Archives par mot-clé : santé

« La cité lassitude » : du fonctionnaire d’Etat ressurgit l’adolescent rêveur

Les lettres romandes du mardi – Loris S. Musumeci

« Mathias aimait la vie, mais se gardait de tout ce qui lui donnait un parfum doucereux ou consolateur. Les filles et le jazz l’attiraient davantage pour leur part de rugueux mystère que pour leur facile beauté et s’il ne papillonnait que brièvement dans le camp des fragiles conquêtes, c’est qu’il craignait encore de s’y consumer. Une part de lui était devenue méfiante et répugnait à l’abandon qui dévore. Il devinait bien qu’il était charmeur, mais il pensait devoir son attraction à l’originalité de ses idées et non à la finesse de ses traits. Son ego et ses succès le trompaient. Il était juste attachant nigaud quand il se croyait profond raisonneur. »

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La musicothérapie : un remède d’exception

Le Regard Libre N° 31 – Hélène Lavoyer

Utilisée aujourd’hui dans de nombreux hôpitaux et cabinets, la musicothérapie permet d’améliorer la qualité de vie de personnes souffrant de dépression, mais pas seulement ; rythmes et sons permettent aux patients atteints de schizophrénie de rétablir la communication avec le monde extérieur, aux personnes atteintes d’Alzheimer de retrouver des souvenirs qu’ils pensaient oubliés à jamais, et soulage certains symptômes de l’autisme.

Un succès intemporel

C’est en 1729, dans Medicina Musica, que Richard Browne expose pour la première fois une théorie décrivant l’utilisation de la musique dans le domaine médical. Il n’est pourtant pas le premier, et de loin, à avoir pensé à son utilité. La musique, présente sous forme de rythmes tambourinés ou de chants, est présente dans le quotidien des Hommes depuis bien longtemps. Dans la Bible, le roi Saül fut guéri de l’esprit malin par David, qui vint lui jouer de la harpe. Le monde antique grec, qui étudiait la musique comme une science mathématique, considérait déjà les bienfaits de celle-ci pour réguler passions et humeurs, mais pas seulement ! Aux quatre coins du monde et depuis des millénaires, la musique est présente, soigne, « adoucit les mœurs ». Le chamanisme amérindien, lui aussi, offre aux cercles rythmiques une place de choix. Continuer la lecture de La musicothérapie : un remède d’exception

Des insectes dans l’assiette ?

Regard sur l’actualité – Hélène Lavoyer

Cette semaine, un évènement tout suisse a su ne pas être éclipsé par les tristes nouvelles de Barcelone et les aventures trumpiennes : l’annonce du début des steaks… de grillons, vers et criquets. « Dégueu ! ».

Lors des grillades, végétariens et omnivores ont épicé le débat. D’un côté, il y a les « pro », de l’autre, les répugnés. On comprend bien que les vers, qu’on évite et qui sont plutôt gage de pourriture, dégoûtent. Les criquets et les grillons, leur place est dans un champ.

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Oui à la vente de reins

Le Regard Libre N° 21 – Jonas Follonier

Dans chaque pays d’Europe, des dizaines de milliers de personnes souffrent d’une insuffisance rénale nécessitant soit une dialyse soit une greffe. Seule la greffe permet de survivre ; l’espèrance de vie d’une personne sous dialyse – un lourd traitement devant être effectué plusieurs fois par semaine – est en effet de cinq ans. Les dialysés représentent 40% des malades rénaux. En France, près de 10’000 d’entre eux meurent chaque année.

Quant à la greffe dont ont la chance de bénéficier les 60 % restants, elle provient le plus souvent d’une personne décédée. Or les reins provenant d’un don d’une personne vivante sont de bien meilleure qualité et assurent une bonne santé. Problème : les reins, voilà à peu près la seule chose que nous avons le droit de donner, mais non de vendre. Continuer la lecture de Oui à la vente de reins

A la santé du transhumanisme !

Article inédit – Loris S. Musumeci

Qu’il est délectable et honorifique de s’indigner contre le monde et de le critiquer avec désinvolture. Blâmer la tendance « transhumaniste » de la société, typiquement, est aujourd’hui plus que jamais en vogue. On s’oppose à celle-ci, mais, paradoxalement, on la glorifie aussi. En effet, lorsqu’elle est dans une optique « méliorative » – c’est-à-dire d’augmentation du genre humain – on crie au démon, alors que si elle est destinée à des fins thérapeutiques, ce sont les doux anges que l’on chante pour rendre grâce de ce miracle des sciences. Tout cela est bel et bon ; cependant, ne faudrait-il pas se demander si les lubies d’« hommes-robots » et d’autres dérives du transhumanisme mélioratif, ne proviennent pas, en fait, du côté médical du phénomène ? Plus précisément, c’est sur l’actuelle définition référentielle de la santé qu’il convient sérieusement de se questionner : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. » (OMS, 1946). Cette conception ne serait-elle pas, en réalité, un lourd facteur du transhumanisme ? Continuer la lecture de A la santé du transhumanisme !