Archives par mot-clé : université

« La cité lassitude » : du fonctionnaire d’Etat ressurgit l’adolescent rêveur

Les lettres romandes du mardi – Loris S. Musumeci

« Mathias aimait la vie, mais se gardait de tout ce qui lui donnait un parfum doucereux ou consolateur. Les filles et le jazz l’attiraient davantage pour leur part de rugueux mystère que pour leur facile beauté et s’il ne papillonnait que brièvement dans le camp des fragiles conquêtes, c’est qu’il craignait encore de s’y consumer. Une part de lui était devenue méfiante et répugnait à l’abandon qui dévore. Il devinait bien qu’il était charmeur, mais il pensait devoir son attraction à l’originalité de ses idées et non à la finesse de ses traits. Son ego et ses succès le trompaient. Il était juste attachant nigaud quand il se croyait profond raisonneur. »

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La plaisanterie des examens

Regard sur l’actualité – Loris S. Musumeci

En recherche de légitimité, l’étudiant doit se trouver une période cruciale au cours de l’année. Il doit montrer que lui aussi sue et connaît des sensations fortes. Que la vie n’est pas facile, et que franchement, il faut bosser, quoi. Les examens. Ils sont là pour ça ! Ils portent en leur sein la gloire du mérite, la reconnaissance éternelle et l’admiration.

Evidemment, ces épreuves, qui ne vont pas sans leurs difficultés, marquent toujours une étape importante dans le cursus estudiantin. Malgré le ton de plaisanterie, il n’est en aucun cas question de ridiculiser les examens qui demandent du travail, du temps, de la concentration. C’est là une affaire sérieuse, louable et indispensable.

Ce qui en revanche porte à la dérision : le mythe de la période d’examens. En ce mois, on remarquera plus que jamais des polycopiés empilés sur les tables de bistrot, des bibliothèques bondées où les jeunes gens prendront un air grave pour incarner cette euphorie du bourrage de crâne. Même chez ceux pour qui le livre est tout au plus un objet étranger et ennuyeux. Continuer la lecture de La plaisanterie des examens

La fin des fins

Le Regard Libre N° 16 – Jonas Follonier

Il est dans l’air du temps une tentation utilitariste. Au mauvais sens du terme, celui qui fait qu’en Suisse le domaine de l’éducation ne constitue pas un ministère à lui tout seul, mais une partie du département de l’économie ; que les universités, de plus en plus, se professionnalisent. Cela importe peu que cette idéologie imprègne nos dirigeants actuels ; au moins, notre chômage se porte bien. Mais la population elle-même ne raisonne plus qu’en termes de moyens !

Aux fêtes de famille, il ne faut plus entendre : « pourquoi es-tu en droit à l’université ? », mais « pour quoi es-tu en droit à l’université ? ». Quand quelqu’un vous demande « c’était bien cet apéro ? », par « bien » il ne faut pas comprendre que vous avez passé un bon moment en soi, que boire des coups et discuter participent directement de votre bonheur : non, la personne voulait savoir si vous avez pu établir suffisamment de relationship ! Toujours le travail en arrière-plan… Continuer la lecture de La fin des fins