Archives par mot-clé : prix littéraires

«Ça raconte Sarah»: un Choix Goncourt de la Suisse au cœur d’une passion lesbienne

Le Regard Libre N° 51 – Loris S. Musumeci

Tour d’horizon de quelques grands prix littéraires, épisode #4

«Ça raconte Sarah, sa beauté inédite, son nez abrupt d’oiseau rare, ses yeux d’une couleur inouïe, rocailleuse, verte, mais non, pas verte, ses yeux absinthe, malachite, vert-gris rabattu, ses yeux de serpent au paupières tombantes. Ça raconte le printemps où elle est entrée dans ma vie comme on entre en scène, pleine d’allant, conquérante. Victorieuse.»

Vous savez donc de quoi il s’agit. Ça raconte Sarah, eh bien, raconte Sarah. Ça raconte Sarah à travers les yeux d’une narratrice dont elle tombe amoureuse. Avec laquelle elle vit une passion folle et érotique. Puis la fin de cet amour, et la mort lente qu’engage cette rupture. Le sujet est simple, le livre est court; ce qui a plu aux jurés du Choix Goncourt de la Suisse. 

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«François, portrait d’un absent»: un prix Décembre d’amitié

Tour d’horizon de quelques grands prix littéraires – épisode #2

Le Regard Libre N° 48 – Loris S. Musumeci

«Ça arrive comme une vague.
Cette nuit-là, j’ai compris ce qu’était une voix blanche. La voix de Jérôme était blanche.
Maintenant, les souvenirs affluent. Ça arrive comme une vague.»

François est mort, emporté par une vague, avec sa fille Bahia. François faisait du cinéma et de la radio. François était un fou de l’existence. Il fumait, buvait; aimait la vie, le travail, la précision. Il était «beau et contradictoire». Dans un livre à la frontière entre l’essai, le témoignage, la poésie et le roman, Michaël Ferrier peint le récit d’une amitié. D’aventures en anecdotes, sourire aux lèvres et larme à l’œil, le portrait d’un absent fait irruption sur la page blanche pour offrir à celui qui n’est plus une présence dans la littérature.

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«Leurs enfants après eux»: un Goncourt social

Tour d’horizon de quelques grands prix littéraires – épisode #1

Le Regard Libre N° 47 – Loris S. Musumeci

«Voilà que toute le monde se retrouvait plus ou moins larbin, à présent. La silicose et le coup de grisou ne faisaient plus partie des risques du métier. On mourait maintenant à feu doux, d’humiliation, de servitudes minuscules, d’être mesquinement surveillé à chaque stade de sa journée; et de l’amiante aussi. Depuis que les usines avaient mis la clef sous la porte, les travailleurs n’étaient plus que du confetti. Foin des masses et des collectifs. L’heure, désormais, était à l’individu, à l’intérimaire, à l’isolat. Et toutes ces miettes d’emplois satellitaient sans fin dans le grand vide du travail où se multipliaient une ribambelle d’espaces divisés, plastiques et transparents: bulles, box, cloisons, vitrophanies.»

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