Un dialogue amoureux en chansons

La richesse de la chanson française (4/6)

Le Regard Libre N° 16 – Jonas Follonier

Pour continuer cette série sur la richesse de la chanson française, nous allons nous intéresser à un dialogue amoureux pour le moins insolite, car musical et se réalisant en l’espace de six ans entre deux immenses personnages de la chanson française des années 70-78 : Michel Berger et Véronique Sanson.

Tout commence en 1975. A cette époque, Michel Berger n’avait qu’un seul véritable succès personnel en poche, la chanson Ecoute la musique, pas si connue que ça d’ailleurs par le grand public (il faudra attendre La Groupie du pianiste en 1980 pour que Berger entre vraiment dans le patrimoine de la chanson). Cependant, le chanteur-philosophe venait de réaliser un grand succès en tant qu’auteur-compositeur avec la chanson La Déclaration d’amour interprétée par France Gall.

A partir de cette chanson relançant la carrière de son interprète, Michel Berger produira tous les disques de France Gall et l’épousera en juin 1976. Mais ce n’est pas la première chanteuse avec qui Michel Berger tissait des liens à la fois artistiques et amoureux. Véronique Sanson avait été justement l’une d’entre elles, Michel Berger étant le producteur de ses deux premiers albums ainsi que son compagnon durant l’année 1972.

En 1975, donc, Michel Berger sort son album Que l’amour est bizarre. La septième chanson de l’opus s’intitule Seras-tu là. « Et / Quand nos regrets / Viendront danser / Autour de nous / Nous rendre fous 
/ Seras-tu là ? // Pour / Nos souvenirs / Et nos amours / Inoubliables / Inconsolables / Seras-tu là ? » La chanson est adressée à… Véronique Sanson : la chanteuse virtuose, après un an de liaison, avait quitté Berger pour le musicien Stephen Stills, avec qui elle se marie et s’installe aux Etats-Unis en 1973.

Sanson prendra du temps pour répondre à la question de Michel Berger, « seras-tu là ? ». Mais au moins, la réponse est claire. En effet, en 1981 sort le titre Je serai là. « Je sais quand je vois ton image / Que je serai là / Il n’y aura plus de mirage / Je serai là // Je parle de toi / Comme si tu étais mort / Mais j’ai le son de ta voix / Qui tourne encore // […] Il nous restera la musique / Quand on sera vieux / Si tu veux. » Et son pardon ne s’arrête pas là, en témoigne le sublime titre Le Maudit (mais ta douleur efface ta faute).

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Ecouter les deux chansons :

Crédit photo : © Voici

One thought on “Un dialogue amoureux en chansons”

Laisser un commentaire