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Société

Chronique

La cartouche de Ralph Müller: La politisation de l’Université de Genève

par Ralph Müller
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Chaque mois, retrouvez la chronique d’une des personnalités qui nous font le plaisir de prendre la plume en alternance. Le youtubeur Ralph Müller, doctorant en littérature à l’Université de Genève, livre son analyse cinglante d’un phénomène typique de l’époque.

Le 22 septembre dernier, les étudiants de l’Université de Genève recevaient un mail de l’inénarrable «Conférence Universitaire des Associations d’Etudiant.e.x.s» (CUAE), dans lequel celle-ci promouvait ses ateliers de français destinés aux non francophones. On y apprend notamment que «[l]es participant.e.x.s sont répartis en trois groupes: débutant.e.x.s, intermédiaire.x.s, avancé.e.x.s.»

Ce texte, dont la forme trahit sans ambages le parti pris de l’émetteur, est un énième indice de la surpolitisation anormale d’une association financée par les taxes universitaires et qui se veut représentative de l’intérêt des étudiants. Sur la base de mon expérience et des retours que j’ai pu avoir au cours de mes années passées dans l’institution, notamment en tant qu’assistant doctorant, il ne fait aucun doute que cette association, comme toutes celles qui lui ressemblent, ne représente que ses propres intérêts et ceux d’une poignée d’adeptes. S’il faut lui faire crédit des actions légitimes dont il lui arrive de s’honorer, la radicalité de ses positions, sa participation à des actions frontalement opposées à la liberté d’expression et au respect d’autrui et l’attitude de défi qu’elle semble arborer en permanence vis-à-vis de l’institution sont absolument contraires à son mandat.

Quant à cette dernière, elle se fait complice de ces incartades par naïveté ou manque de vigueur – sans compter qu’elle participe elle-même à la politisation indue de son fonctionnement. En témoigne par exemple cette charte rédactionnelle où il est «demandé» à l’ensemble de la communauté académique d’adopter l’écriture inclusive dans sa communication.

J’ai reçu des dizaines de témoignages d’étudiants me faisant part de situations similaires dans leurs universités respectives.

L’impression qui s’impose est qu’il s’agit à chaque fois d’une minorité dont les audaces prennent appui sur la mollesse des autres. Toujours, il semble que la majorité désapprouve, et pourtant, tout se passe comme si cette majorité n’en était pas une.

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Ce paradoxe s’explique par deux facteurs. D’une part, la paresse et/ou la couardise des insatisfaits. D’autre part, le fait que les personnes constituant cette majorité sont le plus souvent apolitiques dans leur rapport aux études et par conséquent, ne «forment» une majorité que sous le rapport du nombre, et non en tant qu’elles décident de se constituer en groupe. Au contraire, les mouvements politiques au sein des universités émanent toujours d’associations, voire de coalitions, compensant ainsi l’impopularité de leurs idées par la structure de leur démarche. Elles opèrent à l’esbroufe, à l’illusion d’une force qui n’est que celle des apparences. Du haut de ce piédestal factice, elles se font l’écho vociférant des complaintes maladroites, des caprices provocateurs et d’autres décapantes lubies, convaincues de leur bon droit par une impunité sans faille.

Ce rapt de la voix estudiantine par des associations radicales constitue probablement le soubassement atmosphérique d’une politisation sournoise des universités, tant au niveau de leur éthique que de leur orientation scientifique. De la communication aux prix en passant par les journées d’étude, il n’est que trop évident que certaines sensibilités et certains sujets ont le vent en poupe. Si les modes intellectuelles n’ont rien de nouveau, il ne faut pas sous-estimer la pression exercée sur bon nombre d’étudiants et de chercheurs par un climat qui joint aux prestiges de la tendance le murmure de la morale. Il serait temps que certains justiciers iniques soient rappelés à l’ordre.

Vous venez de lire une chronique tirée de notre édition papier (Le Regard Libre N° 101).

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Vers sa chaîne YouTube «La Cartouche»

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