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La chasse, une noble activité2 minutes de lecture

par Jonas Follonier
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Regard sur l’actualité – Jonas Follonier

Aujourd’hui, dans plusieurs cantons, les étudiants reprennent le chemin de leurs universités, pour une rentrée qui annonce l’arrivée imminente de l’automne. Or en ce lundi 18 septembre, c’est aussi la rentrée des chasseurs. En Valais, tôt ce matin, les divers groupes de chasse se sont faufilés dans leurs coins de montagnes, traquant cerfs et chamois. L’heure du début de la chasse haute a sonné.

N’en déplaise à ses calomniateurs, la chasse ne consiste pas en un sport de sauvages. Au contraire, la chasse est un art et exige un système de pratiques minutieuses. De plus, cette activité nécessite une réelle connaissance de la nature. C’est pourquoi les vrais amis de la nature ne sont pas à trouver parmi les personnes hostiles aux tueurs de chevreuils. L’écologisme considère la nature comme supérieure à l’homme ; le capitalisme considère l’homme comme supérieur à la nature. La chasse, elle, conçoit l’homme et la nature dans un rapport harmonieux.

En effet, on ne le répétera jamais assez : le tir du gibier joue un rôle important dans la régulation des différentes espèces. Ainsi, dans telle vallée, il sera demandé de chasser plus de cerfs que l’an précédent, car il y en a en surnombre. Et dans telle autre vallée, moins de chamois que d’habitude pourront être tirés, puisque l’on a observé que leur effectif a beaucoup baissé. La chasse, quand elle n’est pas braconnage, est le meilleur exemple de la capacité de l’homme à perfectionner l’environnement qui l’entoure.

Bien sûr, si la chasse est si belle, c’est aussi et surtout pour tout le contexte qui l’entoure. Elle reçoit un caractère presque mystique par les traditions familiales dont elle est imprégnée, mais aussi l’amitié qu’elle engendre dans le groupe, la complicité qui s’installe au sein d’un paysage sensationnel, et les moments de partage qu’elle permet.

Le partage, dans la chasse, est multiple. D’abord, le partage des connaissances : un bon chasseur a appris les noms des lieux-dits, les particularités géographiques des différentes zones, la faune et la flore dans toute leur complexité, et il sait transmettre ce savoir à autrui. Vient ensuite le partage des tâches, des différents secteurs, des bêtes à abattre. Enfin, le partage de la convivialité, dans une cabane, autour d’un repas et d’une bouteille de vin.

Loin des agitations de la ville, dans un silence royal, la chasse apprend la patience, l’écoute, la cohabitation. Elle est une noble activité. Et, quelque temps plus tard, le civet de cerf auquel on goûte en sachant d’où il vient se dote d’une saveur toute particulière : celle du respect de la nature et de la proximité.

Ecrire à l’auteur : jonas.follonier@leregardlibre.com

Crédit photo : © Chasse et nature

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