s e l e n n, un ovni sur la scène musicale des jeunes artistes romands

Les mélodies du jeudi – Jonas Follonier

s e l e n n est un jeune artiste fribourgeois qui commence à se faire sa place sur la scène musicale romande. Situé entre la folk et l’électro calme, son dream indie-rock francophone fascine. Demain, les Neuchâtelois auront l’occasion de l’écouter au Salon du Bleu Café, en co-plateau avec Morgoran.

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Un nom d’artiste intrigant, ponctué d’espaces: s e l e n n. Un univers musical envoûtant, se situant entre la pop aérienne, l’électro douce et la chanson française. Des textes en français, ce qui n’est pas une dimension à minimiser chez cet auteur-compositeur-interprète fribourgeois de trente ans. Tant nombreux sont les jeunes artistes à préférer à la langue de Molière le parler non pas de Shakespeare, mais celui, américanisé, du commerce international!

s e l e n n aime la langue française, cela s’entend. Et pour ce qui est des textes, son travail d’écriture et même d’interprétation ne se limite pas aux mots, comme il me le dit lui-même au téléphone: «En plus de mon profond attachement au français et à la littérature, je tiens à la musicalité des mots. Les mots sans musique ne sont que des mots. Je cherche une texture musicale qui porte le texte.» Une vision de la chanson que l’on pourrait lier à celle portée par les jeunes pousses prometteuses de la scène française que sont Juliette Armanet, Clara Luciani, Vianney ou Joyce Jonathan.

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Chez notre artiste, cependant, ce ne sont pas les thèmes répétitifs de l’amour, de la vie, du bonheur et du malheur quotidiens qui sont évoqués à travers les pistes, mais plutôt des questionnements existentiels habillés de symboles et d’atmosphère cosmique. Cette tonalité se retrouve dans la musique, que s e l e n n aime définir comme une «une folk planante.» C’est un genre profondément aérien qui nous est proposé dans son premier EP Equinoxe sorti cette année et que l’on peut recommander à ses amis. Ecoutez seulement le titre Maëlström, disponible sur Youtube.

En effet, ce style pourtant original a le mérite d’être agréable au bon sens du terme. Même si sa voix tout en réverbération à la Etienne Daho n’est peut-être pas du goût de tout le monde, l’artiste convaincra très certainement les romands en quête d’aventure artistique et de soirée tranquille demain soir au Salon du Bleu Café, à Neuchâtel. Il côtoiera sur la scène son homologue Morgoran, plus orienté folk et non moins talentueux. Ce sera posé, ce sera feutré, ce sera beau. Moi, j’y serai. Et vous ?

Ecrire à l’auteur: jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo: © Valentine Folly

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