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Qu’est-ce qu’une œuvre musicale ?

Le Regard Libre N° 18 – Jonas Follonier

La philosophie, telle que nous l’entendons ici, aime poser des questions et y apporter des réponses rationnelles. De nombreuses questions philosophiques commencent par « Qu’est-ce que… ? ». Dans ce genre d’entreprises, il s’agit de chercher le genre de réalité que possède la chose que nous étudions, de faire une ontologie. Le présent article vise à proposer une ontologie de l’œuvre d’art, et plus spécifiquement de l’œuvre musicale.

Nombreuses sont les théories proposant une ontologie de l’œuvre d’art. La première d’entre elles, la plus primaire dirions-nous avec retenue, est la théorie physicaliste. Celle-ci identifie l’œuvre d’art à un objet possédant des propriétés physiques. Essayons de penser comme les physicalistes. Deux objets physiques s’offrent alors à nous pour décrire la réalité d’une œuvre musicale : ou bien celle-ci est identique à une partition, ou bien elle est identique à une interprétation.

Prenons la première hypothèse et voyons les problèmes qu’elle pose. Premièrement, si la partition de La Bohème était détruite, cela voudrait dire que cette chanson d’Aznavour serait détruite : cela est absurde. Deuxièmement, une œuvre musicale s’écoute, tandis qu’une partition se lit. Ensuite, à quelle partition faudrait-il identifier une œuvre musicale pour laquelle il en existe plusieurs ? Si c’est à son manuscrit, cela impliquerait que les personnes qui ont eu la chance de voir le mansucrit connaissent mieux l’œuvre en question que les autres. Une telle possibilité est invraisemblable. Continuer la lecture de Qu’est-ce qu’une œuvre musicale ?

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Les polnarévolutions

Article partagé par Michel Polnareff sur sa page Facebook officielle le 4 août 2016.

Le Regard Libre N° 8 – Jonas Follonier

Qui est Michel Polnareff ? Que peut-on retenir de son œuvre, de ses révolutions musicales ? Tels seront les deux grands défis de cet article, auxquels je vous invite naturellement à vous intéresser : le jeu en vaut la chandelle. En effet, méfiez-vous de l’image que vous vous faites de cet homme, qui, bien au-delà de ses lunettes et cheveux blonds ondulés qui le caractérisent pour un public large, n’est rien d’autre qu’un génie.

C’est dans la froideur et la tristesse d’une enfance rythmée par le ceinturon facile de son père et la pression qu’il subissait quant à son niveau musical que le jeune Michel, très bon élève, s’avéra très vite (et dut surtout s’avérer) être un pianiste virtuose. La rigueur extrême et étouffante de son cadre familial le poussa à claquer la porte de son foyer à l’âge de vingt ans pour aller, beatnik, jouer de la guitare sur les marches du Sacré-Cœur.

Il est donc très important de bien prendre en compte l’ambivalence qu’il y eut durant son enfance entre le bagage musical classique qu’il acquit et la cruauté du père : par exemple, son fils lui ayant demandé qu’il lui achète une fleur pour l’offrir à une jeune fille qu’il convoitait, L. Polnareff alla acheter un cactus pour son fils pourtant très sage. Ce dernier pointant une mine surprise, l’autorité paternelle lui jeta le cactus à la figure. Continuer la lecture de Les polnarévolutions