Archives par mot-clé : film fantastique

NIFFF 2018 : un millésime varié

Le Regard Libre N° 41 – Thierry Fivaz

Pour sa dix-huitième édition, le Neuchâtel International Fantastic Film Festival (NIFFF) a mis les petits plats dans les grands. Pour son passage à l’âge adulte, le festival s’est offert la venue d’un David Cronenberg flamboyant pour présider son jury international et s’est également fait plaisir en installant son splendide Open Air à la place des Halles de Neuchâtel, renforçant encore davantage son lien à la cité. Mais la maturité du NIFFF irradie également à travers sa programmation riche et éclectique : cent quatre longs-métrages et soixante courts-métrages diffusés en neuf jours.

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« Diamantino » : une naïve innocence bienvenue

Neuchâtel International Fantastic Film Festival (NIFFF) – Hélène Lavoyer

Le Portugal, vainqueur de la Coupe du Monde ? La question s’est posée au NIFFF, lors du match de la finale en Russie dans le film Diamantino, qui raconte l’histoire fantastico-fantasmique du footballeur du même nom. Nous avons découvert avec émerveillement ce long-métrage de Gabriel Abrantes et Daniel Schmidt.

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«Muere, monstruo, muere» : mmmh ?

Neuchâtel International Fantastic Film Festival (NIFFF) – Jonas Follonier

Muere, monstruo, muere, présenté hier soir au NIFFF, fait partie de ces films dont on sort en osant se faire cette réflexion : « Je n’ai rien compris ; je suis incapable de formuler un résumé du film ; suis-je bête ? » Et ce n’est pas la seule question que l’on se pose. En voici une anthologie :

Quel était le sujet de ce long-métrage ? Pourquoi tant de laideur ? Le monstre que l’on voit à la fin du film, que symbolise-t-il ? Pourquoi sa gueule en forme de sexe féminin et sa longue queue à connotation phallique ? Est-ce un film non seulement de genre, mais aussi transgenre ? Ma question précédente était-elle vraiment une blague ? Qu’en est-il des personnages montrés à l’écran ? Sont-ils tous fous ? Pourquoi toutes ces longueurs ? Et quid des motards ?

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« Mandy », psychotique et psychédélique

Neuchâtel International Fantastic Film Festival – Jonas Follonier

Présenté en première suisse à la dix-huitième édition du NIFFF (Neuchâtel International Fantastic Film Festival), Mandy est le deuxième long-métrage du réalisateur George P. Cosmatos. Il met en scène un couple heureux, mais déjà bizarre, reclus dans une maison en bois au milieu d’une forêt : Red, un gaillard attendrissant (incarné par l’excellent Nicolas Cage) et Mandy, une femme qui rêvasse (interprétée par Andrea Riseborough). Vous la trouvez un peu « hippie », un peu « spirituelle » ? Vous n’avez encore rien vu. Car les fous de Jésus qui vont soudain se pointer dans cet endroit reclus et brûler vive cette dernière sous les yeux de son conjoint sont d’un tout autre type.

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« La Forme de l’Eau » : les rêveries des invisibles

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

« Incapable de percevoir ta forme, je te trouve tout autour de moi. Ta présence emplit mes yeux d’amour et rend humble mon cœur, car tu es partout. »

Le quotidien d’Elisa (Sally Hawkins) transpire d’une routine millimétrée et d’une solitude brisée par les paroles de ses deux amis – son voisin de palier Giles (Richard Jenkins) et sa collègue, Zelda (Octavia Spencer), qu’elle retrouve chaque jour en retard au laboratoire gouvernemental de Baltimore où elles récurent toute la journée.

Mais la monotonie dont semble s’accommoder Elisa, silencieuse à cause de son mutisme, éclate à l’arrivée du nouvel « atout » américain (Doug Jones), suivi de près par son geôlier Richard Strickland (Michael Shannon) et le Dr. Robert Hostettler (Michael Stuhlbarg). Enchaîné dans une piscine salée loin de son Amérique Latine natale, torturé par l’indifférence et la peur de l’altérité subie par Strickland, l’atout et l’aphone se lient sans mots.

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