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Littérature

Critique

«La fille qui aimait les arbres», un appel à prendre racine5 minutes de lecture

par Sandrine Rovere
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arbres

Hope Jahren livre une véritable déclaration d’amour à la science et aux arbres dans ce récit autobiographique, qui a la «précision d’un poète et l’imagination d’un scientifique», selon le New York Times.

Il était une fois une fille qui aimait la science et les arbres. C’est ainsi que pourrait débuter ce récit autobiographique de la chercheuse américaine Hope Jahren. Son livre, intitulé Lab Girl dans sa première édition française, paraît le 30 mars dans sa version de poche aux éditions Quanto, un label des Presses polytechniques et universitaires romandes.

Pour un livre mêlant mémoires et vulgarisation scientifique, cet ouvrage, déjà traduit en 23 langues, a connu un succès inattendu. Cela a permis à la géobiologiste de figurer sur la liste des best-sellers du New York Times. Elle est du même coup entrée dans le club très sélect des personnes les plus influentes au monde, selon le magazine américain Time

Cette réussite s’explique certainement par le style de Hope Jahren, plein de sensibilité et d’humour. Elle décrit certes ses recherches, mais ne s’attarde que brièvement sur leur aspect technique et sur sa spécialité, l’analyse isotopique de forêts de l’Eocène. Au contraire, elle raconte avec beaucoup d’autodérision son parcours, depuis son enfance dans le Minnesota jusqu’à la reconnaissance professionnelle, à l’Université d’Hawaii quarante ans plus tard.

Un appel à protéger la nature

A chaque page transparaît son amour des arbres, «une des rares choses au monde que l’homme ne sait fabriquer». La scientifique décrit avec un enthousiasme communicatif la plus petite graine, le moindre plant de radis. Elle s’extasie devant les fossiles d’arbres vieux de 45 millions d’années ou la capacité de la mousse irlandaise à absorber des liquides.

L’auteure nous rappelle ce faisant à quel point les arbres sont des organismes complexes et combien ils sont essentiels à notre survie sur cette planète. Ouvrez les yeux et regardez autour de vous, supplie la scientifique dans ce plaidoyer en faveur de la protection de l’environnement. Voyez à quel point la surface des forêts s’est réduite ces derniers siècles. Et plantez des arbres, plaide-t-elle.

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La chercheuse ne s’en cache pas, son parcours n’a pas été facile. Cette carrière a été faite de doutes, d’échecs, de renoncements et de recommencements. Hope Jahren raconte avec pudeur les difficultés rencontrées par une femme dans le monde scientifique et universitaire. «Aucun ne me traitera jamais comme si j’avais ma place ici», confie-t-elle à Bill, son collaborateur et complice depuis plus de 25 ans. Et pourtant, après chaque déception ou difficulté, le duo se remet à l’ouvrage, trouve – difficilement – de nouveaux financements et relance ses recherches, comme un acte de foi en sa vocation.

Une amitié indéfectible

Si la scientifique a pu faire preuve d’autant de résilience, elle l’avoue, c’est grâce à Bill. Leur amitié inconditionnelle donne lieu aux pages les plus touchantes du livre. C’est un Californien excentrique, à moitié SDF. Elle est une femme, bipolaire de surcroît. Leur équipe est un véritable OVNI dans ce monde scientifique si figé. Mais c’est lui qui empêche à de nombreuses reprises qu’elle sombre dans la dépression, le découragement ou la folie.

Ensemble, ils forment les deux faces d’une même pièce. «Il est fort où je suis faible et c’est pourquoi nous formons ensemble un individu complet, chacun trouvant dans le monde la moitié de ce dont il a besoin, et chez l’autre, la moitié qui lui manque», note Hope Jahren. C’est une déclaration d’amour inhabituelle pour cette descendante de colons norvégiens peu encline aux épanchements.

Devenir maître de sa vie

La fille qui aimait les arbres est donc surtout fort de ce message: chacun doit trouver sa tribu, les gens qui lui permettent de développer tout son potentiel. «Ça prend du temps pour devenir ce qu’on est censé être», affirmera l’auteure à son fils dans les dernières pages du livre. Pour y arriver, il faut utiliser la même recette que les arbres: faire sa place, planter ses racines profondément dans la terre et chercher le soleil.


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la fille qui aimait les arbres

Hope Jahren 
La fille qui aimait les arbres 
Quanto
2023 
394 pages 

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