«Woman»: une voix pour deux mille femmes

Les mercredis du cinéma – Lauriane Pipoz

Le documentaire «Woman» d’Anastasia Mikova et Yann Arthus-Bertrand nous présente des témoignages de femmes issues de cinquante-trois pays. Dans le but de révéler les injustices qu’elles ont subies. Et de mettre en lumière leurs ressources et la justesse de leurs sentiments. Un film à l’esthétique réussie, qui révèle la beauté des femmes au grand jour.

Pourquoi aller voir «Woman» le 14 juin? Parce que, en accord avec toutes les revendications ou non, une chose est impossible à nier: l’égalité entre hommes et femmes n’est pas acquise. C’est bien de cela qu’il s’agit dans ce film. Mais sous la forme d’un hommage: à l’énergie des femmes, leur combattivité, leur façon d’extérioriser leurs émotions. Tout ce qui fait leur beauté. Et qui les unit.

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Cette dernière s’exprime à travers un jeu de lumière qui met en valeur leur regard. Le spectateur se trouve face à leurs visages, à hauteur des yeux, sur un fond noir qui fait ressortir leur luminosité. Une esthétique très sobre, qui nous permet de nous concentrer sur leurs traits, leurs expressions et leurs propos. Les témoignages sont entrecoupés de visages tristes ou rieurs, souriants ou sérieux, et de scènes mettant en valeur le corps féminin. Parfois nu, il est montré dans toute sa diversité, prouvant que sa beauté est éclatante peu importe l’âge, le poids, ou les mutilations qu’il a subi.

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En tant que femme, impossible de ne pas s’identifier à l’un ou l’autre de ces témoignages. Le film est conçu dans ce but. Il embrasse un large panel de sujets, allant de la sexualité à la maladie, en passant par la vie de famille et le travail. Chaque prise de parole, très courte, entre directement dans le vif du sujet. On se sent pris aux tripes par certains parcours qui sont énoncés sans introduction. On est surpris par l’ouverture d’esprit de certaines femmes sur des sujets qui doivent être sensibles en raison de leur âge, leur culture ou leur statut social. Certains points peuvent sembler accusateurs, mais difficile de nier que leur colère est justifiée.

Démarche idéaliste

La démarche de ce documentaire est évidemment idéaliste: chacune a une histoire qui lui est propre et on ne peut pas rassembler des témoignages différents en un seul. Mais un beau message s’en dégage. Les blessures ne sont pas quantifiables. Là où l’une arrivera à rire aux éclats d’une carte de visite de prostituée découverte dans le porte-monnaie de son mari, l’autre pleurera de ne pas s’être battue pour faire des études encore des années plus tard.

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Il est possible de choisir la réponse à ces blessures: celle de reconnaître leur propre valeur, puis de la défendre. Parce que la volonté de faire changer les choses commence par là. Par la façon dont les femmes dirigent leur regard sur elles-mêmes. Loin d’être un documentaire prétendument objectif, la sélection de quelques minutes, voire quelques secondes, d’entretien sur des heures d’enregistrement a permis d’amener ce message d’une seule voix. Une voix forte et claire, qui tente de gommer différences, jugements et notion du temps. Parce qu’il s’agit finalement aussi de ça: allez le voir, vous passerez un excellent moment devant un excellent film.

Ecrire à l’auteure: lauriane.pipoz@leregardlibre.com

Crédit photo: © JMH Distribution

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