Archives par mot-clé : jean-luc mélenchon

Des gauches inconciliables

Le Regard Libre N° 48 – Jonas Follonier

Quelques actualités illustrent une réalité politique bien peu discutée et pourtant intéressante et fondamentale: la présence dans le paysage idéologique contemporain de diverses gauches inconciliables. Voici trois exemples.

Premièrement, la loi sur la laïcité de l’Etat de Genève acceptée par la population genevoise le 10 février dernier a résulté de débats de deux ans au parlement. Le Parti socialiste, les Verts et Ensemble à gauche ont passé leur temps à taxer cette disposition légale de liberticide, discriminatoire et même islamophobe.

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La France insoumise, l’illusion collective

Les lundis de l’actualité – Nicolas Jutzet

Les perquisitions du 16 octobre dernier pourraient bien se transformer en véritable «sparadrap du Capitaine Haddock». Des jours après cet épisode mouvementé, la tension semble toujours à son comble. Se muant en feuilleton sans fin, l’épisode en question risque bien de porter un coup fatal aux ambitions de ceux qui se voyaient en premiers opposants du président Macron. Bien plus que la perquisition du siège du parti en elle-même, et ses excès que nous connaissons désormais tous, c’est la gestion de la crise qui laisse supposer que le tribun populiste et ses acolytes sont tout sauf prêts à incarner une force d’opposition crédible, tant leur capacité à gouverner est désormais sujette à caution.

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Macron – Le Pen, enfin un vrai duel !

Le Regard Libre N° 27 – Jonas Follonier

Nous l’attendions, au Regard Libre, cette fin de l’ancien clivage gauche-droite, tant désuet. Nous l’attendions, ce coup de poing aux partis traditionnels français, surtout au PS. Quels que soient ceux des onzes candidats que nous aurions voulu voir accéder au second tour, une joie nous saisit. Celle de voir enfin s’affronter deux candidats autour de la vraie opposition idéologique qui marque notre temps : le libéralisme contre la souverainisme ; le progressisme contre le conservatisme.

J’ai pour ma part la particularité, ou peut-être la naïveté, de penser que ces deux tendances ne sont pas inconciliables. Oui, je crois au progès, et oui, j’estime qu’il existe des choses à conserver urgemment. De la même façon, je suis convaincu que les étiquettes de « libéral » et de « réactionnaire » ne sont pas antinomiques, mais peuvent former une position très intéressante. Qu’y aurait-il d’incohérent à soutenir le libre marché tout en militant pour revenir en arrière sur des questions liées à l’éducation, par exemple ? Continuer la lecture de Macron – Le Pen, enfin un vrai duel !

Le paradoxe du succès de Jean-Luc Mélenchon

Regard sur l’actualité – Jonas Follonier

C’est le nouveau rebondissement qui s’ajoute à cette campagne présidentielle hors du commun. Devancé par Benoît Hamon il y a quelques semaines, Jean-Luc Mélenchon est désormais le troisième homme dans la course à l’Elysée (de 18% à 20% selon les sondages), derrière les deux favoris Marine Le Pen et Emmanuel Macron qui peinent à se maintenir à leur hauteur et devant François Fillon qui se situe à environ 17%. Bien que les sondages – cela s’est avéré ces derniers temps – peuvent être démentis le jour de l’élection, ils donnent néanmoins de bonnes indications sur la tendance du moment.

Cette tendance, nous pouvons la comprendre. Jean-Luc Mélenchon mène en effet une campagne très intelligente, et plusieurs éléments semblent susceptibles d’expliquer sa rapide remontée. Tout d’abord, sa constance et sa précision : tenant le même discours depuis le début de la campagne, Mélenchon est le premier à avoir présenté son programme aux Français et à l’avoir chiffré. Sa franchise aussi. S’il s’avère impossible de sortir d’une manière ou d’une autre des traités européens, son plan B est clair : la France quittera l’Union européenne. Sur ces sujets, la candidate frontiste est par exemple plus ambiguë. Continuer la lecture de Le paradoxe du succès de Jean-Luc Mélenchon

Les trois petits cochons

Le Regard Libre N° 24 – Jonas Follonier

Le 29 janvier dernier, Benoît Hamon a donc été choisi pour être le candidat socialiste à la présidence de la République française, devançant de beaucoup son adversaire, Manuel Valls. Cet événement atteste que les nostalgiques d’une gauche bien à gauche ne sont pas tous partis du Parti socialiste français pour aller rejoindre Jean-Luc Mélenchon ou Marine Le Pen. Ils se trouvent également à l’intérieur même du parti. On les appelle les frondeurs. Et cette élection nous montre qu’ils sont majoritaires au sein de leur camp.

Je déplore le choix des militants socialistes.Manuel Valls, malgré tous ses défauts, incarnait la réunion de deux tendances : un certain libéralisme sur les questions économiques et une approche très ferme en ce qui concerne les valeurs républicaines. En somme, tout comme Hollande, Valls semble regarder la réalité d’aujourd’hui telle qu’elle est. Pendant ce temps, Benoît Hamon croit être moderne en promettant un revenu de base universel. Continuer la lecture de Les trois petits cochons

La gauche française…

Regard sur l’actualité – Jonas Follonier

Cinq mois avant les présidentielles françaises, la gauche se dessine. La première chose qu’il convient de remarquer, c’est qu’il y aura trop de candidats. La dispersion des voix constitue un piège que les ténors du côté babord de l’échiquier politique français auraient pu, et dû, éviter. De l’extrême gauche au centre-gauche, on pourrait bien compter pas moins de six candidats (et sans doute plus) : une écologiste, un(e) anti-capitaliste, un communiste, une radicale de gauche, un(e) socialiste, un libéral progressiste et peut-être encore d’autres !

Clairement, il s’agit d’un gros n’importe quoi. Yannick Jadot, le candidat vainqueur de la primaire d’Europe Ecologie Les Verts, est inconnu du peuple. Philippe Poutou, du Nouveau Parti Anticapitaliste, reconnaîtrait, s’il avait un peu de décence, que sa candidature consiste en une farce, de mauvais goût qui plus est. Sylvia Pinel, elle, s’est autoproclamée candidate du Parti radical de gauche ; un peu d’histoire du radicalisme lui rappellerait que ne pas passer par une primaire revient à bafouer la philosophie qu’elle est censée porter. Continuer la lecture de La gauche française…