Archives par mot-clé : eugène ionesco

«Le Daim»: un mauvais OCNI – objet cinématographique non identifié

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Un vrai exercice de style n’assure pas l’exercice d’un vrai cinéma. Il n’assure pas même un vrai film. La preuve en est ce Daim qui est à vomir et qui se rapproche bien davantage de la vidéo que du film. Quentin Dupieux n’est pourtant ni un réalisateur dénué de talent, ni un artiste sans esprit. Sans parler de son acteur principal, l’immense Jean Dujardin, l’un des seuls acteurs français actuels à se hisser au niveau de la reconnaissance internationale.

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Poelvoorde dans un «Au poste!» totalement absurde et génial

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Au poste!, la nouvelle comédie de Quentin Dupieux, est un huis clos dans un poste de police, où le spectateur assiste à un tête-à-tête entre un garde à vue, Fugain (Grégoire Ludig) et un commissaire, Buron (Benoît Poelvoorde). Le premier est innocent, mais il est soumis à l’interrogatoire car il a appelé la police pour signaler la présence d’un cadavre au bas de son immeuble. Or, en tant que première personne à avoir vu le cadavre, il est considéré comme le suspect numéro un. C’est pour ça.

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La Fondation Fellini pour le Cinéma se présente

Le Regard Libre N° 35 – Loris S. Musumeci

La Fondation Fellini pour le Cinéma œuvre depuis près de vingt ans au service du septième art et de sa mise en valeur au sein de la culture. Riche d’un immense patrimoine concernant le réalisateur italien Federico Fellini comme le cinéma en général, la Fondation organise des expositions dans le monde entier avec de prestigieux partenaires. En décembre dernier, elle a publié un ouvrage retraçant le parcours du cinéaste. Rencontre avec le président, Monsieur Stéphane Marti, qui nous présente les origines de la fondation, ses activités, sa mission et le nouveau livre Fellini et la Fondation Fellini. Continuer la lecture de La Fondation Fellini pour le Cinéma se présente

« Rhinocéros » ou le totalitarisme

Promenades théâtrales (5/6)

Le Regard Libre N° 18 – Loris S. Musumeci

« BERENGER. […] Contre tout le monde, je me défendrai ! Je suis le dernier homme, je le resterai jusqu’au bout ! Je ne capitule pas !
Rideau »

Certaines pièces de théâtre expriment quelque chose de tellement fort, violent ou dur, qu’elles laissent le spectateur abasourdi, collé au siège, ne sachant que dire, que faire, hésitant entre le rire ou la larme. Le Rhinocéros d’Eugène Ionesco incarne justement ce type de théâtre ; aussi la lecture seule de la pièce suffit-elle pour rester muet de stupeur et hurlant à la révolte.

L’histoire est ambiancée dans une typique petite ville de province. Le début est calme, paisible, il sent le pastis sur une terrasse ensoleillée. Midi approche, les compagnons Jean et Bérenger apparaissent sur scène chacun de leur côté pour prendre un verre au café proche de l’épicerie. On entend, par dessus la discussion des deux ainsi que des autres habitants du quartier, le silence estival de la chaleur qui craquèle le sol immobile et sec. Lorsque soudain, s’impose à l’ouïe de plus en plus fort le bruit dévastateur d’un animal qui semble être toujours plus près ; le tout accompagné d’un long barrissement. Un rhinocéros ! Continuer la lecture de « Rhinocéros » ou le totalitarisme

Pourquoi écrit-on ? Ionesco et la question des questions

Le Regard Libre N° 6 – Jonas Follonier

L’étude d’Eugène Ionesco en cours de français m’a incité à lire ses Notes et contre-notes : à la question « Pourquoi écrivez-vous ? », l’auteur de Rhinocéros répond que « si un écrivain, un auteur, me demandait, à moi, pourquoi je lis, pourquoi je vais au spectacle, je répondrais que j’y vais, non pas pour avoir des réponses mais pour avoir d’autres questions ; non pas pour acquérir la connaissance, mais, tout simplement, pour faire connaissance avec ce quelque chose, avec ce quelqu’un qu’est une œuvre. […] L’écrivain est embarrassé par les questions qu’on lui pose parce qu’il se les pose lui-même et parce qu’il s’en pose bien d’autres, parce qu’il se doute aussi qu’il y a d’autres questions qu’il pourrait se poser mais qu’il n’arrivera jamais à se poser ; encore moins à leur répondre. »

Cette pensée est d’ailleurs confondue, chez Ionesco, avec ses interrogations existentielles : « Ne sachant donc pas quel est le but de l’existence, je ne sais pas non plus tout à fait exactement pourquoi j’écris. » Et si le but de l’existence était d’écrire ? Ecrire au sens large, écrire ses pensées, écrire son destin. Et si le but de l’écriture était de vivre ?

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : © Jonas Follonier pour Le Regard Libre