Archives par mot-clé : quentin mouron

«Las de penser la crise, nous nous sommes mis à la réciter»

CHRONIQUE, Quentin Mouron | Dans sa lettre à Jamblique, Porphyre le mettait en garde contre la tentation d’accéder à Dieu – ou à l’Un – autrement que par l’usage patient de la raison. Dans sa réponse, connue sous le nom de «De Mysteriis», Jamblique défend sa propre compréhension de l’union avec Dieu qui, dit-il, ne peut se faire ni par la compréhension de la théologie, ni par la maîtrise des concepts philosophiques, mais bien par la pratique active de la théurgie. L’emploi de la discursivité rationnelle – et, partant, de la dialectique – se voit ainsi subordonné à la pure scansion des formules magiques et des invocations, les mots acquérant le statut de reliques enchantées maniées pour leur sonorité, pour leur matérialité, en dehors de toute exigence sémantique, en dehors de tout système linguistique.

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Le monde selon Quentin Mouron: Les naturistes

CHRONIQUE, Quentin Mouron | La nature est à la mode. Soins naturels, nourriture biologique, broussailles de poils au torse et au cul, darwinisme social, transphobie orageuse, l’obsession naturiste prend des formes diverses et touche des groupes sociaux hétérogènes, parfois hostiles entre eux. Qu’y a-t-il de commun entre le cadre urbain possédé par la nourriture biologique et l’homophobe bas de plafond qui considère qu’il y a «quelque chose de louche à voir deux mecs se galocher»? Qu’y a-t-il de commun entre celui qui revendique de laisser crever les vieux du coronavirus et celui qui ne «s’épilera jamais nulle part parce que cela n’est pas naturel»? Demandez-leur, ils vous le diront: il n’y a aucun point commun.

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Quentin Mouron: «L’art m’a toujours semblé un artifice»

ENTRETIEN LONG FORMAT, Jonas Follonier | Il est décrit comme le «Houellebecq suisse». Quentin Mouron pourrait tout aussi bien être considéré comme le «Beigbeder suisse». Comme le quinquagénaire français, il cultive une image de bad boy bien sapé, de dandy décadent. Comme le quinquagénaire français, ses œuvres sont plongées dans l’atmosphère des points limites, des bars classes, mais glauques, de la «vulgarité de la bourgeoisie» comme chante Thiéfaine, du sang et de la blanche. Comme le quinquagénaire français, il utilise l’astuce du double littéraire pour peindre avec distance, mais panache, ses paradoxes personnels, jusqu’à pointer ceux de la société entière. Sauf que Quentin Mouron, lui, a la trentaine, et c’est déjà une petite star dans l’univers littéraire francophone. En fin d’année dernière (nous aurions voulu écrire avant le monde de maintenant, qui aurait été le  monde d’après), l’auteur canado-suisse a publié un ouvrage-concept, composé d’un essai sur l’écrivain décadent Jean Lorrain (1855-1906) et d’une nouvelle édition de son roman L’Age de l’héroïne. Le fil rouge  de ces deux textes? La volonté pour leurs figures centrales de s’échapper du monde – volonté qui se solde par une impossibilité. Quoique… L’art ne fait-il pas office de porte de secours? A Quentin Mouron de nous le dire, sans oublier de démolir toute l’époque au passage – y compris le milieu littéraire.

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Franck, un héros «hors du monde»

ARTICLE LONG FORMAT, Ivan Garcia | Dans deux de ses romans, Quentin Mouron met en scène les aventures d’un détective privé cynique qui, malgré son flair, est souvent à côté de la plaque. Une manière de dépeindre la perte de sens contemporaine.

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En route pour Vesoul!

Ce roman fait la part belle à l’usage de la parodie et du grotesque en grossissant, entre autres, les stéréotypes ou les clichés dont notre imaginaire collectif regorge.

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