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« Kâbus, les fantômes de l’espoir » – Rencontre avec Alice Fargier

Le Regard Libre N° 38 – Loris S. Musumeci

Dossier spécial « FIFF 2018 »

Alice Fargier est une cinéaste franco-suisse. Elle est passée par le théâtre, puis par la mise en scène cinématographique où elle a assisté de prestigieux réalisateurs asiatiques comme Hong Sang Soo et Tsai Ming Liang, pour en arriver à l’art de la création sonore au service de la radio France Culture. Désormais, elle se consacre à la réalisation de courts-métrages. Rencontre avec cette amoureuse des sons et des images.

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Barbelets

La citation de la semaine – Loris S. Musumeci

« Lundi 28 février 1944.

Très chère Kitty,
La nuit comme le jour, c’est un cauchemar. Je le vois à tout heure, ou presque, sans pouvoir aller jusqu’à lui ; il faut me garder de me trahir, avoir l’air gai, alors que tout en moi n’est que désespoir. »

Le Journal d’Anne Frank (1947)

© Loris S. Musumeci pour Le Regard Libre

Le discours de la loi Veil

Regard sur l’actualité – Loris S. Musumeci

78651. Simone Veil reçut ce numéro à l’âge de seize ans. Elle ne le quitta plus depuis. Jusqu’au vendredi 30 juin dernier, la mémoire vivante de la Shoah demeurait en cette femme.

Les hommages débordent des journaux, radios et plateaux de télévision. C’est un symbole qui s’est éteint. Incarnant le courage, la force et la sagesse. Mais aussi la renaissance : une Juive destinée à brûler, qui finit par porter l’Europe occidentale dans un sac d’union et de paix.

Simone Veil est complète ; rien ne manque à son parcours. La fécondité regroupe toute trace de vie que les défunts ont laissé sur leurs pairs. En ce sens, la fécondité de Simone est généreuse, tant par ses enfants, que par son témoignage de rescapée ou la loi Veil.

Le discours de cette révolution politique et sociale remonte au 26 novembre 1974. Dans une France où les anciens n’avaient pas encore étouffé sous la marée mai 68, un tel changement ne manqua pas d’en bouleverser plus d’un. Madame le Ministre de la Santé fut insultée, traitée entre autres d’assassine. Pourtant, la situation tragique de trois cent mille femmes pratiquant des avortements clandestins chaque année ne pouvait laisser dans l’indifférence.

L’ancienne déportée, sous le gouvernement giscardien, dut agir. Faute morale ou justice accouchée, l’heure n’est pas au jugement – que les politiques s’en chargent. Comme l’heure n’est pas non plus à l’idéologie. Ce serait rendre un hommage saccadé que de faire dire au texte rendant légal l’avortement ce qu’il ne veut pas dire. Le propos de Simone Veil est clair. Dans son intégralité, voici un discours qui continue de marquer l’Histoire contemporaine : Continuer la lecture de Le discours de la loi Veil

« Le Procès du siècle » et l’exigence de vérité

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 5 juin 2017, 20h30 – 21h00

« La voix de la souffrance sera entendue. »

Le professeur Deborah Lipstadt (Rachel Weisz) enseigne l’histoire et la littérature juives à l’Université Emory d’Atlanta. La mémoire de l’Holocauste n’est, pour elle, pas seulement une tâche de son métier. C’est un devoir moral. Une vérité à reconnaître comme telle. L’historien anglais à succès, David Irving (Timothy Spall), n’a pas choisi la même direction. Il préfère « remettre en cause les affirmations de la bien-pensance », selon ses dires. Cette témérité le mène progressivement jusqu’au négationnisme pur et dur. Il est prêt à tout pour proclamer sa construction idéologique au sein des plus hautes sphères intellectuelles. Résultat : il colle un procès à sa rivale sémite, qui a impunément critiqué ses ouvrages. Sans concession.

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Quelle joie d’être juif !

Le Regard Libre N° 12 – Loris S. Musumeci 

L’Histoire du peuple juif est, dans ses épisodes les plus marquants, connue plus ou moins de tous. Il est du domaine de la culture générale que de connaître, en partie en tout cas, le récit de la création avec ses deux acteurs humains que sont Adam et Eve, ou encore le fol amour fraternel – accompagné de ses quelques difficultés – de Caïn et Abel, l’arche de Noé, la piété d’Abraham, l’esclavage en Egypte, Moïse qui fendit la mer, le petit David qui fracassa le grand Goliath, la noble sagesse du roi Salomon, mais également les différentes diasporas, les réseaux européens de Juifs dans les grandes villes depuis le Moyen Age, les ghettos, les persécutions, et, dans un passé bien récent, la tragédie de la Shoah.

L’image du mur des Lamentations à Jérusalem ainsi que la situation instable entre l’Etat d’Israël et la Palestine sont souvent les premières pensées qui surgissent à l’esprit lorsque le mot « judaïsme » est prononcé. La figuration d’un barbu jouant du violon, kippa sur la tête est assez présente aussi ; on pense également rapidement, dans une culture cinématographique francophone, au sympathique Rabbi Jacob ou aux gaffes et habitudes caricaturées des hilarants protagonistes séfarades des films La Vérité si je mens ! de Thomas Gilou. Au-delà de ces anecdotes qui font allègrement sourire et les Juifs eux-mêmes et les « goyims » – les non-Juifs –, l’intérêt du présent article serait, dans une humble démarche de découverte culturelle et spirituelle, celui de réaliser un premier pas vers la connaissance de l’essence juive, en d’autres termes, étudier une des multiples faces de l’expérience de judéité.

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« La vita è bella »

Le Regard Libre N° 8 – Loris S. Musumeci

« Ouverture. Brouillard. Bruit du vent.

VOIX OFF : Cette histoire est simple, et pourtant elle n’est pas facile à raconter. Comme un conte, elle est douloureuse et comme un conte elle est pleine de merveilleux et de bonheur. »

La vie est belle. Roberto Benigni n’aurait pu trouver meilleur titre à son chef-d’œuvre cinématographique réalisé en 1997. En effet, il est vrai que la vie, comme cette histoire, comporte bien des douleurs, mais elle est aussi pleine de merveilleux et de bonheur, c’est pourquoi l’on peut dire que La vie est belle. Cependant, ce titre ambitieux pourrait sembler paradoxal avec le contexte tragique dans lequel le film est ambiancé. Comment peut-on chanter cet hymne à la vie au cœur de la période si dramatique pour l’humanité qu’est la Shoah ? Benigni y parvient d’une manière à la fois exceptionnelle et simple, il s’adresse aux cœurs en traitant ce drame avec une douce et poétique tragicomédie, entre larmes et sourires.

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