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L’œil bienveillant de Xochitl Borel

Le Regard Libre N° 35 – Alexandre Wälti

La rencontre est prévue à Vevey, le 29 octobre 2017, à 14h00. Elle attend déjà sous l’arbre devant le hall de gare et tapote du pied. Le temps est gris. Il deviendra plus clément à la fin de l’entretien. Nous parlerons notamment des patronymes, des personnages et des thématiques de son roman Les Oies de l’Île Rousseau, paru en 2017 aux Editions de l’Aire.

Ce second livre est plus ambitieux que le précédent. L’Alphabet des Anges s’articulait autour de deux personnages touchants, une mère et sa fille aveugle, tandis que Les Oies de l’Île Rousseau met en scène sept destins, entre détresse et tendresse, qui gravitent surtout dans Genève.

Les Oies de l’Île Rousseau raconte les existences entrecroisées de Mehran, Farid, Majda, Tsyori, Fiora, Eva et Eliott. Sept personnages qui n’ont, au départ de la narration, rien en commun et qui se rencontrent progressivement à la suite d’un suicide. Ce drame, bien loin d’être représentatif de l’ambiance du roman, est à l’origine de l’enquête policière d’Eliott. Cette dernière agit comme un fil conducteur de l’histoire parmi d’autres.

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Être gentil, est-ce bon ou mauvais pour la survie ?

Le Regard Libre N° 25 – Léa Farine

Nous le savons tous, les abeilles sont kamikazes. Elles meurent après avoir piqué. Cependant, nous ne décelons pas forcément le paradoxe, de type évolutionniste, caché derrière ce comportement. En effet, le cas particulier des abeilles piqueuses contrevient aux lois générales de l’évolution. Nous devons donc l’expliquer si nous voulons conserver ces lois.

Pour bien comprendre, il nous faut d’abord exposer la loi générale évolutionniste, applicable à toutes les espèces animales. Chaque individu est guidé par une mécanique interne qui le pousse à essayer de survivre et de se reproduire. Au sein d’une même espèce, plus un individu vit longtemps et plus il a de petits par rapport aux autres individus de la même espèce sur le même genre de territoire, plus il est viable. Le terme évolutionniste spécifique pour la viabilité est « fitness ». Prenons l’exemple de deux girafes femelles : une girafe qui a vécu dix ans et qui a eu trois petits a une fitness plus élevée qu’une girafe ayant vécu neuf ans et qui a eu trois petits.

Les individus ayant une fitness élevée sont logiquement ceux dont le patrimoine génétique leur permet une bonne adaptation à l’environnement. Admettons que les premières girafes avaient un cou généralement plutôt court, avec des variations entre les individus. Les girafes avec un cou un peu plus long vivaient un peu plus longtemps, parce qu’elles pouvaient mieux manger les feuilles d’acacia, et elles avaient donc plus de petits, transmettant ainsi plus largement le gène responsable de la longueur du cou. Les petits girafons au cou plus long étaient également plus viables et donc, transmettaient à leur tour le ou les gènes responsables de la longueur du coup. Jusqu’aux girafes d’aujourd’hui, parfaitement adaptées à la consommation de feuilles d’acacia grâce à leur très long cou. Continuer la lecture de Être gentil, est-ce bon ou mauvais pour la survie ?