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Angèle n’a (presque) rien pour elle

ARTICLE LONG FORMAT, JONAS FOLLONIER | C’est l’une des choses qui définissent Le Regard Libre: le plaisir que nous avons à faire entendre des voix discordantes, dans leur sincérité crue. Soit discordantes vis-à-vis de ce qu’on lit, qu’on entend et qu’on voit habituellement. Soit discordantes au sein même de la rédaction du magazine. Aussi, quand mon cher collègue Loris S. Musumeci, improbable admirateur d’Angèle, a essayé de me vendre un dossier sur cette artiste, j’ai aussitôt accepté. Et ce, pour une raison très simple: Angèle représente tout ce qui me rebute dans la variété française actuelle. J’étais également certain que l’amour de Loris pour la chanteuse, une fois couché sur papier, allait revêtir quelque singularité par rapport à celui de ses autres et nombreux amants. Peut-être mon analyse fondée sur un dégoût originel allait-elle déboucher, elle aussi, sur de l’original...

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« La Douleur », quand le flou dit tout

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« Ce qui est sûr, évident, c’est que ce texte-là, il ne me semble pas pensable de l’avoir écrit durant l’attente de Robert. »

Juin 1944. Marguerite est écrivain. Elle attend son mari, Robert Antelme. Résistant, il a été arrêté par les collabos. Dans un Paris toujours occupé, la jeune femme maintient son engagement auprès du réseau de Résistance. Là, elle travaille au côté de Dyonis, meilleur ami de son mari, avec lequel elle semble entretenir une relation amoureuse ; distante, ambiguë, mais sensuelle.

Pour obtenir des informations sur Robert, Marguerite fréquente un agent français de la Gestapo, Pierre Rabier, qu’elle méprise. Lui, en revanche, paraît séduit par ses yeux, son écriture, son air mystérieux. Malgré tout, il tâche de lui soutirer des informations sur le réseau résistant. Elle reste discrète et prudente, au point d’en être malade d’angoisse. « Je suis son flic », se dit-elle en son for intérieur, lorsque la peur la quitte, et qu’elle pense prendre pouvoir sur le flic en question. Se sentant tous deux menacés l’un par l’autre, ils cessent de se voir. Reste néanmoins l’attente agonisante et douloureuse d’un mari peut-être mort, peut-être en vie ; peut-être aimé, peut-être haï.

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