Société compte rendu

Ferghane Azihari en critique voltairien de l’islam à Lausanne

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écrit par Jonas Follonier · 26 juillet 2026 · 0 commentaire

Devant une cinquantaine de personnes à Lausanne, l’auteur libéral français Ferghane Azihari a défendu les thèses de son essai L’Islam contre la modernité. Une intervention argumentée, suivie d’un débat nourri avec le public.

«Le peu d’entrain que les musulmans ont manifesté pour l’archéologie et les mondes préislamiques appartient à ces calamités qui signalent que Mahomet n’a pas seulement triomphé sur le terrain des armes. Il a aussi gagné la guerre mémorielle.» Cette formule figure parmi les nombreuses saillies de L’Islam contre la modernité, l’essai dont Ferghane Azihari, lui-même issu d’une famille de culture musulmane, est venu défendre les thèses à Lausanne devant le public du Regard Libre le 12 juin dernier à l’Hôtel Mirabeau, à Lausanne.

Se réclamant d’une tradition voltairienne de critique des religions, l’essayiste français d’origine comorienne y défend l’idée que l’islam constitue non seulement une foi, mais également un système de croyances et de normes dont l’influence historique a été défavorable à la liberté individuelle, à la prospérité économique ou encore à l’épanouissement intellectuel. Devant un public d’une cinquantaine de personnes, il a ainsi exposé les principaux arguments de son livre, mêlant considérations historiques, philosophiques et politiques dans une critique assumée de la religion musulmane.

Photo: Nicolas Brodard pour Le Regard Libre
La religion comme un facteur parmi d’autres

La session de questions de public fut elle-même très riche. Ainsi, interrogé sur la dimension causale qu’il prête à l’islam – par rapport à d’autres explications possibles – pour expliquer les moins bons résultats des sociétés musulmanes par rapport aux non-musulmanes, Ferghane Azihari a précisé qu’il ne considérait pas la religion comme l’unique cause de ces résultats, mais comme l’une des causes évidentes.

«Ce que je dis, c’est que sans le facteur islamique, ces sociétés auraient été plus libres, plus prospères ou encore plus pacifiques, a déclaré l’auteur. Sinon, comment expliquer que tous les pays musulmans actuels soient des Etats autoritaires, que seuls 3% des musulmans vivent dans des pays plus libres que la moyenne mondiale ou que les civilisations musulmanes n’aient pas connu le développement des arts et des sciences qu’a connu l’Occident, alors même que ces dernières jouissaient à la base d’un patrimoine matériel et immatériel plus important?»

Photo: Nicolas Brodard pour Le Regard Libre

Ferghane Azihari, 32 ans, aura offert à son auditoire un exposé structuré, courageux et érudit, tout en prenant plaisir à le soumettre à la contradiction du public, également durant l’apéritif. En lui organisant sa seule venue en Suisse dans le cadre de la promotion de son ouvrage, Le Regard Libre a été au cœur de sa mission. Et sa communauté, au rendez-vous!

Rédacteur en chef de L’Agefi, Jonas Follonier est le fondateur et président du Regard Libre.

Vous venez de lire un compte rendu tiré de notre édition papier (Le Regard Libre N°128).

Ferghane Azihari
L’islam contre la modernité
Presses de la Cité
Janvier 2026
400 pages

Jonas Follonier
Jonas Follonier

Correspondant au Palais fédéral pour «L’Agefi», auteur-compositeur-interprète et essayiste, Jonas Follonier est le fondateur et rédacteur en chef du «Regard Libre».

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