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«L’Art de perdre»: l’art de réussir à créer des liens

Les bouquins du mardi – Loris S. Musumeci

«Qu’est-ce que vous croyez qu’elles font vos filles dans les grandes villes? Elles disent qu’elles partent pour leurs études. Mais regardez-les: elles portent des pantalons, elles fument, elles boivent, elles se conduisent comme des putes. Elles ont oublié d’où elles viennent.»

Naïma est l’héritière d’une histoire familiale chargée de l’Histoire. Sa famille, d’origine kabyle, est arrivée en France durant l’été 62. Date maudite selon son père Hamid, qui n’a quasiment jamais parlé de l’Algérie à ses filles. Date maudite aussi pour son propre père, Ali, qui avait suggéré aux siens de ne jamais préciser la date de leur arrivée en France, surtout en présence d’autres ressortissants algériens. L’été 62 est en effet le moment où sont arrivés les «harkis», ces Algériens qui ont choisi la France face au FLN.

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François Mitterrand, prince de l’ambiguité

Le Regard Libre N° 26 – Nicolas Jutzet

La vie du Charentais de la Nièvre est assurément romanesque, faite d’intrigues et de manœuvres machiavéliques. Il laisse une image brumeuse, avec des zones d’ombres vite oubliées par ceux qui, aujourd’hui encore, parviennent à s’enorgueillir d’être mitterrandistes. Une constante apparaît : son action est inlassablement guidée par une soif de pouvoir qui finira par le voir triompher de la mort. Clairement, la politique prime sur l’idéologie ; il n’a pas l’esprit de système. Bien souvent chez lui, la fin justifie les moyens.

Mitterrand ne serait pas Mitterrand si son parcours n’était que manigance et coup bas. Cet homme fit preuve de bravoure et d’éloquence, n’hésitant pas à affronter le peuple ou l’opposition quand l’intérêt supérieur de la France semblait le mériter. Un courage qui fait aujourd’hui défaut à ceux qu’il présupposait comme insignifiants en affirmant : « Je suis le dernier des grands présidents. Après moi, il n’y aura plus que des financiers et des comptables ». Il importe de tordre le cou à cette allégation. En effet, Valéry Giscard d’Estaing, son prédécesseur, était déjà ce qu’on peut appeler un comptable-financier qui, en plus d’autres qualités reconnues, excellait dans les domaines de l’économie et des finances qui suscitent au mieux le mépris dans l’esprit de son successeur. Continuer la lecture de François Mitterrand, prince de l’ambiguité