Archives par mot-clé : culture

Une occasion pour la presse de se réinventer

Le Regard Libre N° 36 – Jonas Follonier

L’initiative « No Billag », aussi extrême soit-elle, aura eu le mérite de poser des questions intéressantes concernant les médias en Suisse, dont la plus importante est la suivante : voulons-nous financer des chaînes de radio et de télévision étatiques ? Le débat démocratique qui a eu lieu n’est que le début – nous l’espérons – d’une discussion plus large concernant les missions du service public de notre pays ainsi que le journalisme suisse. Continuer la lecture de Une occasion pour la presse de se réinventer

« Maria by Callas »

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

« Où cesse la parole, commence la musique, a dit l’admirable Hoffman. Et vraiment la musique est une chose trop grande pour pouvoir en parler mais, en revanche, on peut toujours la servir et toujours la respecter avec Humilité ; chanter pour moi n’est pas un acte d’Orgueil mais seulement une tentative d’élévation vers ces cieux où tout est harmonie. »

C’est en janvier 2013, seul dans sa chambre d’hôtel, que Tom Volf découvre Maria Callas, grande soprano du XXe siècle. A peine introduit à l’univers de l’opéra à ce moment-là, une véritable passion pour la chanteuse naît, lui inspirant un projet gargantuesque : faire parler « la » Callas, avec ses propres mots, et ouvrir au public la personne qu’il découvrit, différente à bien des égards de celle décrite par les médias de l’époque.

Après des années de recherches, récoltant des archives aux quatre coins de la planète, Tom Volf devient l’un des plus grands spécialistes de Maria Callas. Peu prompts à parler aux journalistes, les membres de la famille s’ouvrent pourtant à lui et lui confient des documents privés tels que lettres, photos ou films.

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Un local culturel ouvre à Neuchâtel

Le Regard Libre N° 20 – Jonas Follonier

En plein centre-ville de Neuchâtel, dans l’un des nombreux beaux immeubles de cette cité estimable, ce n’est pas un appartement d’habitation, un « open space » ou un salon de massage qui vient d’ouvrir ses portes, mais un local aménagé par des jeunes de la région soucieux de créer un espace culturel. Et pas n’importe lequel. Ni élitiste ni alternatif, le Lokart a pour vocation de servir de lieu de création et de présentation de toute forme d’art. Lors du week-end d’inauguration les 27 et 28 août derniers, j’ai pu échanger des propos avec l’un des membres fondateurs du collectif artistique.

Jonas Follonier : Bonjour, pouvez-vous nous dire d’où est née l’idée de créer un tel local ?

Mehdi Berdai : L’origine se trouve clairement dans des intérêts communs pour la culture, notamment neuchâteloise. Le noyau s’est créé autour de la danse, avec Héloïse Marcacci et moi. D’autres personnes se sont vite montrées intéressées par notre projet : Virginia Eufemi et Thierry Fivaz, tous deux passionnés de théâtre, de cinéma et d’art pictural ; Lisa Mazenauer, interessée par la photographie et l’approche du corps, ainsi que Sacha Dubois, qui nous a rejoints par la suite et qui lui a apporté la dimension théâtrale.

Ce local dans lequel nous nous trouvons me paraît être un endroit rêvé pour les amoureux de soirées culturelles et de débats (j’en fais partie). A quoi sera-t-il destiné ?

Tout d’abord, il va nous servir à donner des cours dans les domaines où nous avons une certaine expérience. Héloïse donnera des cours de danse orientale et de tribal fusion, pour ma part ce sera la danse classique. Des leçons de renforcement corporel seront proposées par nous deux. Ensuite, la salle peut aussi très bien se prêter à des soirées débats, à des vernissages d’ouvrages, etc. Enfin, le local a un potentiel cinématographique vu qu’il possède un écran. Le studio peut servir à d’autres compagnies et associations que nous, cela va de soi. Continuer la lecture de Un local culturel ouvre à Neuchâtel

Alain Finkielkraut, itinéraire d’un essayiste singulier

Le Regard Libre N° 12 – Jonas Follonier

Alain Finkielkraut est né en 1949 de parents juifs polonais tous les deux rescapés de la Shoah. Naturalisé à l’âge de un an, il estime avoir une dette envers la France qui lui a permis, à travers l’école républicaine, de devenir français en recevant la culture de son pays d’accueil, et plus particulièrement la langue et la littérature françaises.

D’abord engagé en tant que maoïste puis en tant que gauchiste dans les années 60, Finkielkraut s’est toujours distingué du socialisme dans ce qu’il avait de subversif et de totalitaire. Il faut dire que sa vie intellectuelle ressemble à celle d’un de ses modèles, Charles Péguy, car, comme le dit Yann Moix en s’adressant à l’homme qui nous intéresse : « Péguy était socialiste tout seul, peut-être même le seul socialiste digne de ce nom pendant l’affaire Dreyfus, et comme Péguy a été récupéré par la droite et qu’il n’a jamais renié une ligne de son œuvre, vous vous identifiez un petit peu à lui. Parce que finalement dans son immobilité, il a eu toujours raison. »

A ses débuts, il publie deux ouvrages avec son ami Pascal Bruckner puis s’affirme comme essayiste à force de nombreux écrits, dont La défaite de la pensée fut le premier à avoir beaucoup de succès. Cet essai ainsi que les suivants, qui se comptent en dizaines, témoignent d’une profonde cohérence et bien qu’il n’ait pas vraiment érigé un système métaphysique comme l’ont fait Platon ou Descartes, Finkielkraut a néanmoins énoncé un certain nombre d’idées construites et argumentées. Continuer la lecture de Alain Finkielkraut, itinéraire d’un essayiste singulier