à la santé fragile, s’offre en prisonnière du château à sa place. Cohabitation difficile et insolite entre une jeune rêveuse assoiffée de liberté et une créature damnée par sa méchanceté d’antan. Lire la suite « La Belle et la Bête », ou l’innocent militantisme