Archives par mot-clé : culpabilité

«Frère d’âme»: un Goncourt des lycéens au style africain

Tour d’horizon de quelques grands prix littéraires – épisode #2

Le Regard Libre N° 48 – Loris S. Musumeci

«Il m’a dit: ‘Par la grâce de Dieu et par celle de notre grand marabout, si tu es mon frère, Alfa, si tu es vraiment celui que je pense, égorge-moi comme un mouton de sacrifice, ne laisse pas le museau de la mort dévorer mon corps! Ne m’abandonne pas à toute cette saleté. Alfa Ndiaye… Alfa… je t’en supplie… égorge-moi!’»

Un roman qui fait froid dans le dos et qui raconte une guerre au sacrifice de la jeunesse, à l’apogée de la folie. Alfa Ndiaye et Mademba Diop sont deux «frères d’âmes»: amis intimes qui ont grandi ensemble, sous le même toit. Le premier est fort, grand, beau et vaillant; le second, tout aussi vaillant, n’a pas la puissance de son camarade, il est même plutôt frêle. Et ça ne pardonne pas quand on est tirailleur sénégalais et qu’on est envoyé au front. Malgré tous les efforts d’Alfa pour protéger Mademba, ce dernier ne tarde pas à succomber. Mais ce qui hante l’esprit du survivant: l’agonie du mort. Il l’a supplié trois jours de souffrance durant de l’achever, mais rien n’y fit. Alfa ne put le tuer. Il a été inhumain. Pour combler la douleur, il vide ses ennemis de leurs tripes et collectionne leurs mains.

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« Foxtrot », entre absurdité et humanité

Festival International de Films de Fribourg – Jonas Follonier

Foxtrot fait partie des très bons crus proposés à la trente-deuxième édition du Festival International de Films de Fribourg (FIFF). Celui-ci a descerné hier le Grand Prix du jury à Black level. Le public, quant à lui, s’est prononcé pour le long-métrage What will people say. Foxtrot, salué aussi bien par les critiques internationales que par les spectateurs fribourgeois, aurait mérité de figurer parmi les gagnants.

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Fabrice A., un malaise en justice

Regard sur l’actualité – Loris S. Musumeci

« Les juges ont donné toutes les apparences d’un évident parti pris contre le prévenu. »

Après plus de trois ans du meurtre de la sociothérapeute Adeline M., l’affaire Fabrice A. n’est pas encore réglée en justice. Aucune résolution ne semble pouvoir advenir ; au contraire, c’est la confusion qui devient maîtresse alors même que les faits sont parfaitement clairs. Fabrice A., interné à l’asile psychiatrique La Pâquerette, avait égorgé sa curatrice Adeline M., lors d’une sortie.

Le Regard Libre s’était déjà penché sur cette affaire l’an dernier. Le procès s’était tenu du 3 au 7 octobre 2016. Il avait fait grand bruit, certes, par l’importance de la cause, mais également par le comportement du meurtrier, qui s’était montré, à dire peu, totalement impassible. Chacun livrait son interprétation face à un tel spectacle d’indifférence. D’aucuns se braquaient sur la fine malice de Fabrice A., d’autres l’innocentaient, comprenant l’atrocité de son geste par les effets pathologiques. Continuer la lecture de Fabrice A., un malaise en justice