Archives par mot-clé : féminisme

Galanterie, machisme et indifférence

Le Regard Libre N° 49 – Jonas Follonier

La galanterie est aujourd’hui considérée comme machiste, du moins par certaines féministes. Selon elles, cette forme française de savoir-vivre masculin à l’égard des femmes cacherait une vision sexiste où la femme serait traitée comme un être faible et fragile.

Or, la galanterie est une marque de civilité parmi d’autres et ne peut donc sérieusement que s’opposer à des réflexes balourds tels que le machisme ou la sauvagerie. Ce qui frappe quand on prend le métro à Lausanne ou à Paris, ce n’est pas le machisme de méchants hommes de droite blancs cis-genres occidentalo-centrés, mais tout simplement le manque de civilité de quelques «ouesh ouesh», de plus en plus nombreux. Ceux qui écartent leurs jambes en empiétant sur les autres sièges avec leur training insupportable.

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Captain Marvel: La femme rompue

Les mercredis du cinéma – Thierry Fivaz

Pour leur vingt-et-unième film, les studios Marvel retracent l’histoire de Carol Danvers, ancienne pilote de l’US Air Force et qui deviendra l’un des personnages les plus puissants que l’univers Marvel n’ait jamais compté.

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«Les femmes artistes sont dangereuses»: l’art par la femme, occulté mais vivant

Les bouquins du mardi – Hélène Lavoyer

L’une est journaliste, essayiste et historienne, notamment du féminisme aux XIXe et XXe siècles, l’autre chercheuse indépendante et historienne de l’art. Laure Adler et Camille Viéville, deux femmes mais avant tout deux individualités qui ont engagé leurs forces dans un combat qui quoique vieux de plusieurs siècles n’a ni perdu de son actualité ni de sa nécessité : celui entreprit par nombre de femmes afin de se faire une place dans des domaines régis de tout temps par des hommes. Dans cet ouvrage paru aux éditions Flammarion elles dressent les portraits d’une cinquantaine de créatrices.

Pour celui qui s’intéresse à l’art, ce livre est un trésor de découvertes de nouvelles « griffes » stylistiques. Mais pour tous les autres, interpellés par l’histoire de la femme et qui cherchent à savoir comment, concrètement, le monde patriarcal a pesé de tout son poids sur son expression et sur son intégration à l’univers de l’art, il s’agit d’un ouvrage marquant à ne pas laisser dormir sur les étagères des librairies. Et ce  tant à cause de son propos que de la façon dont il se voit présenté, sous une plume tranchante mais fluide, catégorique avec raison.

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«Les Veuves», un film féministe, mais pas que

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Je voulais juste savoir comment vous alliez après la perte de votre mari.»

Les portraits de quatre vies familiales se succèdent, entrecoupés d’une scène de cambriolage assez chaude et mouvementée. Les quatre familles sont celles des quatre braqueurs. Ces derniers, pris la main dans le sac, sont cernés par les forces de l’ordre après une course-poursuite. L’épisode se termine en coups de feu de la part d’une police acharnée. La mort des quatre bandits laisse désormais place à quatre veuves. Malgré le deuil, elles ne sont pas au bout de leurs peines. La mafia afro-américaine locale tient à ce que ces quatre femmes leur remboursent des dettes

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Non à l’avortement: quand l’Etat se met à faire le bien

Le Regard Libre N° 42 – Diego Taboada

Le refus du droit à l’avortement en Argentine a été révélateur d’un malaise peu évoqué qui traverse les sociétés: l’acharnement des Etats à décréter et imposer ce qui est bien, en oubliant de faire respecter ce qui est juste.

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Rencontre avec Halldóra Geirharðsdóttir

Le Regard Libre N° 41 – Virginia Eufemi

C’est dans le restaurant du Théâtre du Passage que nous avons rendez-vous avec Halldóra Geirharðsdóttir, l’actrice principale du film islandais Woman at war, présenté en première suisse. Entretien avec une femme pleine de vie et d’énergie, qui revêt dans le film le rôle d’une autre femme courageuse et que ne rien n’arrête dans son combat pour la sauvegarde de la planète.

Virginia Eufemi : Quel chemin vous a menée à l’interprétation du rôle de Halla dans Woman at war ?

Halldóra Geirharðsdóttir : Immédiatement, quand j’ai lu le script, j’ai senti l’énergie et la Terre, j’ai senti que c’était une part qui était écrite pour moi.

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« Amori », ma per favore !

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Plutôt que me remettre avec toi, je préfère me tuer. »

Claudia et Flavio tombent amoureux. Ou plutôt, c’est Claudia, professeur de littérature surexcitée et très sentimentale, qui tombe amoureuse de Flavio, lui aussi professeur de littérature. Le coup de foudre advient lors d’un colloque universitaire. « Je crois que je suis tombée amoureuse de toi », lui dit-elle vite fait bien fait lors de leur première discussion en tête-à-tête dans un restaurant. Surpris, Flavio se laisse séduire.

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« Woman at war » : une fable écologique et féministe

Neuchâtel International Fantastic Film Festival (NIFFF) – Virginia Eufemi

Le NIFFF présentait le 10 juillet dernier, en première suisse et en présence de l’actrice principale, Woman at war, un film du réalisateur islandais Benedikt Erlingsson qui dépeint une aventure humaine contemporaine.

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« Ocean’s 8 », drôle et efficace

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

Après cinq années d’incarcération pour un vol qu’elle n’avait pas même commis, Debbie Ocean (interprétée par Sandra Bullock) se voit enfin octroyer la liberté conditionnelle. Mais la sœur de Daniel Ocean, décédée, a l’arnaque dans les gènes. Quelques heures à peine après sa sortie, ce besoin vital, viral la pousse à mettre en œuvre un plan auquel elle a pensé jusque dans les moindres détails lors de son séjour en prison.

Petit à petit et à l’aide de son amie Lou Miller (Cate Blanchett), cinq autres femmes, toutes d’anciennes voleuses, maîtresses de leurs techniques particulières, sont recrutées : Amita (Mindy Kaling), tailleuse de diamants, Constance (Awkwafina), capable de furtifs vols à la tire, Tammy (Sarah Paulson), qui opère secrètement en tant que receleuse, Nine-Ball (Rihanna) excellant dans la piraterie informatique et Rose Weil (Helena Bonham Carter), devenue couturière.

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« Le Chant des scorpions », ou les abîmes du désert du Rajasthan

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

« Piqûre de scorpion, morsure de serpent, elle écoute le poison. Et elle chante. Le mantra des scorpions. » Aadam

Des creux souples des dunes de l’immense espace désertique du Rajasthan s’élève un chant, lent. « Ô mon maître, entends ma prière », entonne Nooran (Golshifteh Farahani), accroupie au chevet d’un mourant piqué par un scorpion. Le village entier écoute, comme ensorcelé par la voix portée dans la nuit grâce au vent, part remuer les grains de sable beige et fin.

Un peu à l’écart, Aadam (Irrfan Khan) se lève, comme saisi par la beauté du chant et des traits fins de la guérisseuse. Lentement, il reprend place alors qu’à ses yeux monte une marée de larmes. Son compagnon de route, apparemment lassé de suivre la farouche Nooran, se montre insensible aux chants ancestraux qu’elle entonne sans crainte ni voile afin de guérir les hommes.

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