Archives par mot-clé : proche-orient

Kurdistan irakien, l’indépendance impossible

Regard sur l’actualité – Clément Guntern

Le 25 septembre dernier, le Kurdistan irakien organisait un référendum sur une indépendance éventuelle vis-à-vis de l’Etat irakien. Le résultat du vote s’annonçait joué d’avance tant on connaît la volonté du peuple kurde de vivre sous ses propres lois, bien que la région jouisse d’une grande autonomie depuis l’entrée en vigueur de la constitution de 2005. Ce vote, du point de vue kurde, n’est que l’aboutissement logique des événements qui ont suivi la montée de l’organisation « Etat islamique » en Irak et en Syrie et contre laquelle les forces kurdes ont activement mené de violents combats.

Le Kurdistan irakien et ses combattants peshmergas se sont battus aux côtés du gouvernement fédéral ainsi que de la coalition menée par les Etats-Unis et ont réussi à repousser les forces islamistes hors d’Irak au prix de nombreuses victimes. Après avoir été l’une des pièces maîtresses de la libération du pays et s’être considérablement renforcé en tant que région, le Kurdistan irakien, par son président, a trouvé assez de légitimité pour lancer un référendum sur l’indépendance. C’était sans compter sur les jeux entre puissances au Proche et Moyen-Orient. En effet, tous les pays de la région, de même que les Occidentaux et la Russie, se sont opposés à ce vote pour des motifs différents. Pourtant, le scrutin a eu lieu et Bagdad a immédiatement pris des mesures contre la région autonome, tout en ne fermant pas la porte à des discussions. Continuer la lecture de Kurdistan irakien, l’indépendance impossible

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Ontologie de la beauté

Le Regard Libre N° 12 – Sébastien Oreiller

Quand Nietzsche crut renverser la morale ancienne, la morale du bien et du mal, pour la remplacer par celle, plus exigeante, du bon et du mauvais, il ne fit que remplacer une philosophie du comportement, une philosophie éthique dirions-nous, par une moralité plus froide et plus distante, peut-être même plus dangereuse. Nous semblons avoir pris la fâcheuse habitude depuis vingt-cinq siècles, c’est-à-dire depuis Socrate et surtout depuis Platon, de lier l’essence au bien, de ne plus être capable d’admirer l’être en soi sans le rattacher, d’une manière ou d’une autre, à la perfection de l’acte humain, loin de là l’ingénuité morale qui avait marqué leurs prédécesseurs. Il me semble être une philosophie plus exigeante et plus noble, d’autant plus détachée des médiocrités quotidiennes qu’elle est elle-même intrinsèquement liée à l’être, je veux parler de la philosophie du beau en tant que tel.

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