Rubrique: Philosophie
Découvrir le singe en nous, c’est apprendre à nous connaître

Découvrir le singe en nous, c’est apprendre à nous connaître

DOSSIER «L’HOMME ET L’ANIMAL» Pendant longtemps, les hommes ont jugé les animaux selon leur système de pensée, en général pour affirmer leur suprématie sur eux. Il faudra attendre le XXe siècle pour que le comportement animal soit étudié systématiquement et qu’un jugement équilibré puisse ainsi être formulé à leur égard. La vision que nous donne la science est désormais plus nuancée. Et la plupart de nos grandes certitudes – le rire est le propre de l’homme, les animaux n’ont ni culture ni morale, l’outil fait l’homme, etc. – sont aujourd’hui dépassées. Nous présentons ici certaines des découvertes les plus surprenantes, comme la capacité des animaux à utiliser des symboles ou leur sens de l’empathie et de la coopération. Des faits scientifiques qui nous les rendent plus proches et nous aident à mieux nous comprendre nous-mêmes.
Lire Marx pour légitimer le capitalisme

Lire Marx pour légitimer le capitalisme

ANALYSE, Olivier Meuwly | «On peut plaider que pour une part la capacité de réformes des régimes capitalistes est due à Marx lui-même», se demande non sans s’en amuser Raymond Aron dans son fameux cours sur le marxisme de Marx, prononcé à La Sorbonne au début des années 1960, puis au Collège de France une décennie plus tard, et publié en 2002 par Jean-Claude Casanova aux défuntes Editions de Fallois. Aron s’abandonne-t-il à sa coutumière ironie? Ou faut-il se demander si, derrière l’aphorisme provocateur, affleurent non seulement la profonde admiration que le grand libéral français a toujours témoigné à l’égard du père fondateur du «socialisme scientifique», mais aussi un avertissement à l’attention de ceux qui font profession d’analyser… ou pratiquer ce même capitalisme?
Schopenhauer, pessimiste aigri?

Schopenhauer, pessimiste aigri?

ARTICLE LONG FORMAT, Danilo Heyer | On entend souvent ce refrain: «il ne faut être ni pessimiste, ni optimiste, mais réaliste!». Soit, gardons-nous d’édulcorer l’avenir. Bien insuffisante se révèle néanmoins cette position pour qui désire savoir si le monde est essentiellement bon ou mauvais; si la vie vaut la peine d’être vécue; si l’existence peut se justifier. Pour ce faire, il y aurait à porter un jugement métaphysique dont ce réalisme est bien incapable. On connaît surtout Arthur Schopenhauer, ce philosophe allemand du XIXe siècle, pour son pessimisme radical. Aurait-il toutefois offert au monde rien qu’une philosophie d’aigri, ainsi qu’on le prétend parfois? Une lecture attentive révèle un étonnant mélange de pessimisme et d’optimisme au cœur d’une philosophie pratique qui s’avère lucide et d’un grand secours pour tout un chacun. En fin de compte, le bonheur serait-il atteignable?

Nietzsche, le poète des lendemains qui chantent

ARTICLE LONG FORMAT, Enzo Santacroce | Nietzsche, le philosophe aux multiples facettes, a aussi bien été récupéré et détourné par l’idéologie nazie que par les forces anarchistes qui animaient les étudiants de mai 68. Comment expliquer que la pensée de cet esprit brillant ait été embrigadée par le brun et par le rouge? Les propos fragmentés et volontairement choquants que le philosophe allemand a formulés ont certainement contribué à l’inscrire dans les malentendus. Toutefois, sa critique lucide d’une société occidentale vivant désormais sans transcendance est d’une brûlante actualité, en ce sens que la seule valeur acceptable de nos jours est celle de la santé comprise comme l’anéantissement de la souffrance. Très tôt conscient de ce déclin, Nietzsche a élaboré une réponse tonique en se basant sur la volonté qu’exprime le corps enfin réhabilité dans sa dimension désirante.
«12 nouvelles règles pour une vie»: encore du développement personnel?

«12 nouvelles règles pour une vie»: encore du développement personnel?

ARTICEL LONG FORMAT, Danilo Heyer | Le professeur de psychologie de l’Université de Toronto, le clinicien, le youtubeur au plus de quatre millions d’abonnés, l’orateur qui aura attiré dans 160 salles, en une année, pas moins d’un demi-million d’auditeurs, et l’auteur du best-seller «12 règles pour une vie: un antidote au chaos» a publié récemment «12 nouvelles règles pour une vie: au-delà de l’ordre». Je parle ici de Jordan Peterson. Qu’est-ce que cette figure de l’intellectual dark web apporte de neuf dans cette suite? Et que dire de sa pensée, sachant que, dans leur écrasante majorité, les médias traditionnels ont très mal lu son précédent ouvrage autant qu’ils l’ont mal critiqué à coups de sophismes de toute sorte?
La philosophie a autre chose à offrir qu’un supplément d’âme

La philosophie a autre chose à offrir qu’un supplément d’âme

ARTICLE LONG FORMAT, Antoine Vuille | Chaque mois, un rédacteur invité décortique un cliché entretenu à l’égard d’un philosophe. Une fois n’est pas coutume, cet article s’intéresse à un préjugé planant sur la philosophie elle-même. Pour comprendre ce qu’est cette discipline et ce à quoi elle sert, il faut casser deux clichés qui circulent à son propos: le premier concerne son objet, le second sa méthode.
Hegel, chantre d’un Etat autoritaire… ou libéral?

Hegel, chantre d’un Etat autoritaire… ou libéral?

Chaque mois, Le Regard Libre vous propose la présentation d’un philosophe dont la pensée s’avère différente, voire à l’opposé, des clichés qui circulent à son sujet. L’historien Olivier Meuwly ouvre le bal en défendant l’idée que Georg Wilhelm Friedrich Hegel n’est pas le partisan d’un Etat autoritaire. Bien au contraire, notre rédacteur invité repère certains fondements théoriques du libéralisme au cœur du système hégélien. La démocratie directe elle-même n’est pas étrangère à la vision de l’Allemand selon l’historien.