Lettre à Angèle

Le Regard Libre N° 65 – Loris S. Musumeci

Dossier spécial «Génération Angèle»

Et puis à quoi bon, je suis tellement seul devant mon écran… Mais je vous écris quand même. Quelques mots qui sortent, sans savoir s’ils atteindront un jour la femme qui les a inspirés. Angèle, je vous suis depuis plus d’une année. Depuis que j’ai découvert à la radio une chanson qui aurait dû pourtant ne pas passer à la radio parce que vos mots ne sont pas très beaux… le 29 mai 2019 – comme quoi, si je me souviens de la date, ça veut dire que l’événement est de taille – mon ventre s’est allégé. J’ai tremblé. Mon cœur est parti en flemme.

YouTube, je tape «Balance ton quoi», et je vous écoute treize fois de suite. J’adore, j’adore, j’adore. Au bout d’une heure, je me suis arrêté, non sans peine; l’heure du coucher était déjà passée, depuis un bon moment. C’était la nuit. Je m’éprenais dans mon lit. Les yeux ouverts. Emus. En larmes. Parce que je vous ai écoutée, mais je vous ai vue aussi. Danser, chanter, polo violet, jupe blanche, puis dans une farandole de costumes.

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Je vous ai vue agressive, je vous ai vue grossière – ou presque. Je vous ai vue encore jeune et fragile. Mais je vous ai vue aussi forte et mature. Je vous ai vue affirmée. Je vous ai vue sensuelle. Je vous ai vue drôle. Je vous ai vue blonde. Je vous ai vue fraîche. Comme la bière de chez vous. Je vous ai vue svelte. Je vous ai vue offrir votre corps à l’écran, dans des mouvements qui se sont transformés en caresses pour mes pupilles, dans des mouvements où vous conservez toutefois pleinement et fièrement votre pudeur. Ce qui vous rend encore plus charmante. 

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Je vous ai entendue. Une voix douce. Une voix qui gratte un peu, et qui fait du bien. Je vous ai entendue dans le texte, assurément féministe, je vous entendue dans l’interprétation du texte, assurément féminine. Mmmmmmmmh… tu vas me faire vascilleeeeeeer. Je craque. Votre voix m’emporte. Autant en emporte le vent, et votre voix aussi. Jusque dans les détails. Je vous ai entendue avec une pointe d’accent belge, dans une phrase, une simple phrase, que je ne peux retirer de mon esprit: «je serai polie pour télé». Accroche sur le «s» et «r» qui griffe cette phrase en moi. C’est bête, je sais, mais c’est tout l’effet que vous faites sur moi. Face à vous, j’entre en hébétude.

Angèle en concert au festival des Vieilles Charrues 2018. © Wikimedia CC 4.0

Depuis que je vous ai connue, tout est devenu flou, un peu trop flou pour moi. Depuis que je vous ai connue, c’est l’insomnie, la ville dort, je vois les ombres comme des corps. Votre corps qui danse, qui fond, qui coule en moi et me remplit. Je suis plein d’amour. Je suis plein de vous. Je voudrais que vous rentriez dans votre royaume ce soir, que vous soyez ma reine ce soir. Je voudrais, je voudrais, je voudrais. Et pourtant…

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Et pourtant, peu m’importe de tout. Tout, il faudrait tout oublier. Vous connaissez votre succès; vous avez votre vie, votre amour. Loin de vous, je vis, moi aussi, dans le spleen. Même si… «le spleen n’est plus à la mode, c’est pas compliqué d’être heureux». Eh bien soyez heureuse, Angèle. Je le serai aussi. En vous gardant dans mon cœur. Empli d’amour, parce que c’est bien ce que vous m’avez donné par vos chansons, par votre personne. Votre beauté. Une beauté inatteignable, qui me confirme sans doute que l’amour est plus fort quand il est sans espoir. Car envers et contre tout, Angèle, je vous aime. La suite, on verra.

Ecrire à l’auteur: loris.musumeci@leregardlibre.com

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