Archives par mot-clé : martigny

Pierre Soulages et son «outrenoir» interrogent les regards à la Fondation Gianadda

Le Regard Libre N° 42 – Loris S. Musumeci

Après une exposition sur Cézanne l’année dernière et une autre sur Toulouse-Lautrec en début d’année – plus classiques en leur genre – le visiteur de la Fondation Pierre Gianadda à Martigny, en Valais, se retrouve face à un Pierre Soulages plutôt surprenant. La salle principale est métamorphosée: du blanc, du noir. Contraste avec la douceur des peintures figurant la Sainte-Victoire et les portraits paysans de Cézanne ou la Belle Epoque chaude et enjouée de Toulouse-Lautrec. L’exposition «Soulages: Une rétrospective» est à voir jusqu’au 25 novembre.

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WhiteFrontier, du freestyle à la bière

Les vendredis de la microbrasserie – Florent Aymon

Après quelques semaines de découvertes brassicoles dans le canton de Vaud, retour en Valais pour découvrir une brasserie bien connue dans le monde du Freestyle, White Frontier. En effet, rien de tel qu’une bonne bière après un bon gros run sur des kickers monstrueux à Verbier, ou en rentrant d’une bonne journée d’escalade sur la Pierre Avoi. Continuer la lecture de WhiteFrontier, du freestyle à la bière

Toulouse-Lautrec convie la Belle Epoque à la Fondation Gianadda

Le Regard Libre N° 36 – Loris S. Musumeci La Fondation Gianadda à Martigny, en Valais, place à l’honneur affiches et estampes d’Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901). L’exposition, «Toulouse-Lautrec à La Belle Epoque», offre jusqu’au 10 juin un voyage dans une collection privée, pour savourer picturalement les plaisirs des lupanars de Montmartre et s’asseoir aux divans des … Continuer la lecture de Toulouse-Lautrec convie la Belle Epoque à la Fondation Gianadda

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Cézanne rayonnant à la Fondation Gianadda

Le Regard Libre N° 31 – Loris S. Musumeci et Jonas Follonier

La Fondation Pierre Gianadda, à Martigny, en Valais, accueille une centaine d’œuvres du maître d’Aix. L’exposition se tient du 16 juin au 19 novembre. Se laissant apprécier pour ses tonalités variées, elle place à l’honneur autant les portraits que les natures mortes ou les paysages de Cézanne. Ces derniers gardent cependant un rôle particulier à jouer : ouvrez grand votre esprit, les terres du peintre se mettent à chanter.

Après un passage des impressionnistes Degas, Manet, Gauguin, Van Gogh, Morisot, Renoir et Monet, c’est Paul Cézanne qui habite les murs de la Fondation artistique. Il est d’ailleurs un emblème de ce mouvement. Père de la modernité picturale, il choqua par son style épais et tacheté. Il permit l’audacieuse innovation d’une lumière qui fait vivre autant les paysages que les visages. Cela ne se déploya pas sans un manque de reconnaissance à son époque, et une grande solitude.

Un titre symphonique

Daniel Marchesseau, commissaire de l’exposition, s’est tout naturellement inspiré de l’état d’âme du personnage pour le choix du titre : Le Chant de la Terre. C’est le nom d’une symphonie de Mahler, dont les liens à Cézanne paraissent parler d’eux-mêmes. Dans un entretien au Figaro, le commissaire expliquait : « Ce sentiment de terrien qui est celui de Cézanne, ce marcheur accroché à sa lande, à sa terre, mort après avoir peint des heures sous la pluie, m’a semblé en profonde résonnance avec Le Chant de la Terre de Mahler. J’ai réécouté cet ensemble de lieder écrit pour voix seule : Cézanne lui aussi est seul, et l’orchestration de ses coloris, de ses panoramas, de ses mondes intérieurs, donne à sa peinture une dimension symphonique. La rencontre avec Mahler m’a semblé naturelle. » Continuer la lecture de Cézanne rayonnant à la Fondation Gianadda

«Deux petits pas sur le sable mouillé»

Le Regard Libre N° 3 – Loris S. Musumeci

L’histoire commence sur une plage, quand Anne-Dauphine remarque que sa petite fille marche d’un pas un peu hésitant, son pied pointant vers l’extérieur.

Après une séries d’examens, les médecins découvrent que Thaïs est atteinte d’une maladie génétique orpheline. Elle vient de fêter ses deux ans et il ne lui reste plus que quelques mois à vivre. Alors l’auteur fait une promesse à sa fille: «Tu vas avoir une belle vie. Pas une vie comme les autres petites filles, mais une vie dont tu pourras être fière. Et où tu ne manqueras jamais d’amour.»

Ce livre raconte l’histoire de cette promesse et la beauté de cet amour. Tout ce qu’un couple, une famille, des amis, une nounou sont capables de mobiliser et de donner.

«Il faut ajouter de la vie aux jours, lorsqu’on ne peut plus ajouter de jours à la vie.»

Le vendredi 11 avril dernier, à Martigny, j’ai fait l’incroyable rencontre d’Anne-Dauphine Julliand. Son témoignage de vie est un véritable hymne au bonheur et à l’amour.

Anne-Dauphine et Loïc, son mari, ont quatre merveilleux enfants: Gaspard, Thaïs, Azylis et Arthur. Cependant, seuls trois sont physiquement vivants. Thaïs est morte à l’âge de trois ans, d’une maladie au nom barbare: la leucodystrophie métachromatique. Ce nom fait peur. Peur! Une peur qui aurait paralysé le bonheur de la petite famille à jamais, comme l’avait tout de suite pensé Anne-Dauphine à l’annonce de cette tragédie. D’autant plus qu’elle attendait un enfant en ce temps; d’autre part, les médecins avaient été clairs: «Il y a une chance sur quatre que votre prochain enfant soit atteint de la même maladie.» La petite Azylis est née avec la même maladie génétique que sa sœur. Elle a été traitée depuis sa naissance; mais la leucodystrophie étant une maladie incurable, ces traitements ne font que ralentir la dégénérescence. Azylis est aujourd’hui âgée de sept ans et demeure complètement dépendante car elle a développé de très lourds handicaps. Elle ne peut pas marcher, ni parler, ni se nourrir…

Pourtant, Anne-Dauphine et sa famille sont profondément heureux! Mais comment est-ce possible? Comment garder le courage et la volonté de vivre dans une telle situation?

S’ils sont heureux, c’est parce qu’ils ont la force de, chaque jour, choisir la vie, lui dire «oui». «Nous serons unis dans cette épreuve. C’est notre vie. Et nous allons la vivre.»

Que faire d’un enfant à qui il ne reste que quelques mois à vivre, comme Thaïs? – L’aimer!
Que faire d’un enfant malade comme Azylis? – L’aimer!
Que faire de deux enfants en bonne santé comme Gaspard et Arthur? – Les aimer!

Evidemment, Anne-Dauphine déclare ne pas être toujours joyeuse dans son bonheur: elle a aussi de grands moments de tristesse, lorsqu’elle repense à sa Thaïs et qu’elle aimerait la serrer dans ces bras pour un instant seulement ou qu’elle aimerait voir sa princesse Azylis guérir. Toutefois, ces moments de douleurs font aussi partie du bonheur. Ce bonheur qui se choisit se vit dans la beauté de l’instant présent.

A travers la thématique du bonheur, le témoignage d’Anne-Dauphine Julliand fait beaucoup réfléchir sur la véritable valeur de la vie. Thaïs n’a pas eu une vie très longue, mais intense. Et ce qui fait la valeur et la beauté d’une vie, ce n’est pas son étendue dans le temps mais son intensité dans le présent. Du côté d’Azylis, malgré son très lourd handicap, elle peut tout de même faire l’essentiel: aimer. «Rien que par son regard, Azylis me transmet un tel amour, comme aucune parole ou aucun geste ne pourraient le faire.»

«Une belle vie, ce n’est pas une vie où il n’y a pas d’épreuve. C’est une vie où on surmonte ces épreuves.» Anne-Dauphine nous montre par son témoignage de vie qu’épreuves (autant difficiles soient-elles) et bonheur sont en parfait accord. Nous pouvons donc tous être heureux!

Ecrire à l’auteur: loris.musumeci@leregardlibre.com

Crédit photo: © Loris S. Musumeci pour Le Regard Libre