Archives par mot-clé : conseil fédéral

Joseph Deiss, un guide pratique

Le Regard Libre N° 48 – Nicolas Jutzet

L’ouvrage de l’ancien conseiller fédéral Joseph Deiss Quand un cachalot vient de tribord… Récits d’une Suisse moderne publié aux Editions de l’Aire est une petite merveille pour toute personne dotée d’une curiosité politique. Il fourmille d’anecdotes, de réflexions savoureuses et de rappels qui permettent une mise en contexte de l’histoire récente de notre pays.

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Le Conseil fédéral, plus que de la représentation

Les lundis de l’actualité – Diego Taboada

Avec l’élection au Conseil fédéral la semaine dernière, le monde politique suisse reprenait ses titres de noblesse, chahuté en Romandie par les affaires Broulis, Savary, Maudet et Barazzone. Après la prise de conscience collective que la Suisse n’est pas épargnée par les sorties de route politiciennes, c’est un retour à la «normalité», qui tombe à pic. Continuer la lecture de Le Conseil fédéral, plus que de la représentation

Et finalement, le pragmatisme s’impose

Les lundis de l’actualité – Nicolas Jutzet

C’est un plébiscite pour le Conseil fédéral! Dans un contexte international de révolte contre les élites qui seraient déconnectées des réalités du quotidien des gens,  l’expression démocratique pragmatique sortie des urnes ce dimanche 25 novembre est à saluer. Victoire sur toute la ligne pour les «sept sages».

Malgré le populisme ambiant, le Conseil fédéral maintient le cap

Obligé d’affronter deux campagnes d’une rare malhonnête intellectuelle, celle de l’initiative populaire «Le droit suisse au lieu de juges étrangers (initiative pour l’autodétermination)» et celle qui visait à refuser la modification de la base légale pour la surveillance des assurés, l’exécutif aura su se faire entendre et rallier une majorité des citoyens derrière lui. Une force tranquille.

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Pour 2018 le Conseil fédéral se dévoile, et s’anime

Les lundis de l’actualité – Nicolas Jutzet

La précédente était hiérarchique, avec un faux air d’affiche de film. Epinglée par la NZZ qui titrait « Die lächelnde Mafia » – tout en essayant de trouver le nom du film ou de la série annoncée par l’affiche – elle renvoyait une froideur et une classe finalement assez inhabituelles pour une Suisse qui se veut travailleuse, sérieuse, mais souriante et ouverte.

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Pascal Couchepin: «Personnellement, j’étais pour un ticket à deux»

Un entretien inédit préparé par Jonas Follonier et Nicolas Jutzet

Vendredi dernier 1er septembre, le groupe parlementaire PLR a tenu séance à Neuchâtel pour choisir le type de candidature qu’il souhaite lancer dans la succession à Didier Burkhalter au Conseil fédéral. Un ticket à trois a été choisi: les candidats Ignazio Cassis (le favori), Isabelle Moret et Pierre Maudet restent en lice. Réactions d’un ancien président de la Confédération libéral-radical, Pascal Couchepin.

Jonas Follonier: Ce choix d’un ticket à trois était-il une surprise pour vous?

Pascal Couchepin: Je n’ai pas été surpris, car dans ce domaine, la préoccupation tactique l’emporte souvent sur la préoccupation du fond. Personnellement, j’étais pour un ticket à deux, et non à trois. Imaginez un ticket à quatre, cinq, six, ce serait laisser les autres partis décider. Non, il est essentiel que le parti s’accorde déjà sur un ou deux noms, afin de faire une première sélection au niveau des compétences, et ne pas laisser l’entier du choix aux autres formations politiques.

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Pierre Maudet, l’arrogant du bout du lac

Regard sur l’actualité – Nicolas Jutzet

Pierre Maudet est donc officiellement candidat. Etonnant : il est pourtant connu pour son intelligence et sa clairvoyance. Sa candidature laisse percevoir cette ambition sans borne qui lui sert de boussole depuis toujours. Aveuglante ? La victoire d’un candidat latin risque de lui boucher l’horizon pour longtemps, si ce n’est à jamais. L’homme est pressé. Un destin, ça se force. En soi, l’ambition est éminemment souhaitable et respectable ; ici, le désir de l’individu risque de nuire à sa communauté.

Pour le PLR, cette annonce est un poison. Elle démontre certes que le parti compte de nombreuses personnalités de grande qualité, si le doute existait, mais elle donnera au final une mauvaise image de lui. Maudet sera vu comme le tueur de Tessinois ou l’obstacle sur lequel une femme aura chuté. Tout ça pour un jeune homme doté de charisme à défaut de colonne vertébrale philosophique solide. Un utilitariste pur jus. Maudet ne vend pas de rêve, il exécute. Sa vie est façonnée par l’Etat, il réfléchit par lui. Il est l’incarnation même de la froideur de la machine étatique. Un haut fonctionnaire brillant. Il se targue de n’être le candidat d’aucun lobby. Il en oublie sa corporation, sans doute la plus vorace. Continuer la lecture de Pierre Maudet, l’arrogant du bout du lac

Succession de Didier Burkhalter : l’illusion du jeunisme

Regard sur l’actualité – Nicolas Jutzet

A chaque fois qu’une place se libère dans notre collège, le Conseil fédéral pour les intimes, une liste allongée de critères apparaît dans les médias qui se passionnent pour un événement somme toute très peu intéressant pour le grand public : le choix d’un haut-fonctionnaire par une assemblée d’élus.

Et cette liste, arbitraire au possible, s’appuie en partie sur un article de notre chère Constitution, Art. 175 alinéa 4 : « Les diverses régions et les communautés linguistiques doivent être équitablement représentées au Conseil fédéral ». Vous avez dit vague ? Mais d’autres font partie de l’équation : égalité des sexes, capacité à gouverner, provenance géographique, connaissance de la politique fédérale. Les élus, qui défendent le « bien commun », n’aiment pas élire un externe, un gueux qui préfère agir dans son canton, ou pire, en dehors du monde politique. Corporatisme quand tu nous tiens.

Circonspect face à tant de niaiserie, j’ai toujours rêvé d’une élection en fonction des compétences, du talent, du curriculum vitae. Mais cela est très peu suisse apparement. Karin Keller Suter et Thomas Aeschi, pour prendre des exemples récents, « lassen Grüssen » comme disent nos amis outre-Sarine. Pas de tête qui dépasse, surtout pas. Continuer la lecture de Succession de Didier Burkhalter : l’illusion du jeunisme

Regard libre sur le Valais

Le Regard Libre N° 5 – Sébastien Oreiller et Jonas Follonier

Monsieur Pascal Couchepin, conseiller fédéral de 1998 à 2009, a très aimablement accepté de répondre aux questions du Regard Libre, et nous a donc reçus chez lui, dans le jardin de sa maison à Martigny.

S. O. et J. F. : Tout d’abord, un grand merci pour le temps consacré à cet entretien qui nous tenait à cœur. Cela fait maintenant cinq ans que vous n’êtes plus conseiller fédéral. Etes-vous toujours autant passionné par la politique, ou est-ce que votre regard sur celle-ci a changé ?

Pascal Couchepin : Le regard s’est détendu. Il est peut-être plus critique, pour des raisons objectives sans doute, par le fait même que je ne suis plus au cœur de la politique, par exemple. En tout cas, les problèmes actuels sont plus difficiles à résoudre. Le corps électoral réagit par vagues d’émotions.

Si l’on se replonge dans le passé de notre canton, force est de constater que les mouvements radicaux et libéraux de la Suisse moderne, devenus rapidement importants dans le Bas-Valais, ont été à l’origine d’une dynamique de modernisation, d’industrialisation et de socialisation du Vieux Pays. Selon vous, quelles ont été les grandes étapes qui ont érigé le Valais moderne ?

Le Valais fut conquis par les Romains vers 50 après J.-C. Puis, l’époque savoyarde influença fortement le Bas-Valais. Rappelons que le Prince-Evêque fut nommé Comte du Valais ; le Bas-Valais constituait un pays sujet. Si l’on regarde le patrimoine architectural de ce dernier, il est plus modeste que celui de Loèche, de Rarogne ou encore de la Vallée de Conches, ce qui témoigne de la prospérité du Haut. Continuer la lecture de Regard libre sur le Valais