Archives par mot-clé : critique cinéma

«Boy Erased» et la réorientation sexuelle

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Le diable te tentera sans cesse.» 

Jared Eamons est sage et pieux. Un vrai petit américain qui travaille bien à l’école, qui obéit à ses parents avec lesquels il discute beaucoup, qui donne un coup de main au garage Ford de son papa, et qui ne manque pas un dimanche à l’église. Le père est pasteur, donc normal. Jared a des amis qui sont de braves gars, et il a même une petite copine. Lorsqu’il quitte le foyer familial pour aller étudier à l’université, il se découvre – ou s’avoue – un penchant pour les garçons; de plus en plus imposant. Les circonstances font que ses parents sont avertis par l’université. Inadmissible. Il faut corriger le jeune, le remettre sur le droit chemin. Heureusement, l’institut Love in Action est spécialisé dans la réorientation sexuelle. Quitte à utiliser des méthodes quelque peu douteuses. L’histoire de Jared est une histoire vraie.

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«Grâce à Dieu» et aux paroles creuses

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Au fond, je savais; on savait tous, et on n’a rien dit.» 

Les faits sont désormais bien connus. Pour l’affaire Preynat, comme pour d’autres affaires de pédophilie concernant l’Eglise catholique à travers le monde. Un film au cœur de l’actualité, donc. François Ozon a pour autant voulu rester dans la fiction, plutôt que de se diriger vers le documentaire. Inspirée directement et étroitement de la réalité, l’histoire d’Alexandre, et celle d’autres victimes d’abus sexuels lorsqu’elles étaient scouts dans le diocèse de Lyon, est portée à l’écran pour provoquer le choc nécessaire à faire bouger les choses. A «libérer la parole».

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«Une intime conviction»: le mensonge peut-il être au service de la vérité?

Les mercredis du cinéma – Loris S. Musumeci

«Madame, il y a des moments de vérité dans la vie.» 

Suzanne Viguier a disparu le 27 février 2000. Premier soupçon: Jacques Viguier, son mari. Le couple était en phase de séparation. Ce qui pousse l’amant de Suzanne, Olivier Durandet, à accuser Jacques. Après un premier emprisonnement de neuf mois, le mari soupçonné est relâché. Neuf ans plus tard, l’heure est au procès. C’est sur cette période-là que le film se concentre. Loin d’être un simple procès-verbal de l’affaire, Une intime conviction met en scène une star du barreau, Eric Dupont-Moretti, qui avait repris le cas, une femme obstinée, une famille déchirée, des témoignages douteux. Un procès kafkaïen, dans les affres de la justice. 

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