Archives par mot-clé : vieillesse

« Candelaria », une fresque délabrée d’un couple au crépuscule

Les mercredis du cinéma – Virginia Eufemi

La Havane, Cuba, 1994. L’île subit l’embargo économique américain. Des voix d’opposition retentissent à la radio, les gens envahissent les rues pour protester contre la crise, mais le vieux couple que nous suivons semble passer à côté de ces événements, trop occupé à assouvir ses propres besoins primaires – un repas chaud, de l’eau courante, de l’électricité. Candelaria, proche des quatre-vingts ans, travaille encore – les conditions économiques l’obligent –, malgré son âge avancé, comme femme de chambre dans un établissement touristique. Le soir, dans un local, elle chante des airs typiques accompagnée d’un petit orchestre.

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« Amoureux de ma femme » : les phantasmes de Daniel Auteuil et de ces Messieurs

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

« J’ai envie de rire, voyager, baiser. »

Daniel (Daniel Auteuil) sort de sa maison d’édition. Il marche  d’un pas décidé et rapide, dossiers sous le bras. Au coin de la rue, il croise Patrick (Gérard Depardieu), son vieil ami. « Il faut qu’on s’organise un dîner », déclare ce dernier. Enchanté, Daniel lui propose même de venir samedi à la maison. Soudain, il pense à la réaction de sa femme, Isabelle (Sandrine Kiberlain), lorsqu’il lui annoncera la nouvelle : catastrophe. Patrick a en effet quitté Laurence, meilleure amie d’Isabelle, pour se mettre avec la jeune et sensuelle Emma (Adriana Ugarte), qui n’arrive sans doute pas à la moitié de son âge.

Finalement, entre la maladresse de Daniel, qui cherche à repousser la date sans conviction, et l’insistance de Patrick, le dîner est fixé à samedi. Isabelle accepte après quelque opération rhétorique de la part de son mari. Le grand soir arrive. Ambiance tendue. Patrick et Emma font leur apparition. Daniel est hébété. Il est séduit par Emma comme un adolescent qui découvre l’amour. Et là, malaise pour lui : non seulement, la différence d’âge est énorme, mais la jeune femme est déjà en couple avec Patrick. Le dîner s’annonce prometteur en gaffes et en phantasmes.

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« Une dernière touche (Die Letzte Pointe) » de Rolf Lyssy : l’illusion dangereuse

Les mercredis du cinéma – Thierry Fivaz

Du haut de ses quatre-vingt-deux ans, le réalisateur zurichois Rolf Lyssy livre avec Une dernière touche (Die Letzte Pointe) une comédie aux motifs délicats, à savoir : la vieillesse, l’amour et la mort.

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Western et mélancolie : « Lucky »

Les mercredis du cinéma – Jonas Follonier

Jamais aucun film n’avait réussi à capter cette atmosphère-là. En un tour de force admirable, John Carroll Lynch signe un long-métrage qui restera comme la première trace d’un nouveau genre, mais aussi la dernière. Lucky est une œuvre complète et réunit tous les ingrédients pour allier western et mélancolie. Notre article grand format.

Lucky est la première réalisation de John Carroll Lynch, un acteur déjà confirmé dans le cinéma américain, qui a tourné auprès des plus grands, à l’instar de Clint Eastwood. Avec ce premier long-métrage s’inscrivant dans le cinéma indépendant, Lynch s’empare d’un genre qu’il est tant difficile de renouveler, défi qu’il relève néanmoins avec succès : le western.

Il y a un fait qu’on ne peut pas négliger. L’acteur nonagénaire se trouvant au centre de Lucky, portant d’ailleurs le même nom, qui est son sujet comme son objet, est décédé le 15 septembre, entre la fin du tournage et la sortie du film. Moi-même, je ne le savais pas au moment de la projection. Mais à l’écriture de cette critique, cette dimension funèbre prend tout son sens et son importance, car nous avons bien affaire à un film hommage. Continuer la lecture de Western et mélancolie : « Lucky »