Archives par mot-clé : shakespeare

«Scarface», bien plus qu’un film de gangster

Les mercredis du cinéma – Edition spéciale: Les gangsters au cinéma – Kelly Lambiel

Tony Montana, son aplomb, sa paranoïa, son insolence. Un personnage qu’on ne présente plus et un film dont le destin, imitant la trajectoire de son protagoniste principal, aurait pu être bien différent. A peine sorti, Scarface dérange, choque par sa violence, n’obtient pas que des éloges. Au fil des années, il finit pourtant par devenir incontournable et se faire une place aux côtés des plus grands titres du genre comme Le Parrain ou Les Affranchis.

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Il faut revoir «Roméo + Juliette» car jamais adaptation ne fut plus transcendante que celle de Baz Lurhmann

Les mercredis du cinéma – Edition spéciale: Leonardo DiCaprio – Kelly Lambiel

Pour la faire courte: c’est la plus belle histoire d’amour de tous les temps, contée par l’un des plus grands dramaturges toute époque et pays confondus, mise en images par un réalisateur qui signe ici un coup de génie et portée par la beauté et le talent inégalables de Leonardo DiCaprio. Attention, chef-d’œuvre.

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L’histoire d’un «Photographe» sans histoires

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Lorsque vous regarderez cette photo plus tard, vous sentirez le soleil sur votre visage.»

Bombay, Porte de l’Inde. Raphi prend en photo des touristes devant le monument pour leur vendre un souvenir. Métier précaire à l’heure des selfies, mais plaisant. Un jour, il tombe sur Miloni, une locale. Il lui propose une photo. Elle pose, ravissante. Impression en direct; elle prend l’image et part sans payer, plus par confusion dans la foule que par volonté de voler. Raphi retrouve Miloni, par une affiche publicitaire sur laquelle elle a aussi posé. La rencontre entre les deux débouche sur un accord. Il ne lui réclame plus l’argent de la photo, mais il a besoin d’un service. Qu’elle feigne d’être sa petite amie aux yeux de sa grand-mère pour lui faire plaisir et l’honorer. Miloni accepte. Qu’est-ce qu’on ne fait pas pour une mamie qui veut le bonheur de son petit-fils? Détail: avant qu’il ne connaisse son vrai prénom, le photographe avait déjà annoncé à sa grand-mère que sa fiancée s’appelait Noorie.

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« Frankenstein » revisité dans « La Fabrique des monstres »

Le Regard Libre N° 36 – Jonas Follonier

Jean-François Peyret, metteur en scène important dans le théâtre français des dernières décennies, tient depuis longtemps à proposer un théâtre sur le thème du destin technique de l’homme. Après avoir notamment monté les spectacles Le Traité des formes ou Ex vivo/In vitro avec le biologiste Alain Prochiantz, c’est une réadaptation du roman Frankenstein de Mary Shelley qu’il a montée en février dernier au Théâtre de Vidy à Lausanne. Rencontre.

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Petit inventaire du registre grivois dans la littérature européenne

Le Regard Libre N° spécial « Langue française » – Léa Farine

« Mieulx est de ris que de larme escripre, pour ce que rire est le propre de l’homme », écrit Rabelais dans Gargantua. Propre à l’homme également, la maîtrise du langage ainsi qu’une certaine créativité en matière de sexualité. Dès lors, il semble fort logique de considérer que le genre grivois n’est rien de moins qu’une des plus formidables expressions de la distinction humaine. N’en déplaise aux tristes qui se drapent d’une dignité toute raide. Il serait plus profitable à leur élévation de secouer les mites de cet habit faux, car pour retrouver le goût (et la pureté) du blanc, rien ne vaut une fine appellation (polissonne bien sûr). On peut, sous couvert de décence, renier les joies du jeu, mais il me semble qu’aucun homme (ou femme) ne soit jamais assez fort pour ce calcul. Il n’y a en effet rien de vulgaire à esthétiser des thèmes qui semblent vils de prime abord. La démarche, au contraire, est anti-pornographique.

Notre inventaire commence avec la pièce Lysistrata d’Aristophane, auteur comique grec ayant vraisemblablement vécu à Athènes au Ve siècle av. J.-C. Désireuses de faire revenir leurs maris de la guerre, les Athéniennes, puis les femmes de toutes les cités grecques, décident de faire la grève du sexe jusqu’à ce que les hommes cessent de combattre. Les jeux de langage qui parsèment le texte perdent certainement un peu de leur dimension originelle une fois traduits en français, mais demeurent cependant assez ostensibles pour que l’on puisse en saisir l’évidente licence. Continuer la lecture de Petit inventaire du registre grivois dans la littérature européenne