Archives par mot-clé : première guerre mondiale

Jacques Pilet nous emmène dans la Suisse d’il y a un siècle

Les bouquins du mardi – Jonas Follonier

Le journaliste suisse Jacques Pilet a sorti en août dernier son deuxième roman aux Editions de l’Aire, Hôtel Belvédère. A sa lecture, nous nous plongeons dans la Suisse de 1914. Au sein d’une Europe en feu, un jeune fils de paysan veveysan, Jules, qui découvre l’amour avec une étudiante russe et décide de partir en Afrique. Un récit prenant, qui nous parle de l’Histoire tragique au moyen d’une histoire sympathique.

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Didier Burkhalter, vision d’une «Terre Minée»

Les bouquins du mardi – Hélène Lavoyer

Extrait de notre dossier spécial Didier Burkhalter contenu dans notre numéro d’avril, en commande ici

Lorsqu’un ancien politicien se met à écrire des romans, il peut être compliqué de séparer l’œuvre artistique de l’auteur et de la personnalité politique. Didier Burkhalter, dès le lendemain de sa démission, se mit à la rédaction de son premier ouvrage qui parut quelques semaines à peine après le début de ce nouveau chapitre de sa vie. Depuis ce premier livre intitulé Enfance de terre, trois autres ont été publiés aux éditions de L’Aire. Le dernier en date, Terre Minée (arrivé le 25 mars dans les librairies de Suisse romande), fait suite au roman Mer Porteuse, dont il explique que «les personnages sont revenus frapper à la porte de [son] cœur».

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«Retour à Buenos Aires»: long fleuve tranquille

Le Regard Libre N° 39 – Nicolas Jutzet

Publié par Slatkine & Cie, le récit de l’auteur français Daniel Fohr nous emmène à l’aventure. Les pistes de réflexion sont nombreuses, et l’histoire relatée par le littérateur nous plonge dans un passé qui sent bon la nostalgie.

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« Una questione privata »

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

Ballotté entre les réminiscences du visage de Fulvia, dont les yeux seuls lui inspiraient bien plus de romances que les pages écorchées des livres qu’il traduisait, et l’actualité oppressante de la guerre contre les fascistes, Miton perce le brouillard insondable dont son quotidien est à présent constitué.

Engagé, déterminé, il n’aura de cesse de chercher l’un de ces « cafards » afin de l’échanger pour son ami de toujours. Mais de l’amitié ou de la souffrance née d’une trahison, laquelle des deux pousse le dandy à vouloir tant récupérer « son » Giorgio ? Car malgré l’amour et la fidélité portée vers lui, le retrouver signifierait également savoir : a-t-il aimé Fulvia, lui aussi ? Et à quel point ? Leurs escapades nocturnes, dont Milton n’avait connaissance, étaient-elles aussi innocentes que la farouche Fulvia ? Continuer la lecture de « Una questione privata »

Simone Weil et le sentiment national

Le Regard Libre N° 29 – Jonas Follonier

En cette veille du mois d’août et de la célébration de notre belle Suisse, jetons un regard sur une grande femme du XXe siècle, qui à travers sa vie et son œuvre a marqué à jamais la philosophie européenne. Simone Weil, avec un W, à ne pas confondre avec la femme politique qui vient de nous quitter.

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Pourquoi il faut aller voir « Churchill »

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Nous sommes au début du mois de juin 1944. Dans quelques jours, le plus grand débarquement de la Seconde Guerre mondiale aura lieu, qui ouvrira la célèbre bataille de Normandie. Le plan de cette opération nommée « Overlord » a été préparé depuis des mois, amélioré, perfectionné. Les Alliés débarqueront sur la côte pour libérer la France et enfin en finir avec la guerre. Un seul homme doute de cette dernière opération : Winston Churchill.

Cette hésitation, étalée sur plusieurs mois avant le « D-Day », jour du débarquement, Jonathan Teplitzky a décidé d’en faire un film, et de concentrer les tracas du Premier ministre britannique sur quelques jours. Une réussite absolue, à en juger par la qualité artistique de ce long-métrage de presque deux heures et du grand moment historique qu’il met en lumière. Continuer la lecture de Pourquoi il faut aller voir « Churchill »

La tolérance, ce n’est pas tout accepter

Le Regard Libre N° 18 – Jonas Follonier Dans la philosophie politique, une question mérite qu’on y porte toute notre attention, vu les situations inédites auxquelles sont confrontées nos sociétés occidentales actuelles. Un grand changement est survenu ces dernières décennies. Il ne s’agit pas de la technologie, vieille comme le monde, ni des bouleversements écologiques, eux … Continuer la lecture de La tolérance, ce n’est pas tout accepter

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«Le docteur Jivago» de David Lean, un film monumental

Le Regard Libre N° 1 – Sébastien Oreiller

Récompensé par l’Oscar du Meilleur Film, Le Docteur Jivago, réalisé par David Lean et produit par Carlo Ponti, est une adaptation du roman de Boris Pasternark (1890-1960), sorti en salles cinq ans après la mort de l’auteur, en pleine guerre froide. Censuré par le gouvernement soviétique, le roman, dont l’action s’étend sur près de trente ans, dresse le portrait de la Russie depuis la Révolution d’Octobre jusqu’à la période stalinienne.

Le film s’ouvre sur la rencontre, en plein chantier soviétique, du général Yevgraf Jivago, et d’une jeune ouvrière qui ne serait autre que sa nièce, la fille du poète Youri Jivago et de son amante Larissa. Devant la perplexité de la jeune femme, le général lui raconte l’histoire du docteur Jivago, né en Sibérie avant d’être recueilli à la mort de sa mère par des amis issus de la bourgeoisie moscovite. C’est dans cette cité qu’il étudie la médecine avant d’épouser son amie de longue date, Tonia.

Parallèlement, le spectateur découvre l’existence de Larissa, jeune fille issue de la classe commerçante mais mariée à un bolchevik. Youri et Larissa finissent par se rencontrer, sans que rien ne laisse présager de leur future romance. Ce n’est que bien des années plus tard, lorsque les Jivago emménagent en Sibérie après les expropriations du régime soviétique, que Youri et Lara se retrouvent et deviennent amants, alors que Tonia est enceinte. Malheureusement, Youri est enrôlé de force dans l’armée blanche pendant plusieurs mois, et découvre à son retour que sa femme et son fils ont fui vers l’Europe. Lara et Youri décident de quitter la Russie, mais se trouvent séparés une ultime fois. Jivago meurt plusieurs années plus tard à Moscou, sans avoir retrouvé Larissa.

Le Docteur Jivago est un film monumental, tant par sa qualité cinématographique que son fond historique. Il parvient, en trois heures, à retracer trente ans d’une Russie troublée par les révolutions, la guerre civile, et les ravages du stalinisme. L’atmosphère bouillonnante du pays au crépuscule de la Première Guerre mondiale est rendue à merveille de par les tensions entre deux milieux opposés, celui de la bourgeoisie incarnée par la famille de Tonia, et le prolétariat exaspéré à travers le personnage de Pachka, mari de Larissa. En tant que médecin, Youri Jivago est amené à combattre les sévices de la guerre et de la pauvreté, ce qui fait de lui un personnage ambivalent entre les deux classes sociales, sous le regard glacial de la Sibérie.

En ce qui concerne la production elle-même, tous les ingrédients d’un chef d’œuvre cinématographique sont réunis dans ce film, les acteurs d’abord, puis le cadre. Certains des plus grands noms du cinéma sont présents, parmi lesquels Omar Sharif, qui incarne le docteur Jivago, Géraldine Chaplin dans le rôle de sa femme, Alec Guinness dans celui du général Yevgraf Jivago, et Klaus Kinski, qui fait une brève apparition dans la scène du train. Le décor, grandiose, offre des paysages à couper le souffle, à si méprendre avec les vraies montagnes russes – le film, évidemment, n’a pas été tourné en Russie, pays où il ne sera autorisé qu’en 1994. Toutefois, plus que tous les grands acteurs au monde, c’est surtout la mélodie de Maurice Jarre, célèbre compositeur de musique de films, qui fait le charme intemporel de ce film, bercé par le son de la balalaïka.

Le Docteur Jivago est donc un long-métrage qui demeure l’un des plus grands films de l’histoire du cinéma, auréolé d’un succès intemporel. Si trois heures de projection ne suffisent pas à combler soif d’évasion et passion poétique, le roman de Pasternark fournira sans doute une mine de nouvelles perspectives non seulement sur Youri et Lara, mais aussi sur la grande Russie qui ne cesse aujourd’hui de renouveler à travers des séries télévisées et des comédies musicales sa fascination pour une œuvre injustement censurée.