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Calogero, la nouvelle référence de la pop française

Le Regard Libre N° 32 – Jonas Follonier

Dans la génération des baby-boomers, c’est lui qui mène la danse de la chanson française actuelle. Son nouvel album, très pop, continue sur la lancée du précédent et dévoile un artiste totalement maître de son art. Calogero, l’un de nos coups de cœur musicaux.

Né en Isère en 1971, Calogero Joseph Salvatore Maurici s’est imposé dans le monde de la variété française avec son deuxième album solo, Calogero, sorti en 2002. Cet opus contenant le célèbre En apesanteur annonçait le style de l’artiste, qui n’hésite pas à utiliser sa voix de tête dans les refrains. Guitariste, bassiste et pianiste, Calogero s’inscrit dans la pop rock française qui privilégie les mélodies.

« Liberté chérie » et amour chéri

Avec Liberté chérie sorti le 25 août dernier, Calogero livre un album extrêmement abouti, poursuivant la parfaite identité artistique de son dernier en date, Les Feux d’artifice. Des refrains aériens, des arrangements fournis, une basse créatrice, on reconnaît Calogero et son génie dès le premier morceau, Voler de nuit. Cette chanson a d’ailleurs une tonalité très polnarévienne, autant dans la manière dont le refrain est chanté que dans la mélodie et même les paroles. « Derrière chaque maison, des gens rêvent, des gens s’aiment. C’est beau comme vu d’avion, on a l’air tous les mêmes. » On se croirait dans Holidays. Lire la suite Calogero, la nouvelle référence de la pop française

Rencontre avec Nicolas Fraissinet

Le Regard Libre N° 24 – Jonas Follonier

Cela fait maintenant neuf ans que Fraissinet s’est imposé dans la chanson francophone, grâce à son album Courants d’Air. Lauréat du Centre de la Chanson en 2008, il ne fait qu’enchaîner les récompenses par la suite, jusqu’à obtenir le Prix Charles Cros en 2011 pour son second album, Les Métamorphoses. Après de grandes tournées internationales et divers engagements dans le monde de la musique, l’artiste franco-suisse présente en ce tout début d’année un nouvel album qui marque un tournant dans sa carrière. Discussion avec ce chanteur fascinant le 25 janvier dernier à Lausanne.

Jonas Follonier : Cher Nicolas Fraissinet, pouvez-vous tout d’abord nous raconter comment vous avez débuté votre carrière musicale ? Qui vous a fait confiance ?

Nicolas Fraissinet : J’ai commencé par apprendre le piano, puis j’ai très vite été attiré par le cinéma. J’ai donc fait des études cinématographiques et c’est seulement par la suite que j’ai commencé à chanter : je faisais la musique de mes courts-métrages et j’ai remarqué qu’une chanson de l’un de mes films avait eu de très bons échos. J’ai donc décidé d’en enregistrer dix autres. Un label de rap m’a ensuite repéré. Ce genre musical n’a rien à voir avec ce que je fais mais ce sont les textes qui leur avaient parlé. Ce sont eux qui m’ont donné la possibilité de faire mon premier concert. L’histoire avec eux n’a pas duré très longtemps, parce que nous n’étions pas dans la même optique musicale. A partir de ce jour où j’ai mis les pieds sur une scène, j’ai compris que c’est là que je voulais être. Lire la suite Rencontre avec Nicolas Fraissinet

Sion sous les étoiles : une réussite !

Le Regard Libre N° 19 – Jonas Follonier

Du 15 au 18 juillet 2016, la plaine de Tourbillon a réuni quelque 45’000 personnes pour la troisième édition du festival Sion sous les étoiles. La scène sédunoise a vu se succéder notamment L.E.J, Maître Gims, Johnny Hallyday, Black M, Francis Cabrel, UB40, Alice on the Roof, Kendji Girac, Michel Polnareff, Pony Pony Run Run ou encore Indochine. Il y en a pour toutes les générations, mais aussi pour tous les goûts. Si je m’y suis rendu du vendredi au dimanche, c’est bien pour voir mes trois plus grandes idoles : Hallyday, Cabrel et Polnareff. Comme quoi, ce ne sont pas que de vieux chanteurs pour les vieux, mais avant tout des légendes vivantes qui, à elles seules, réunissent les générations.

Et Johnny en est le meilleur exemple. Le vendredi 15 juillet 2016 restera dans l’histoire du festival, tant le public fut unanimement abasourdi par la qualité du concert que nous a présenté le Taulier. Avant lui, c’est Maître Gims qui a fait le show, et mes préjugés le concernant se sont vite estompés : en effet, il a fait valoir une voix magnifique et une musique remarquable. Or l’ambiance a bel et bien changé une fois la nuit tombée, et il est bouleversant de vivre ce moment. A 22h30, la batterie du centre de la scène s’est élevée dans les airs, laissant arriver en-dessous Johnny Hallyday dans un nuage de fumée. Celui-ci commence son concert par l’une de ses dernières chansons, Rester vivant. Cela sonne vrai, cela donne. S’ensuit, impeccablement rodée, une série de tubes que tout le monde chante : de Noir c’est noir à L’envie en passant par Requiem pour un fou, Johnny ne chante pas seul, mais avec 15’000 choristes totalement fascinés. Lire la suite Sion sous les étoiles : une réussite !

Qu’est-ce qu’une œuvre musicale ?

Le Regard Libre N° 18 – Jonas Follonier

La philosophie, telle que nous l’entendons ici, aime poser des questions et y apporter des réponses rationnelles. De nombreuses questions philosophiques commencent par « Qu’est-ce que… ? ». Dans ce genre d’entreprises, il s’agit de chercher le genre de réalité que possède la chose que nous étudions, de faire une ontologie. Le présent article vise à proposer une ontologie de l’œuvre d’art, et plus spécifiquement de l’œuvre musicale.

Nombreuses sont les théories proposant une ontologie de l’œuvre d’art. La première d’entre elles, la plus primaire dirions-nous avec retenue, est la théorie physicaliste. Celle-ci identifie l’œuvre d’art à un objet possédant des propriétés physiques. Essayons de penser comme les physicalistes. Deux objets physiques s’offrent alors à nous pour décrire la réalité d’une œuvre musicale : ou bien celle-ci est identique à une partition, ou bien elle est identique à une interprétation.

Prenons la première hypothèse et voyons les problèmes qu’elle pose. Premièrement, si la partition de La Bohème était détruite, cela voudrait dire que cette chanson d’Aznavour serait détruite : cela est absurde. Deuxièmement, une œuvre musicale s’écoute, tandis qu’une partition se lit. Ensuite, à quelle partition faudrait-il identifier une œuvre musicale pour laquelle il en existe plusieurs ? Si c’est à son manuscrit, cela impliquerait que les personnes qui ont eu la chance de voir le mansucrit connaissent mieux l’œuvre en question que les autres. Une telle possibilité est invraisemblable. Lire la suite Qu’est-ce qu’une œuvre musicale ?

Escapade baroque au « Bal des Laze »

La richesse de la chanson française (2/6)

Un article de Jonas Follonier paru dans Le Regard Libre N° 14

Ce n’est pas un hasard si la période baroque de l’histoire littéraire, qui s’étend de 1580 à 1640, a été redécouverte dans les études des années 1960 : des thèmes comme le changement, l’artifice et la singularité qui caractérisaient la poésie de Chassignet et le théâtre de Viau s’avèrent être aussi les principales revendications du mouvement de mai 68.

Ce n’est donc pas un hasard non plus si l’on retrouve l’esthétique baroque dans la musique des années 60. La chanson française avait besoin de sortir des sixties et de trouver un nouveau support musical qui fût plus élaboré que celui des yéyés, ces chanteurs débutants. Au rockabilly, au rock ‘n’ roll, au folk rock et à la naissante pop rock succéda un genre musical passé inaperçu et pourtant fondamental : la pop baroque. Lire la suite Escapade baroque au « Bal des Laze »

2016, une grande année pour la chanson française

Le Regard Libre N° 13 – Jonas Follonier

Nous voici plongés dans une année paire – à ce qu’on dit, ce sont les meilleures ! En tout cas, 2016 promet rien qu’en ce qui concerne la chanson française. En effet, c’est cette année que de grands artistes issus du terreau fertile 1965-1975 vont faire leur retour.

Tout d’abord, Michel Polnareff, auquel nous avions consacré cinq pages dans notre huitième édition, sortira un nouvel album en mars, son dernier remontant – tenez-vous bien – à 1990, soit il y a vingt-six ans. L’homme en rouge, qui contient les thématiques de notre édition spéciale « Noël 2015 », est le premier extrait de l’album et a déjà été dévoilé sur internet par l’artiste. Et Polnareff effectuera une grande tournée, avec deux dates en Suisse : le 28 mai à l’Arena de Genève et le 17 juillet à Sion. J’y serai ! Lire la suite 2016, une grande année pour la chanson française

Les polnarévolutions

Article partagé par Michel Polnareff sur sa page Facebook le 4 août 2016.

Le Regard Libre N° 8 – Jonas Follonier

Qui est Michel Polnareff ? Que peut-on retenir de son œuvre, de ses révolutions musicales ? Tels seront les deux grands défis de cet article, auxquels je vous invite naturellement à vous intéresser : le jeu en vaut la chandelle. En effet, méfiez-vous de l’image que vous vous faites de cet homme, qui, bien au-delà de ses lunettes et cheveux blonds ondulés qui le caractérisent pour un public large, n’est rien d’autre qu’un génie.

C’est dans la froideur et la tristesse d’une enfance rythmée par le ceinturon facile de son père et la pression qu’il subissait quant à son niveau musical que le jeune Michel, très bon élève, s’avéra très vite (et dut surtout s’avérer) être un pianiste virtuose. La rigueur extrême et étouffante de son cadre familial le poussa à claquer la porte de son foyer à l’âge de vingt ans pour aller, beatnik, jouer de la guitare sur les marches du Sacré-Cœur.

Il est donc très important de bien prendre en compte l’ambivalence qu’il y eut durant son enfance entre le bagage musical classique qu’il acquit et la cruauté du père : par exemple, son fils lui ayant demandé qu’il lui achète une fleur pour l’offrir à une jeune fille qu’il convoitait, L. Polnareff alla acheter un cactus pour son fils pourtant très sage. Ce dernier pointant une mine surprise, l’autorité paternelle lui jeta le cactus à la figure. Lire la suite Les polnarévolutions