Archives du mot-clé neuchâtel

Cinquante nuances de frontaliers : le canton de Neuchâtel

Le Regard Libre N° 30 – Nicolas Jutzet

Cinquante nuances de frontaliers (1/3)

Grand objet de discussion au café du commerce, la question des frontaliers n’a pas fini de faire parler d’elle. Le canton de Neuchâtel est l’une des régions touchées par ce phénomène en Suisse. Une initiative lancée par l’UDC relance le débat. Qu’en est-il réellement ?

Cette série d’articles souhaite s’intéresser aux flux de travailleurs qui, chaque jour ou presque, viennent de l’étranger pour travailler dans notre pays. Le premier épisode aborde la thématique en prenant l’exemple du canton de Neuchâtel. Par la suite, nous nous intéresserons à deux autres parties du pays qui sont plus clairement identifiées avec cette problématique : Genève et le Tessin. En traitant ce thème sous la forme d’un feuilleton, il sera possible de comparer les résultats des différentes régions et de parvenir à des conclusions approfondies et nuancées sur un sujet qui, trop souvent, donne lieu à des discussions caricaturales.

Par sa proximité géographique avec la France, le canton de Neuchâtel présente des incitatifs que d’autres régions de Suisse centrale ne connaissent pas. Toutefois, il s’agit désormais d’identifier si le recours à la main d’œuvre venue de France voisine entraîne une raréfaction de postes de travail pour les locaux, ou si les deux populations sont compatibles et profitent mutuellement du travail de l’autre.

Une initiative de l’UDC neuchâteloise

Lire la suite Cinquante nuances de frontaliers : le canton de Neuchâtel

Pour une libéralisation des drogues

Le Regard Libre N° 28 – Nicolas Jutzet

J’aimerais par ces lignes revenir sur les principaux arguments que j’ai pu défendre lors de notre débat sur la politique des drogues, le 12 mai dernier. Cet article est également l’occasion de rendre un hommage ému et emprunt de respect à Monsieur Olivier Guéniat, chef de la police judiciaire de Neuchâtel. Sa disparition est assurément une perte inestimable pour ses proches, sa famille, ses collègues. Pour le Neuchâtelois que je suis, c’est également une perte de savoir immense, tant l’expertise de l’homme était vaste et reconnue. Continuer son combat, pour la jeunesse, pour plus de pragmatisme, pour des résultats sur le terrain, sera notre plus bel hommage. Assurément, il manquera. Lire la suite Pour une libéralisation des drogues

Rencontre avec Philippe Zumbrunn, l’homme le plus fou de jazz

Le Regard Libre N° 28 – Jonas Follonier

Cheveux blancs tirés en arrière, lunettes jaune rétro sur le nez, moustache et, si on a de la chance, cravate extravagante. Les milieux de la radio suisse-romande et du jazz le reconnaissent aussitôt. Philippe Zumbrunn, huitante-six ans, est une véritable mémoire vivante. Passionné de jazz et de radio, il est l’initiateur technique de RTN, le fondateur de Radio Framboise (et des annonces radars), mais aussi un photographe bien connu pour avoir immortalisé les grandes figures du jazz il y a plus de soixante ans. Durant tout le mois d’avril, on peut découvrir une sélection de ses plus belles photographies exposées à la Galerie YD, à Neuchâtel, dans le cadre de Jazzzed, un festival construit sur le surnom de Philippe Zumbrunn : Z. Rencontre dans les lumières sombres du Bar King à Neuchâtel.

Jonas Follonier : De quelle époque datent les photographies que vous exposez en ce moment à la Galerie YD ?

Philippe Zumbrunn : Ce sont surtout les photographies de mes débuts. Pour une raison simple : ce sont les plus rares. Elles mettent en lumière des monstres du jazz, qui tous sont morts actuellement, à savoir Louis Armstrong, Billie Holiday ou encore Lionel Hampton. J’ai eu la chance de les côtoyer dans les années 1950. J’avais vingt-et-un ans lorsque j’ai pris ma première photo de jazz ; c’était en 1952. J’ai donc démarré très vite.

Cette exposition doit être importante pour vous. D’où est venue l’idée de ce projet ?

Cette exposition a d’abord eu lieu pendant trois mois à la FNAC de Lausanne. Ce fut l’événement déclencheur. Cela fait au moins trois ans que Denis Juvet, le propriétaire de la Galerie YD, me parle de son projet de monter une exposition-festival sur le jazz avec une série de concerts et de témoignages. Tout cela a mûri, et le résultat est très satisfaisant. Lire la suite Rencontre avec Philippe Zumbrunn, l’homme le plus fou de jazz

L’émancipation progressive de la principauté de Neuchâtel

Le Regard Libre N° 22 – Jules Aubert (notre invité du mois)

Pour bien comprendre dans quel contexte s’inscrit le lent affranchissement de la principauté de Neuchâtel, il faut tout d’abord comprendre qui a régné sur ce petit territoire qui borde le Doubs d’un côté et le lac de l’autre.

L’histoire du comté de Neuchâtel à ceci de particulier qu’en 837 ans, de 1011 à 1848, elle a vu se succéder une multitude de souverains dont nous ne ferons pas la liste exhaustive ici. Nous commencerons donc en 1707, année d’une importance cruciale, puisque Marie de Nemours de la lignée des Orléans-Longueville de manière indirecte décède et se voit refuser le droit de transmettre son autorité sur la principauté par le tribunal des trois Etats. Les Orléans Longueville voient donc mourir avec La Duchesse de Nemours leur prétention sur Neuchâtel. La principauté dépourvue de souverain doit alors déterminer qui succèdera à cette famille française. Le tribunal des trois Etats a seul le pouvoir de choisir le nouveau prince.

Le Conseil d’Etat appelle donc toutes les familles ayant des prétentions à la succession à faire valoir leurs droits en leur soumettant des preuves permettant de contrôler le fondement de leur revendication. Ils sont nombreux à ambitionner le trône de la principauté ; tous viennent avec des documents attestant leurs liens généalogiques plus ou moins éloignés avec une des familles ayant régné à Neuchâtel. Sur vingt prétendants, le tribunal n’en retiendra que neuf. Et le 4 novembre 1707, le procès s’achève et la principauté est officiellement accordée au Roi de Prusse, Frédéric Ier de Hohenzollern. Lire la suite L’émancipation progressive de la principauté de Neuchâtel

Un local culturel ouvre à Neuchâtel

Le Regard Libre N° 20 – Jonas Follonier

En plein centre-ville de Neuchâtel, dans l’un des nombreux beaux immeubles de cette cité estimable, ce n’est pas un appartement d’habitation, un « open space » ou un salon de massage qui vient d’ouvrir ses portes, mais un local aménagé par des jeunes de la région soucieux de créer un espace culturel. Et pas n’importe lequel. Ni élitiste ni alternatif, le Lokart a pour vocation de servir de lieu de création et de présentation de toute forme d’art. Lors du week-end d’inauguration les 27 et 28 août derniers, j’ai pu échanger des propos avec l’un des membres fondateurs du collectif artistique.

Jonas Follonier : Bonjour, pouvez-vous nous dire d’où est née l’idée de créer un tel local ?

Mehdi Berdai : L’origine se trouve clairement dans des intérêts communs pour la culture, notamment neuchâteloise. Le noyau s’est créé autour de la danse, avec Héloïse Marcacci et moi. D’autres personnes se sont vite montrées intéressées par notre projet : Virginia Eufemi et Thierry Fivaz, tous deux passionnés de théâtre, de cinéma et d’art pictural ; Lisa Mazenauer, interessée par la photographie et l’approche du corps, ainsi que Sacha Dubois, qui nous a rejoints par la suite et qui lui a apporté la dimension théâtrale.

Ce local dans lequel nous nous trouvons me paraît être un endroit rêvé pour les amoureux de soirées culturelles et de débats (j’en fais partie). A quoi sera-t-il destiné ?

Tout d’abord, il va nous servir à donner des cours dans les domaines où nous avons une certaine expérience. Héloïse donnera des cours de danse orientale et de tribal fusion, pour ma part ce sera la danse classique. Des leçons de renforcement corporel seront proposées par nous deux. Ensuite, la salle peut aussi très bien se prêter à des soirées débats, à des vernissages d’ouvrages, etc. Enfin, le local a un potentiel cinématographique vu qu’il possède un écran. Le studio peut servir à d’autres compagnies et associations que nous, cela va de soi. Lire la suite Un local culturel ouvre à Neuchâtel

Une triple taxation des mêmes montants

Regard sur l’actualité – Jonas Follonier

Le 15 juin de l’année dernière, le peuple suisse avait nettement refusé l’initiative de la gauche qui proposait d’imposer fortement les successions. Le Parti libéral-radical neuchâtelois avait alors directement inscrit dans son programme de législature un projet de loi visant à supprimer l’impôt sur les successions en ligne directe.

Chose promise, chose faite ! Ce vendredi 20 mai, le PLRN a déposé son projet de loi auprès du secrétariat du Grand Conseil. Déjà, la gauche s’insurge des recettes que ferait perdre un tel changement : environ 6,5 millions de francs que l’Etat neuchâtelois ne toucherait plus. Cette façon de voir n’est pas assez fine. Lire la suite Une triple taxation des mêmes montants