Archives par mot-clé : nicole kidman

«Dogville», une grâce sans pardon

Les mercredis du cinéma – Eugène Praz

En 2003 sortait Dogville de Lars von Trier. Il met en scène, dans un décor minimaliste, l’histoire de la jeune Grace (Nicole Kidman) qui, fuyant des gangsters, trouve refuge auprès des habitants d’une ville minuscule, anciennement minière, des montagnes Rocheuses: Dogville. Elle y découvre, dans une lumière crue et au fil d’humiliations dégradantes – non pour elle, en réalité, mais pour ceux qui les lui font subir – les ressorts sordides de leur âme. La vengeance sera terrible. Qu’on la juge ou l’apprécie comme divinement cynique ou d’un réalisme distant, brechtienne ou dürrenmattienne, cette œuvre apparaît comme un film noir dont le spectateur serait le détective impuissant ou le complice complaisant. Personnes sujettes à la misanthropie, s’abstenir.

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«Scandale»: beaucoup d’agitation, peu de bruit

Les mercredis du cinéma – Kelly Lambiel

Le timing est parfait, on ne peut le nier. Alors que Harvey Weinstein comparaît en justice et que le procès de destitution de Donald Trump a débuté, Scandale, qui relate des faits réels ayant défrayé la chronique américaine en 2016, paraît sur nos écrans. Depuis maintenant quelques années, Hollywood s’approprie fréquemment les frasques politiques ou financières des grands de ce monde. Et, en parallèle, le féminisme teinte de façon toujours plus forte le cinéma actuel. Jay Roach propose ici de réunir ces deux tendances pour enfin placer la phallocratie au cœur d’une œuvre cinématographique. Une première – il me semble – nécessaire et qui ouvrira la voie à d’autres – je l’espère – pourvue de certaines qualités mais aussi de défauts certains.

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«Boy Erased» et la réorientation sexuelle

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Le diable te tentera sans cesse.» 

Jared Eamons est sage et pieux. Un vrai petit américain qui travaille bien à l’école, qui obéit à ses parents avec lesquels il discute beaucoup, qui donne un coup de main au garage Ford de son papa, et qui ne manque pas un dimanche à l’église. Le père est pasteur, donc normal. Jared a des amis qui sont de braves gars, et il a même une petite copine. Lorsqu’il quitte le foyer familial pour aller étudier à l’université, il se découvre – ou s’avoue – un penchant pour les garçons; de plus en plus imposant. Les circonstances font que ses parents sont avertis par l’université. Inadmissible. Il faut corriger le jeune, le remettre sur le droit chemin. Heureusement, l’institut Love in Action est spécialisé dans la réorientation sexuelle. Quitte à utiliser des méthodes quelque peu douteuses. L’histoire de Jared est une histoire vraie.

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«Destroyer»: Pourquoi un accueil si Mitigé?

Les mercredis du cinéma – Hélène Lavoyer

Dans le regard d’un bleu plus froid que celui des mers arctiques d’Erin Bell (Nicole Kidman), peu de choses se lisent. Une gueule de bois et de la détresse, à la rigueur. Lorsqu’elle sort de sa voiture et se traîne sur la scène d’un crime récent, cette inspectrice du LAPD fait pitié à voir. Penchée sur le cadavre d’un homme marqué d’un tatouage sur la nuque, son attention paraît bien loin du chemin en terre battue longeant un canal de Los Angeles. Un billet de banque taché d’encre et les contacts d’une vie passée pour seuls indices, elle se jette sur les routes en bitume et celles, plus sinueuses, d’un passé aux lourdes conséquences.

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« Les Proies » et leur charme meurtrier

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

Une rubrique partenaire de Cinérevue, l’émission cinématographique de NeuchVox. Prochain direct : lundi 2 octobre 2017, 20h30 – 21h00

« L’ennemi, en tant qu’individu, nous réserve des surprises. »

Virginie, 1864. La Guerre de Sécession enfume les paysages américains. Le caporal John McBurney (Colin Farrell) de l’Union est à terre. Blessé. Une fillette, robe à carreaux, se retrouve face à lui. Elle sursaute. Les personnages se présente : elle s’appelle Amy (Oona Laurence). Son pensionnat se trouve tout proche du lieu. Mue par une charité toute naturelle, elle aide le soldat à se relever pour rejoindre l’établissement.

Dans la cour, elle appelle au secours. Miss Martha (Nicole Kidman), autorité de l’école, et les filles arrivent. Dilemme : livrer ce « ventre bleu » ou le prendre en charge, comme le demanderait la morale chrétienne ? La seconde option l’emporte, pour le meilleur et pour le pire. Du meilleur, il y a la rencontre d’un homme, dont l’entre-soi féminin s’émoustille ; du pire, les inévitables passions.

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«Lion», une ode bouleversante à la fraternité

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Bouleversant. Tel est l’adjectif sans doute le plus adapté à ce drame tiré d’une histoire vraie. Lion raconte le destin incroyable du jeune indien Saroo, cinq ans, qui se retrouve enfermé dans un train après avoir perdu de vue son frère Guddu. Les portes du wagon ne s’ouvriront que 1500 kilomètres plus tard, à Calcutta. Après des jours d’errance, le jeune garçon est intégré à un orphelinat avant d’être adopté par un couple d’Australiens.

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