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L’état du débat d’idées en Suisse romande4 minutes de lecture

par Jonas Follonier
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Jonas Follonier © Nathanaël Schmid pour Le Regard Libre

Le Regard Libre N° 85Jonas Follonier

Alerte disparition: où est passé le débat d’idées en Suisse romande? La question vous est posée, chers lecteurs. Nos adresses e-mail figurent d’ailleurs toujours au bas de nos articles pour que vous puissiez nous écrire. Mais une chose est probable: si vous lisez Le Regard Libre, c’est que vous cherchez justement du débat. Des idées. De la réflexion. Du fond!

Manque-t-il de débat d’idées dans notre coin de pays? Cela dépend des différents niveaux. Notons d’abord que dispute intellectuelle n’intéresse pas tout un chacun et c’est bien normal. D’ailleurs, les idées ne font pas le monde, même si elles lui donnent un sens. Mais pour les gens qui s’y intéressent, il y a de quoi se poser des questions sur l’absence de vitalité intellectuelle en Suisse romande.

Au niveau institutionnel, force est de constater que le débat d’idées se restreint. L’émission phare de débat politique «Infrarouge» à la RTS ne devrait paraître plus que toutes les deux semaines dès 2023, la pensée tend à s’uniformiser dans les universités, les grands médias se plient sous la menace d’une poignée de militants, quand ils n’abandonnent pas purement et simplement la pensée pour ne se concentrer plus que sur les faits… et surtout sur les clics. Et les spécialistes d’un domaine sont de moins en moins enclins à se munir de lunettes «grands angles» – heureusement, on en trouve encore dans la Cité, tels que l’historien et juriste Olivier Meuwly, que l’on invite fréquemment dans nos colonnes.

Mais «hors les murs», les échanges d’opinions explosent! Le meilleur exemple, c’est YouTube, où les chaînes qui proposent des commentaires sur l’actualité, humoristiques ou non, se multiplient. On y trouve aussi des formats d’interviews passionnants, portés par des personnalités plus ou moins engagées, allant de la gauche radicale à la droite identitaire. Les fulgurances y filent à toute allure. A titre d’exemple, le doctorant en lettres Ralph Müller, qui débarque dans Le Regard Libre avec ce numéro, comptabilise plus de 40’000 abonnés avec sa chaîne d’analyse sociétale «La Cartouche».

Les soirées privées, des cocktails de think tanks en grande pompe aux joyeuseries arrosées de moments entre amis, continuent quant à elles d’offrir un terrain propice à la conversation. Mais il est consternant de constater l’écart entre les propos de certaines personnes en off et leur discours en public… L’auto-censure est plus problématique, plus pernicieuse, que la censure: la politique ne peut guère la combattre. Ce n’est qu’à travers une introspection individuelle et collective que nous pouvons saisir notre trahison envers nos propres valeurs.

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Signe des temps, ces deux mondes – officiel, où l’on réfléchit peu, et alternatif, où l’on réfléchit davantage – ont de la peine à se regarder sans mépris. Il en irait pourtant de la qualité des discussions que ces univers complémentaires s’enrichissent en pointant mutuellement leurs lacunes.

Il reste à parler des partis politiques. Car leurs projets sont censés être portés par des idées, voire des idéologies. Or, en termes de positionnements différents à l’intérieur d’une même formation, les deux partis suisses de gauche – le PS et Les Verts – s’illustrent par une flagrante homogénéité: tous leurs élus nationaux pensent globalement la même chose.

Ainsi, il faut être nuancé sur l’absence de débat d’idées en Suisse romande, qui lui seul permet… la nuance.

Ecrire à l’auteur: jonas.follonier@leregardlibre.com

Dessin: © Nathanaël Schmid pour Le Regard Libre

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